Débat sur l’identité nationale : François Fillon livre une vision historique, politique et citoyenne
Dans son discours de clôture du colloque "Qu’est-ce qu’être français ?", organisé à Paris par l’Institut Montaigne, François Fillon a livré sa vision de l'identité nationale.
Assurant que le débat n’est "ni de droite ni de gauche" et que "chacun a le devoir de s’interroger sur la meilleure manière de mieux aimer et mieux servir notre pays", le Premier ministre a implicitement rejeté les critiques "d'instrumentalisation" de la question nationale, en réponse à "certains qui ont d’emblée rejeté le principe même de ce débat", et qui suggèrent qu’il "allait raviver les défiances". François Fillon a d’ailleurs affirmé que "le danger c'est justement de ne pas débattre […]. Refuser ce débat, c’est laisser le champ libre aux extrémistes […], c’est baisser notre garde devant tous ceux qui contestent les fondements de la République".
"Débattre de notre identité, et agir pour la renforcer, c’est resserrer notre pacte national […] Diluer notre identité pour mieux nous intégrer dans le monde relève d'une illusion naïve", a ajouté François Fillon estimant que la France "n'est pas une fiction sans traits ni visages".
Combattre "l'intégrisme" mais "surtout pas les musulmans"
Affirmant que "la France n’est pas, et n’a jamais été l’expression d’une race, pas plus qu’elle ne fut et ne doit être une juxtaposition de communautés repliées sur elles-mêmes", le Premier ministre est revenu sur le récent référendum suisse sur les minarets qui suscite de vifs débats. Il a rappelé "[qu’ils] doivent s’inscrire de façon raisonnable et harmonieuse dans leur environnement urbain et social. Et pour cela, je fais confiance aux maires de nos villes", ajoutant que "ce qui doit être combattu, c’est l’intégrisme, mais surtout pas les musulmans. Il ne faut pas tout confondre."
Et de conclure sur les "devoirs" des "étrangers qui s'installent régulièrement chez nous" : "C'est aux étrangers qu'il revient de faire l'effort d'intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes ou à des règles qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain […] Etre français et vivre en France, c'est une chance mais aussi un charge."
La France n’est pas un sujet clinique
Aussi, à la question "Qu’est-ce qu’être français", le Premier ministre - qui s’est employé à répondre "non en Premier ministre, mais en citoyen" - a affirmé que "la France n’est pas un sujet clinique […] Il n’y a pas de réponse unique, mais il existe des lignes de force qui nous rassemblent […] Avec le Président de la République, avec Eric Besson, nous sollicitons une réponse articulée par 65 millions de réflexions, éclairée par 65 millions de sensibilités et de consciences."