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"Développer le nucléaire civil dans le monde entier pour la croissance et contre le réchauffement climatique"

09.mars2010
Photo : Pierre Chabaud/Matignon
Photo : Pierre Chabaud/Matignon

François Fillon a clôturé, le 9 mars à l’OCDE à Paris, la Conférence internationale sur l'"Accès au nucléaire civil" organisée à l’initiative du président de la République. Objectif de cette conférence : diffuser le plus largement dans le monde les avantages de la technologie nucléaire à des fins pacifiques.

Contribuer à la réduction des inégalités d'accès au développement grâce au nucléaire et à la coopération internationale, telle est la conviction exprimée par la France lors de la Conférence internationale sur l'Accès au nucléaire civil, organisée à l'initiative du président de la République. " Tous les pays, dès lors qu’ils respectent les obligations qui vont de pair avec la nécessité de prévenir la prolifération des armes nucléaires, ont donc un droit au nucléaire civil", a déclaré François Fillon qui a ajouté : "tous les pays ont un droit égal au développement et à la croissance. Tous ont un droit égal à l'énergie qui en est la condition."

Un droit égal au nucléaire civil qui comporte une contrepartie évidente avec la non-prolifération du nucléaire à des fins militaires. François Fillon a souhaité rappeler la position de la France sur le "troisième pilier" du Traité de non-prolifération : "nous voulons garantir une coopération internationale de grande ampleur à tous les pays qui souhaiteront développer le nucléaire civil et qui prendront toutes les mesures nécessaires pour prévenir le détournement de cette technologie à des fins militaires." A ce titre, plusieurs conférences internationales se tiendront en avril et en mai pour traiter de cette question, a rappelé le Premier ministre.

Dès lors que ces obligations sont respectées, le partage de la technologie nucléaire répond aux défis auxquels est confronté le monde d'aujourd'hui et de demain.

La technologie nucléaire répond aux défis énergétiques et de croissance de demain

Premier défi, celui du changement climatique et du développement durable. Les énergies fossiles s'appauvrissent et les émissions de gaz à effets de serre mettent en péril l'équilibre climatique de la planète. L'électricité d'origine nucléaire, qui est l'une des sources décarbonisées les moins chères, devient un atout central dans la problématique du développement durable.

Le nucléaire permettra de répondre aux objectifs du protocole Kyoto avec une diminution de 20 % de CO² d'ici à 2020. Mais "l'énergie nucléaire n'est ni la solution miracle ni la solution unique", a précisé le Premier ministre. La position de la France est claire : pour être au rendez-vous, il faut développer de manière complémentaire le nucléaire et les énergies renouvelables. Une position à l'unisson de la stratégie de l'Union européenne que la Commission a présentée dans son rapport "Europe 2020 : une stratégie pour une croissance intelligente, durable et inclusive." Une stratégie qui veut faire de la lutte contre le changement climatique un moteur de croissance fondé sur un modèle économique sobre en carbone.

Au-delà de l'Union européenne, "nous avons le devoir de partager nos expériences, de faire bénéficier les pays qui envisagent de recourir à l'énergie nucléaire", a déclaré le Premier ministre.

Une coopération internationale fondée sur quatre piliers

"Il y a quatre domaines dans lesquels la coopération internationale est absolument essentielle"; a déclaré François Fillon.

  • La sûreté. "Des coopérations existent déjà, notamment à l'échelle européenne", a souligné le Premier ministre qui a cité la directive adoptée en 2009 sur la sûreté nucléaire. Mais il faut aller plus loin, a-t-il estimé en rappelant le souhait du président de la République de créer un Institut européen de formation à la sûreté qui pourrait être le premier réseau d'experts internationaux sur la sûreté nucléaire. Le Premier ministre a également fait part du souhait de la France que l'AIEA établisse une grille d'analyse permettant de classer les réacteurs selon un critère de sûreté.
  • Le financement. Aujourd'hui, les institutions financières internationales ne financent pas les projets nucléaires civils, empêchant nombre de pays d'accéder à la technologie nucléaire. François Fillon a rappelé la position de la France énoncé par Nicolas Sarkozy dans son discours d'ouverture. Tout d'abord, les banques de développement (institutions financières internationales, banques régionales) doivent soutenir les projets électronucléaires civils. Ensuite, la France demande que les programmes nucléaires puissent bénéficier du dispositif des "crédits carbone" à partir de 2013.
  • La formation. Le développement du nucléaire doit pouvoir être fait par des hommes disposant de formations solides. Constat, aujourd'hui il y a un problème massif de formation des ingénieurs et techniciens. Même si, comme l'a rappelé le président de la République, "en France, l'ouverture internationale est maintenant acquise" avec l'accueil depuis plusieurs années de nombreux étudiants étrangers, il convient d'aller d'adopter une stratégie plus volontariste. La France va s'appuyer sur les sites de Saclay et de Cadarache pour créer une véritable école internationale dans le nucléaire qui concentrera les meilleurs enseignants et chercheurs. Pour ce faire, sera créé un Institut international de l'énergie nucléaire qui s'intégrera dans un réseau international de centres d'excellence. Un premier centre va être mis en place en Jordanie. D'autres centres verront le jour comme l’Institut franco-chinois de l'énergie nucléaire au sein de l'université de Canton.
  • La sécurité des approvisionnements. Le risque d'interruption des livraisons est soulevé dans l'analyse des risques. L'approvisionnement en combustible est aujourd'hui encadré par des accords mais pour crédibiliser davantage le dispositif, la France soutient la création d'une Banque du combustible à l'AIEA, financée par des contributions internationales. Enfin, sur la question de la gestion des combustibles usés et des déchets radioactifs, la France s'engage à mettre au service des autres pays ses capacités de retraitement et de recyclage, grâce au choix de recyclage permettant de valoriser la ressource en uranium. Une voie offerte grâce au choix des réacteurs de 4e génération.

François Fillon a conclu les débats par ces mots :"ces deux journées ont été l'occasion de prendre conscience de tous les défis que nous devons relever ensemble pour assurer le développement responsable du nucléaire civil. […] Nous devons agir ensemble à long terme."