Conférence de presse des Premiers ministres français et jordaniens : Propos liminaires de François Fillon
Je voudrais à mon tour remercier le Premier ministre Samir al-RIFAÏ pour l’excellente réunion de travail que nous venons d’avoir. Je suis heureux d’être le premier chef de gouvernement européen à venir lui rendre visite depuis sa nomination. Je sais que sa feuille de route, fixée par le roi, est très ambitieuse. Il s’agit de poursuivre les réformes très importantes qui ont été engagées en Jordanie, de réduire les déficits et de lancer néanmoins les chantiers vitaux pour l’avenir du royaume.
Les relations entre la France et la Jordanie ont toujours été empreintes d’une profonde confiance mutuelle, à l’image des relations personnelles qui existent entre le président de la République Nicolas SARKOZY et sa majesté le roi ABDULLAH, que je rencontrerai tout à l’heure. Cette amitié forte et sincère doit nous permettre de faire davantage ensemble, qu’il s’agisse des grands projets de développement ou qu’il s’agisse de la paix dans la région. Dans ce contexte, je suis venu dire le prix que nous attachons au rôle constructif et courageux que la Jordanie joue dans la région, à sa vision tournée vers l’avenir malgré toutes les incertitudes qui l’entourent. Et ça n’est pas un hasard si le premier secrétaire général de l’Union Pour la Méditerranée, choisi par consensus, est un diplomate jordanien.
Au cours de la dernière décennie, la France est devenue le premier investisseur non arabe en Jordanie. Une nouvelle page s’ouvre aujourd’hui avec la perspective de réformes et de grands projets dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, des transports et des nouvelles technologies. Nous savons combien ces projets sont vitaux pour l’avenir de la Jordanie, pour la sécurité de ses ressources en eau et en énergie, pour l’attractivité de son territoire à l’échelle régionale. D’où notre engagement dans la durée, un engagement qui implique à la fois les entreprises françaises mais aussi nos administrations, nos universités et l’Agence française de Développement. Cet engagement s’est notamment concrétisé avec la signature aujourd’hui par AREVA de l’accord minier, qui est une étape très importante vers la mise en valeur de l’uranium jordanien ; et par celle du protocole d’entente entre les gouvernements français et jordanien pour créer – à la demande du roi – un centre d’excellence pour la formation d’ingénieurs et de techniciens dans les domaines de l’énergie et des grands projets.
Ce partenariat global a aussi un volet culturel, et j’aurai l’occasion tout à l’heure de me rendre sur le site de Jerash pour rendre hommage à cette collaboration, car nous avons avec la Jordanie – grâce à l’Institut français du Proche-Orient – près de 30 ans de travail en commun pour mettre en valeur les richesses archéologiques de la Jordanie, sur site mais aussi dans les musées puisque le Louvre et le musée national de Jordanie ont signé un accord en novembre dernier. Nous devons être ambitieux pour la paix, la Jordanie et la France partagent une même vision, un même diagnostic, un même objectif. Nous pensons qu’il n’y a pas d’autre chemin que celui de la paix, que celui d’une paix sur des bases claires, sur des bases qui doivent être fondées sur le droit international, un Etat palestinien viable, indépendant, démocratique, vivant en paix au côté d’Israël dans des frontières sûres et reconnues, sur la base des frontières de 1967 et conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité et à l’initiative arabe de paix. Je dirai au roi tout à l’heure combien nous partageons avec lui le sentiment de l’urgence et le souci que le chemin vers la paix, même s’il passe au début par celui des petits pas, ne soit pas une longue déviation. C’est la raison pour laquelle, la France a indiqué sa disposition à organiser une conférence de paix qui appuierait les efforts internationaux et qui accompagnerait la reprise des discussions.
Je veux, Monsieur le Premier ministre, une nouvelle fois vous remercier et saluer le rôle précieux et inlassable de facilitateur que la Jordanie joue dans les efforts vers la reprise de la négociation pour la paix.