Etats généraux de l'automobile : mise en place du fonds d'investissement de 300 millions d'euros
François Fillon a annoncé le 20 janvier en ouverture des Etats généraux de l'automobile que l'aide de l'Etat en faveur des constructeurs automobiles serait au total de "l'ordre de 5 ou 6 milliards d'euros". Une aide conditionnée au maintien de la production en France. Le fonds d'investissement sectoriel automobile de 300 millions d'euros commencera à intervenir dès la fin du mois.
Le site des Etats généraux de l'automobile
"Notre effort en faveur des constructeurs va être massif. De quoi parle-t-on ? De sommes qui sont de l'ordre de 5 ou 6 milliards d'euros", a déclaré le chef du Gouvernement en ouvrant les Etats généraux de l'automobile.
Mais le Premier ministre a averti qu'il n'y aurait "pas d'effort de l'Etat sans engagement des constructeurs".
"Il n'est pas question que l'Etat vienne en aide à un constructeur qui déciderait de fermer purement et simplement un ou des sites de production en France", a-t-il précisé. Il ne s'agira pas de dire "on prend et on délocalise", a également déclaré le chef du Gouvernement.
"Nous attendons donc en contrepartie que leurs engagements soient exemplaires tant sur les volumes de production en France qu'en termes de relations vis-à-vis de la chaîne de sous-traitance."
Une concertation avec tous les acteurs de la filière
"Les Etats généraux de l'automobile constituent une nouveauté dans notre manière de faire face à la crise, a insisté le Premier ministre. Je pense que c'est une des rares fois ou une des premières fois où, face à une crise, avant de prendre des décisions extrêmement importantes pour l'avenir d'une filière, on fait ensemble ce travail de concertation."
Le "défi, ce n'est pas seulement de limiter l'impact de la crise mais de donner un avenir à la filière automobile" et d'accélérer les évolutions nécessaires. Ces travaux vont nourrir les décisions du Gouvernement qui seront annoncées dans les prochains jours.
Soutenir le marché automobile
Le Gouvernement a déjà pris des mesures qui ont soutenu la demande sur le marché de l'automobile :
le bonus-malus mis en place depuis un an, et qui avait permis au marché français de se maintenir en 2008, alors que le marché européen dans son ensemble décrochait ;
récemment, le financement des filiales bancaires de Renault et de PSA, à hauteur de 500 millions d'euros chacune, afin de relancer le crédit automobile ;
l'augmentation de la prime à la casse en décembre 2008.
Ces mesures ont permis d'enregistrer des résultats encourageants : le marché français a mieux résisté que d'autre en Europe. "Je crois que les commandes de véhicules ont augmenté de façon importante en décembre pour PSA comme pour Renault", a déclaré François Fillon.
Lancer le fonds d'investissement sectoriel de 300 millions d'euros
Autre mesure d'urgence, c'est le fonds d'investissement sectoriel automobile de 300 millions d'euros, dont l'objectif est de renforcer les équipementiers stratégiques et de faire émerger des acteurs de taille européenne ou mondiale.
Ce fonds commencera à intervenir dès la fin du mois. Un protocole d'accord a été signé ce matin entre Renault, PSA et le Fonds stratégique d'investissement.
"Notre ambition, c'est de reproduire, pour l'automobile, le succès enregistré dans la consolidation de la filière aéronautique l'année dernière grâce à la mise en place d'un fonds du même type", a expliqué François Fillon.
Ces mesures sectorielles s'ajoutent aux mesures transversales, notamment celles destinées au financement des PME.
Répondre rapidement à la question de l'accès aux liquidités
"Aucune réponse ne sera complète si elle n'est pas totalement coordonnée à l'échelon de l'Union européenne, a poursuivi le Premier ministre. Nous sommes donc décidés à promouvoir une action concertée avec la Commission européenne, notamment sur la question cruciale de l'accès aux liquidités."
Sur cette question urgente, les Etats devraient jouer un rôle majeur en coordination avec l'UE.
Anticiper les évolutions de la filière
"Des restructurations importantes sont nécessaires pour restaurer la compétitivité des équipementiers et des sous-traitants."
Il s'agit donc de développer une culture d'anticipation collective des évolutions de toute la filière. "Il faut utiliser la charte automobile signée l'été dernier, il faut la décliner au plus proche du terrain. Notre priorité permanente, c'est d'anticiper les mutations, c'est de former les personnels aux nouveaux besoins."
Refonder les relations entre les constructeurs et les sous-traitants
Il faut aussi que les relations au sein de la filière repartent sur de bonnes bases.
"Une stratégie d'achat de la part des constructeurs qui serait fondée sur la recherche quasi exclusive des coûts les plus bas, ça n'est pas durable ! Le profit de court terme est rarement compatible avec la compétitivité de long terme."
Le Gouvernement souhaite donc "une refondation du pacte automobile entre les constructeurs et l'ensemble de la chaîne, en amont et en aval". "Cette refondation est nécessaire à la survie de la sous-traitance sur notre territoire. Elle l'est aussi à la compétitivité de l'ensemble de la filière, constructeurs compris, sur le long terme."
Soutenir l'effort d'innovation de toute la filière
Enfin, alors que l'industrie automobile européenne est bien placée dans la course au véhicule du futur, un plan de soutien au développement du véhicule décarboné, doté notamment de 400 millions d'euros pour la recherche, a été élaboré par le Gouvernement.
Le site des Etats généraux de l'automobile
Le discours du Premier ministre, sur ce site







