Déclaration du Premier ministre à l’occasion du dîner offert par Benigno Aquino, Président de la République des Philippines
En visite officielle aux Philippines, le Premier ministre a fait une déclaration à l'occasion du dîner offert par le Président de la République des Philippines, Benigno Aquino, vendredi 19 octobre 2012 à Manille.
20/10/2012 | Durée: 5'18 |
- Programme : Discours & déclarations
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi de vous dire, tout d’abord, combien je suis heureux et
honoré d’être parmi vous ce soir, dans le cadre de cette première visite
d’un chef du gouvernement français à Manille. Aussi surprenant que
cela puisse paraître, jamais un Premier ministre français n’était en effet
venu dans votre pays. Il aura fallu que le citoyen de la ville de Nantes
que je suis accède à cette responsabilité - grâce au vote des Français
- et décide de consacrer son premier déplacement hors d’Europe aux
Philippines. Il y a un peu moins de deux siècles, un autre Nantais, Paul
de la Gironière, accostait sur vos rivages pour passer « vingt années
aux Philippines » et laisser à la postérité plusieurs livres consacrés à
votre beau pays.
Que de temps passé depuis lors et, surtout, quelle transformation !
Au-delà des vicissitudes de l’histoire, vous êtes en effet parvenus
à construire une démocratie moderne et une économie ouverte et
dynamique. Ce résultat, vous le devez tout d’abord à des femmes et
des hommes qui ont su, en certaines circonstances, se dépasser et
servir une juste cause, celle de l’affirmation de votre Nation. Je pense
bien sûr à José Rizal, qui paya de sa vie son engagement contre le
joug colonial. Je pense aussi à votre père, Benigno Aquino, que la
conscience du danger qu’il encourait en faisant le choix du retour
de l’exil n’a pas arrêté, parce que sa volonté de rendre la parole au
peuple philippin importait plus à ses yeux que sa propre vie. Je pense
enfin à votre mère, Corazon Aquino, qui restaura la démocratie aux
Philippines. Devant vous, Monsieur le Président, je souhaite rendre
hommage à ces héros dont vous portez l’héritage.
En évoquant ces quelques pages de l’histoire de votre pays, je suis
frappé par la communauté de valeurs qui unissent les Philippines et
la France. Et c’est sur cette base que je vous propose d’insuffler une
nouvelle ambition à la relation entre nos deux pays. Tel est le sens que
je souhaiterais que nous donnions, de part et d’autre, à cette visite.
Les Philippines et la France peuvent, en effet, faire de grandes et
belles choses ensemble.
Notre dialogue politique, tout d’abord, doit s’intensifier, en partant
de notre attachement commun à un monde régi par le respect de la
légalité internationale et le règlement pacifique des différends. Les
défis économiques, sociaux et environnementaux auxquels nous
sommes tous confrontés appellent plus de coordination internationale,
plus de régulation. A nos deux pays d’y contribuer.
Sur le plan économique, ensuite, les entreprises françaises – et j’ai
souhaité que leurs représentants soient ici parmi nous ce soir – sont
prêtes à vous accompagner dans vos projets de développement
et dans les efforts que vous déployez en faveur d’une croissance
plus juste et plus profitable aux populations défavorisées. Dans le
respect des priorités que vous avez affichées au moment de l’élection
présidentielle, les politiques que vous mettez en œuvre produisent des
résultats reconnus par vos partenaires internationaux et permettent de
développer des échanges mutuellement bénéfiques.
Enfin, nos deux pays partagent le même attachement à la diversité
des expressions culturelles dans le monde. Nous venons de signer un
accord nécessaire à l’organisation, en 2013, d’une grande exposition
sur les Philippines au musée du Quai Branly, à Paris. Pour ma
part, j’inaugurerai après-demain les nouveaux locaux de l’Alliance
française de Cebu, qui lui permettront de répondre aux attentes de bon
nombre de vos compatriotes ; car l’attrait de la langue et de la culture
françaises reste intact. C’est par la culture que nous favoriserons le
rapprochement entre nos deux peuples.
Monsieur le Président,
Je souhaite que ma visite puisse ouvrir une nouvelle page de l’amitié
entre nos deux pays.
En vous exprimant ma gratitude pour la qualité et la chaleur de l’accueil
que vous nous avez réservé ce soir, je lève mon verre aux Philippines,
à la France et à l’amitié franco-philippine ! Mabuhay !