En désignant le 1er mars, l'illettrisme Grande Cause nationale 2013, le Premier ministre donne au collectif "Agir ensemble contre l'illettrisme", composé de plus de 60 associations, l'opportunité de porter au premier rang la lutte contre un phénomène trop méconnu, facteur d'exclusion sociale et économique.
Fédéré par l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme(1), le collectif "Agir ensemble contre l'illettrisme" entend, grâce à la dynamique de la Grande Cause nationale, informer pour développer une prise de conscience du phénomène. Avec 2,5 millions de personnes concernées (7 % de la population de 18-65 ans), la lutte contre l'illettrisme est un enjeu de cohésion sociale. Source d'exclusion, l'illettrisme constitue une gêne au sein de la famille et de la vie citoyenne. Les personnes concernées le dissimulent et ont tendance à s'exclure, sortant parfois du parcours de soins voire des droits fondamentaux.
Réapprendre c'est possible !
L'objectif du collectif "Agir ensemble contre l'illettrisme" est de mettre en place un programme de prévention en familiarisant dès le plus jeune âge les enfants avec l'univers des mots, en accompagnant les parents pour suivre leur scolarité, et en évitant le décrochage scolaire, qui peut amener vers l'illettrisme : "on s'aperçoit que lorsque les adolescents décrochent, quittent l'école, des phénomènes de désapprentissage sont à l'œuvre", constate George Pau-Langevin.
"Réapprendre c'est possible", c'est l'un des mots d'ordre du collectif dont l'objectif est aussi d'établir un programme d'intervention pour donner à tous l'accès à la lecture, l'écriture et aux compétences de base.
Chiffres-clés
L'illettrisme est méconnu et assorti de fausses croyances. Contrairement à une opinion répandue :• l'illettrisme concerne en grande partie des personnes ayant été scolarisées ;
• le phénomène touche tous les âges, tous les domaines et tous les espaces de vie ;
• quelque 53 % des personnes sont âgées de plus de 45 ans et plus de la moitié (51 %) exerce une activité professionnelle. Pour eux, il s'agit de réapprendre, de renouer avec les formations de base : lire, écrire, compter.
-
L'illettrisme désigne la situation d'une personne ayant été scolarisée mais qui, pour des raisons diverses, n'a pas acquis ou bien a perdu, la maîtrise de la lecture, de l'écriture et du calcul. Il est à distinguer de l'analphabétisme qui désigne l'état d'une personne qui n'a pas été scolarisée et n'a jamais acquis les rudiments de la lecture, de l'écriture et du calcul. ↩
