Discours du Premier ministre pour le lancement de Lille 3000
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08/10/2012 | Durée: 13'59 |
- Politique publique : Culture
- Programme : Discours & déclarations
Madame la maire de Lille, chère Martine,
Monsieur le président de « Lille 3000 »
Madame la ministre, Monsieur le ministre,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,
C’est un bonheur et un privilège d’être aujourd’hui parmi vous pour le lancement de « Fantastic », la nouvelle édition de « Lille 3000 », dans ce magnifique espace de la gare Saint-Sauveur dédié à l’art et à la culture. On ne peut qu’être impressionné par l’intensité du foisonnement culturel qui est né ici, à Lille, il y a près de 10 ans, à l’occasion de « Lille 2004, capitale européenne de la culture ». Un foisonnement que l’ensemble de tes équipes, chère Martine, a su catalyser - autour de Didier Fusillier - et faire prospérer.
Alors bien sûr, certains vont être tentés de comparer le projet ambitieux que tu as conduit ici avec d’autres initiatives, prises par d’autres collectivités, dans d’autres régions… Je pense naturellement à ce qui a pu être fait – beaucoup plus modestement - à Nantes. Je pense à ce qui est en train de naître à Marseille, là aussi sous le label de « capitale européenne de la culture ». « Lille 2004 » puis « Marseille Provence 2013 » témoignent de la vitalité de ce dispositif imaginé il y a bientôt 30 ans par Mélina Mercouri et Jack Lang, pour donner vie à l’Europe de la culture.
Et à l’heure où la France, aux côtés de ses partenaires, se mobilise pour donner un nouvel élan à la construction européenne, je veux dire ma conviction que la culture y a toute sa place. Elle est le ciment de notre maison commune.
Ici, à Lille, les élus de la métropole et de la région ont également cru très tôt au rôle que pouvait jouer la culture comme moteur du développement urbain. Déjà, Pierre Mauroy avait ouvert le chemin, mais c’est toi, chère Martine, qui as porté, avec tous les professionnels que tu as réunis autour du projet, la réussite de « Lille 2004 ». Huit ans après, les effets en sont démultipliés, l’énergie collective a été mobilisée et le résultat est au rendez-vous.
Ce projet mis en œuvre sur la durée, à Lille et dans toute l’agglomération, a pour moi valeur d’exemple.
D’abord parce qu’il permet de fédérer tout un bassin de vie autour d’un projet culturel global. La ville de Lille et ses partenaires ont magistralement démontré, depuis 2004, qu’un grand rendez-vous culturel peut être un élément de structuration à long terme, par sa récurrence et par son ancrage populaire, sans jamais transiger sur la qualité de la programmation.
Le patrimoine ancien dialogue ici avec les formes les plus contemporaines d’expression artistique, les arts de la rue s’enrichissent des apports classiques de la musique et du théâtre et la création artistique se déploie naturellement dans le tissu urbain. C'est ce décloisonnement qui fait le succès de votre manifestation, bien au-delà des frontières de la ville et de la région.
Je salue l’engagement de longue haleine de l’ensemble des acteurs de « Lille 3000 ». Il vous a permis d’apprendre à travailler ensemble, d’abord autour des artistes, puis avec les structures culturelles, grandes ou petites, avec le secteur associatif, en prenant appui sur la volonté sans faille des collectivités territoriales. La présence de toutes les institutions publiques, en soutien aux associations, aux lieux de travail, de création et d’émergence artistique, est un élément décisif, pour bâtir un tel projet sur le long terme et pour construire la ville de demain.
Exemplaire, « Lille 3000 » l'est aussi du fait du travail précurseur qui a été mené ici en matière d'éducation artistique et culturelle.
Dès la fin de l’année 2004, la ville de Lille a engagé un programme éducatif global, avec un volet artistique de grande qualité, qui mérite d’être salué. L’éducation artistique, à Lille, c’est un plan musique qui permet à chaque enfant d’accéder à la pratique musicale, dans le cadre scolaire ou périscolaire ; c’est aussi un plan lecture, un plan patrimoine, un plan d’éducation à l’image, qui sont progressivement étendus à l’échelle de la métropole.
Cette action éducative s’est nourrie de multiples partenariats, établis de longue date avec tous les acteurs culturels. Musées, théâtres, médiathèques, associations et festivals, services municipaux, centres sociaux, services de l’Etat… c’est un réseau très riche qui s’est constitué et sur lequel les écoles et les enseignants peuvent prendre appui.
Et c’est l’ensemble de ce réseau qui se mobilise autour de « Fantastic ». Tout au long de l’année scolaire, les interventions artistiques ou les rencontres organisées avec des auteurs s’inscrivent dans cette thématique.
Les initiatives sont multiples, foisonnantes. Que chacun en soit ici remercié ! Car tous ces dispositifs bénéficient à des milliers d’enfants et contribuent à leur épanouissement.
Le développement de l'éducation artistique et culturelle est un engagement que le Président de la République a pris devant les Français. C'est une priorité du gouvernement. Aurélie Filippetti et Vincent Peillon travaillent ensemble à la définition d’un plan d’action, dont ils dévoileront les grandes lignes dans quelques semaines. Ils ne manqueront pas de s’inspirer de l’exemple lillois, car nous avons tout à gagner à faire fructifier les bonnes pratiques mises en œuvre dans les différents territoires.
Enfin, « Lille 3000 » est exemplaire par la forte mobilisation des acteurs économiques. Beaucoup d’entre eux sont convaincus de longue date, à Lille comme ailleurs, que la culture est un formidable facteur de développement pour notre pays.
Un euro public investi dans une manifestation culturelle engendre quatre à huit euros de retombées économiques. Les entreprises, quelle que soit leur taille, ne s’y trompent pas. Elles sont au rendez-vous pour soutenir un tel événement. Elles complètent ainsi, de façon déterminante, les apports des collectivités publiques.
C'est précisément pour cela que j'ai souhaité, sur la proposition d’Aurélie Filippetti, conforter le dispositif établi il y a dix ans en faveur du mécénat. Les financements privés qu'il permet de mobiliser sont bien supérieurs aux dépenses publiques qu’il engendre. En conséquence, le projet de loi de finances pour 2013 ne modifiera pas, pour les entreprises comme pour les particuliers, le niveau de contreparties fiscales accordées jusqu'à présent aux mécènes.
« Lille 3000 », c’est donc tout cela : l’exemplarité culturelle, l’exemplarité éducative, l’exemplarité économique.
C’est pour cela, chère Martine, que nous avons souhaité, Aurélie Filippetti, François Lamy et moi-même, être à tes cotés aujourd’hui, aux côtés des artistes, des acteurs du projet et de la population de Lille, fortement mobilisée. Nous sommes tous animés d’une même conviction : la culture et la création artistique portent une part essentielle de notre identité et engagent notre avenir commun ; nous avons le devoir de les soutenir, de les faire vivre, dans chaque parcelle de nos territoires et de nos quartiers, comme au cœur de l’Europe.
Merci à toutes et tous de nous offrir ce formidable exemple.