François Fillon donne le top départ du déploiement du très haut débit en France
Le Premier ministre a annoncé le 18 janvier l'élaboration, d’ici à l’été 2010, d'un programme national de déploiement du très haut débit. Pour François Fillon, qui visitait l'entreprise Dassault Systèmes à Vélizy, l'Etat va enfin jouer pleinement son rôle d'accélérateur pour faire de la France une grande puissance numérique. L'Etat doit aussi réduire la fracture territoriale et sociale face à internet : les opérateurs pourront bientôt proposer une offre sociale aux plus démunis pour le haut débit aux alentours de 20 euros.
"Le déploiement de la fibre optique et les nouveaux services à très haut débit qui vont être offerts constituent un enjeu stratégique pour la France (…) Nous en avons les atouts, et nous y mettons les moyens", a souligné François Fillon le 18 janvier après avoir annoncé l'élaboration, d’ici à l’été 2010, d'un programme national de déploiement du très haut débit. Pour profiter pleinement des nombreux atouts français, l'Etat a choisi - notamment grâce aux 4,5 milliards d'euros prévus dans le grand emprunt - d'investir dans le numérique et de mettre fin à "l’insuffisance de notre investissement (cumulé public-privé) depuis de longues années".
"La France investit dans le numérique deux fois moins que les autres pays les plus avancés de l’OCDE", a rappelé François Fillon. Un sous-investissement qui "explique 60 % de notre écart de croissance avec les Etats-Unis depuis 2000 et nous prive d’un potentiel de 300 000 emplois".
Le très haut débit, c'est parti
"Il faut déjà préparer après-demain", a déclaré le chef du Gouvernement. "Et après-demain, c’est le très haut débit", principalement grâce aux technologies utilisant la fibre optique.
Le Gouvernement vient donc de donner le véritable "top départ" du déploiement de la fibre optique dans notre pays, en homologuant ce week-end la décision de l’Arcep - l’autorité de régulation des télécommunications -, qui définit le cadre réglementaire du déploiement de la fibre optique pour les zones les plus densément peuplées de notre territoire.
Mais l'Etat, a prévenu François Fillon, doit "continuer à s’impliquer fortement dans le déploiement de la fibre" afin d'éviter "une fracture territoriale" et "une fracture sociale".
Un Etat présent pour permettre à tous les Français d'accéder au haut débit
A l’aube du très haut débit et de la fibre optique, 500 000 Français n’ont pas accès au haut débit. Un chiffre moindre chez nous que dans d’autres pays comparables, notamment parce que "les collectivités territoriales ont pris le sujet à bras le corps", a souligné François Fillon.
Le Premier ministre souhaite par ailleurs que d’ici à six mois, tous les opérateurs qui le souhaitent puissent proposer une offre sociale spécifique pour permettre aux foyers les plus modestes d’accéder au haut débit dans des conditions attractives - aux alentours de 20 euros. Christian Estrosi mènera une consultation publique afin de permettre aux opérateurs de mettre en place une telle offre.
Une consultation publique sur le programme national de déploiement du très haut débit
"Nous allons mettre 2 milliards sur la table. Mais encore faut-il que cet argent public soit employé à bon escient", a déclaré François Fillon. Il a donc demandé aujourd’hui à la Datar et à la Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services de lancer une consultation publique, afin de veiller notamment à ce que l'argent public "provoque un réel effet de levier sur les investissements privés", "donne à l’Etat de véritables perspectives de retour sur investissement", et "préserve la dynamique concurrentielle" existant en France dans le secteur.
Le Premier ministre a également insisté sur deux points :
- "les opérateurs doivent être les fers de lance de ce programme national." Il y aura des appels à projets ouverts, région par région, pour bénéficier de prêts et d’un label via le programme des investissements d’avenir. La contrepartie attendue des opérateurs, c’est "un engagement en terme d’étendue, d’exhaustivité et de rapidité du déploiement, ainsi que de co-investissement", a précisé François Fillon ;
- les collectivités locales sont appelées à se saisir de ce programme national. Les projets des collectivités qui s’inscriront dans cette dynamique pourront bénéficier d’un cofinancement au titre des investissements d’avenir.
Eviter la fracture territoriale face au très haut débit
"Devant le très haut débit aussi, la fracture territoriale est une menace à prendre au sérieux", a poursuivi François Fillon. Si le travail mené par l’Arcep depuis un an a concerné les zones les plus densément peuplées, les acteurs doivent disposer avant l’été d’orientations claires sur les règles du jeu qui prévaudront dans les zones les moins denses. "France Télécom et SFR viennent d’annoncer un accord expérimental de co-investissement dans ces zones, a déclaré le Premier ministre. Free a proposé de rejoindre et d’élargir cette expérimentation."
Pour que la fibre optique se déploie largement en dehors des zones les plus denses, il est "impératif que les acteurs publics et privés mutualisent leurs efforts". Ce déploiement "prendra du temps, peut-être dix ou quinze ans."
Au-delà du très haut débit, mobiliser toutes les technologies disponibles pour couvrir tout le territoire







