François Fillon : créer "un grand espace économique et humain" entre l'Europe et la Russie
A la veille du sommet du G20 de Pittsburgh, François Fillon a rencontré, le 14 septembre, le Président Dmitri Medvedev et le Premier ministre Vladimir Poutine, à Iaroslav. Partenariat Franco-Russe, année de la Russie ou encore la constitution d’un grand espace économique et humain étaient au cœur des échanges.
Parallèlement à ses rencontres avec Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine, François Fillon a tenu un discours consacré au rôle de l’Etat, à la réforme de la régulation financière et au partenariat UE-Russie, lors d’un colloque intitulé "l’Etat moderne et sécurité globale" organisé à Iaroslav (300 km de Moscou). Ses échanges ont également permis de préparer le séminaire intergouvernemental qui aura lieu à Paris en novembre.
Pour une Russie forte dans un nouvel ordre économique mondial
Affirmant que la Russie, par "sa dimension, par sa richesse, par son apport culturel à l'humanité", avait un rôle fondamental à jouer dans le nouvel ordre économique mondial, François Fillon a affirmé au Président Medvedev que la France souhaitait "que l'Europe consacre ce rôle en négociant avec la Russie un accord qui permette de fixer les règles de nos relations à venir".
"Dans la redéfinition du nouvel ordre économique global, nous avons besoin d’une Russie forte. Nous avons besoin d’une Russie stable, nous avons besoin d’une Russie qui soit fière de son destin. Nous avons besoin de renforcer notre coopération multilatérale. Nous avons besoin d’amplifier notre coopération européenne."
Un "grand espace économique et humain" UE-Russie
L’Union européenne est le premier client et le premier investisseur en Russie, a rappelé le chef du Gouvernement français.
François Fillon a aussi insisté sur la proximité culturelle et les parts d'identité commune entre l'Europe et la Russie. "L’Europe est la partie du monde et comme on le constate ici, en visitant cette ville millénaire, qui par l’Histoire et par la Culture, est la plus proche de la Russie." Dans cet esprit, l'année croisée France-Russie en 2010 permettra de multiplier les échanges culturels entre les deux pays.
La France souhaite bâtir entre l’Europe et la Russie un espace commun économique et humain. "A terme, cela signifie entre l’Union européenne et la Russie, la liberté complète de circulation des hommes, des biens et des services", a expliqué François Fillon. "Pour y parvenir, il nous faudra des règles communes et des règles communes respectées par tous. L’adhésion future de la Russie à l’Organisation mondiale du commerce et la conclusion avec l’Union européenne d’un accord renforcé seront évidemment des étapes nécessaires à cette entreprise historique."
Une coopération bilatérale renforcée
La France et la Russie ont récemment fait avancer des projets phares de leur coopération bilatérale. Le prochain séminaire intergouvernemental qui se tiendra d'ici à la fin de l'année confirmera les avancées fondamentales de grands projets franco-russes :
- la France et la Russie nouent des partenariats de grande ampleur dans l’énergie, dans la construction aéronautique, les transports, les technologies de l’information, l’espace ;
- des grandes entreprises françaises comme Alstom, Total ou Vinci participent à d’immenses chantiers en Russie ;
- un Soyouz sera bientôt lancé de la Guyane française.
Un vrai partenariat franco-russe pour faire face aux défis du monde global
Au-delà des projets franco-russes d’envergure, François Fillon propose d'"aller beaucoup plus loin et beaucoup plus fort" dans la coopération des deux pays. Il s'agit de diversifier les projets, de les élargir aux technologies d’avenir, en particulier l’efficacité énergétique.
"La France et l’Europe ont besoin d’une Russie rayonnante, d’une Russie moderne, d’une Russie démocratique telle que vous la dessinez en ce moment même, a déclaré François Fillon au Président Dmitri Medvedev. Je veux vous dire que l’avenir du continent européen est notre destin."
Réformer la régulation financière mondiale
Enfin, à la veille du sommet du G20 de Pittsburgh, la visite de François Fillon en Russie, le 14 septembre, a permis au Premier ministre de présenter nos objectifs en matière de régulation financière mondiale.
Dans "la redéfinition du nouvel ordre économique global", qui "ne tourne pas le dos à la morale", François Fillon a réaffirmé à Iaroslavl la nécessité d'un "Etat arbitre" au niveau national mais aussi international.
"Nous avons besoin d'un Etat qui régule les forces du marché sans pour autant les étouffer car sans elles il ne peut y avoir de reprise économique", a déclaré le Premier ministre.
"Je pense que la crise a marqué le retour de l’Etat, a-t-il poursuivi. Mais il ne peut pas s’agir d’un retour en arrière, d’un retour à ce qu’étaient les Etats autrefois. L’Etat moderne, ça n’est pas un Etat qui se retranche derrière ses frontières et qui développe des tactiques de compétition agressives."














