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François Fillon : il faut conduire "une politique de gestion sérieuse de retour à l'équilibre"

03.février2010

Lors de son intervention sur Europe 1 le 3 février, François Fillon a souligné la nécessité pour la France de "réduire l'augmentation de ses dépenses publiques", dans l'esprit de la conférence sur les déficits qui s'est tenue le 28 janvier à l'Elysée. Autres thèmes abordés : le débat sur l'identité nationale, la garde à vue ou le projet de décret relatif à la situation des fonctionnaires de l'Etat.

"Il faut reprendre le travail de réduction des déficits, on s'est fixé un objectif : repasser en dessous de 3 % en 2013 et atteindre l'équilibre à l'horizon 2020", a déclaré François Fillon sur Europe 1. Pour cela, le Gouvernement va "ralentir l'augmentation des dépenses publiques". "Il ne s'agit pas d'une politique d'austérité, une politique d'austérité c'est quand on augmente les impôts et qu'on réduit les prestations", a-t-il insisté, alors que la priorité du Gouvernement reste le renforcement de la croissance.

A l'issue de la conférence sur les déficits qui s'est tenue le 28 janvier 2010 dernier à l'Elysée, le président de la République a annoncé que le Gouvernement prendra en avril des "décisions extrêmement importantes et précises pour enrayer la spirale des déficits" (lire l'article). D'ici là, plusieurs groupes de travail plancheront sur les grands défis auxquels les finances publiques font face.

Une phase de "gestion sérieuse de retour à l'équilibre avec un objectif, un calendrier de marche"

"Depuis cinquante ans les dépenses publiques augmentent bien au-dessus de l'inflation, a précisé François Fillon sur Europe 1. Nous allons bloquer les dépenses publiques en dessous de 1 % d'augmentation pour ce qui est du budget de l'Etat et des collectivités locales et en dessous de 3 % pour ce qui est des dépenses de la sécurité sociale." "C'est une politique sérieuse de gestion que nous pouvons encore conduire parce que nous avons encore les marges de manœuvre pour le faire", a-t-il précisé. "Si cette politique n'est pas conduite maintenant alors oui dans quelques années nous n'aurons pas d'autre choix que la rigueur ou l'austérité."

"La France et l'Allemagne sont les deux moteurs de l'économie européenne", a souligné le Premier ministre, et "la France ne doit pas décrocher vis-à-vis de l'Allemagne" qui s'est engagé dans un programme de réduction des déficits avec un calendrier comparable.

Projet de décret relatif à la situation des fonctionnaires de l'Etat

François Fillon a affirmé sur Europe 1 que "les fonctionnaires auront plus de garanties que dans la législation précédente" avec le projet de décret sur la mobilité des fonctionnaires de l'Etat.

"Aujourd'hui, l'Etat peut licencier un fonctionnaire qui refuse un poste" car "il est est réputé démissionnaire", a rappelé François Fillon. "Dans le texte en préparation, l'Etat aura l'obligation de proposer trois postes à un fonctionnaire dont l'emploi est supprimé. Ces trois postes devront correspondre à son grade, à son projet professionnel, et devront tenir compte de sa situation de famille et de son lieu de domicile", a-t-il ajouté. "Cela veut dire que les fonctionnaires auront plus de garanties qu'ils n'en avaient dans la législation précédente s'agissant de leur carrière."

Un séminaire gouvernemental est prévu le lundi 8 janvier sur le thème de l'identité nationale

"Le débat sur l'identité nationale était parfaitement nécessaire", a déclaré le Premier ministre notant que "beaucoup de gens y ont participé". François Fillon a également annoncé que le Gouvernement se réunirait en séminaire lundi 8 février à 15 heures sur le sujet. "Nous allons examiner l'ensemble des propositions qui ont été faites tout au long de ce débat et sélectionner celles qui méritent d'être mises en œuvre."

D'autre part, le Premier ministre François Fillon a indiqué mercredi 3 février sur Europe 1 qu'il signerait le décret d'Eric Besson refusant la nationalité française à un homme qui force sa femme à porter la burqa. "Je vais le signer, le Conseil d'Etat a émis un avis favorable", a-t-il déclaré.

"Depuis longtemps le code civil prévoit qu'on peut refuser la naturalisation à quelqu'un qui ne respecte les valeurs de la République. Il s'agit en l'occurrence d'un religieux radical. Il impose la burqa, il impose la séparation des hommes et des femmes dans son propre foyer et il refuse de serrer la main des femmes. Si ce monsieur ne veut pas changer d'attitude, il ne mérite pas la nationalité française."

Garde à vue

Le Premier ministre veut réformer la procédure pénale et encadrer la garde à vue.

"Nous avons engagé une réforme de la justice. Le président de la République s'est engagé à ce qu'on fasse évoluer la législation française dans le sens d'une plus grande protection de la personne. Je suis choqué du nombre des gardes à vue dans notre pays, je suis choqué de la manière dont la garde à vue est utilisée dans notre pays comme moyen de pression pour obtenir des aveux (…) Il y a des tas de cas où cette garde à vue n'est pas nécessaire et où elle ne devrait pas être employée." Un texte sera bientôt présenté en Conseil des ministres afin de réformer la procédure pénale dans ce sens.

03.février2010

François Fillon : "laissons la politique être conduite et les Français juger"

Le Premier ministre François Fillon était l'invité, mercredi 3 février 2010, de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.
Il s'est exprimé sur la réduction du déficit, la politique de retour à l'équilibre, mais aussi sur la situation des fonctionnaires, l'identité nationale et la garde à vue.