Une étape majeure vient d'être franchie en matière d'égalité professionnelle dans la fonction publique. Ce 8 mars 2013, un accord sans précédent a été signé à Matignon entre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, Marylise Lebranchu et l'ensemble des organisations syndicales représentatives et des employeurs de la fonction publique.
"Cet accord c'est le fruit d'une méthode, celle du dialogue social", a fait observer Jean-Marc Ayrault après la signature le vendredi 8 mars 2013 à l'Hôtel Matignon d'un protocole d'accord historique sur l'égalité professionnelle dans la fonction publique. Le Premier ministre a souhaité féliciter personnellement les acteurs de cette négociation exemplaire, dont le principe avait été arrêté lors de la grande conférence sociale de juillet 2012. Tout en saluant le succès de la méthode de travail retenue par Marylise Lebranchu, qui a permis de restaurer la confiance, le respect et le dialogue dans la fonction publique, il a souligné l’importance historique de cet accord-cadre qui permettra de rattraper le retard pris au cours des dernières années dans la fonction publique en matière d’égalité professionnelle, retard dont témoignent les données disponibles sur les écarts salariaux ou encore sur la place des femmes dans l’encadrement supérieur. "L'attente est extrêmement forte et nous ne devons pas la décevoir", a estimé Jean-Marc Ayrault, insistant sur le caractère symbolique de cet accord qui rappelle que c'est l'Etat, au premier chef, qui doit se montrer exemplaire en matière d'égalité femmes-hommes.
L'accord contient 15 mesures destinées à faire progresser l'égalité professionnelle et concernera 5 millions d'agents publics relevant de l'Etat, des collectivités territoriales et des hôpitaux. Parmi ces mesures, les plus emblématiques concernent la représentation équilibrée entre les femmes et les hommes dans les instances de dialogue social, la suppression des inégalités salariales, la vérification du caractère non-discriminatoire des recrutements, ou encore la réflexion sur les raisons qui limitent les promotions et l'avancement des femmes. Un point clé concerne le droit de congé-paternité et d'accueil de l'enfant : d'une durée de 11 jours calendaires consécutifs, ce congé devient un droit pour l'ensemble des agents quels que soient leur statut (titulaires ou non) et leur ancienneté. Pour tendre vers une meilleure articulation entre vie personnelle et vie professionnelle, des chartes du temps seront négociées au sein des administrations, des collectivités et des hôpitaux.
Enfin, la mesure n° 15 vise à prévenir toutes les violences faites aux agents sur leur lieu de travail et à lutter contre le harcèlement sexuel et le harcèlement moral.
Jean-Marc Ayrault en a profité, en cette Journée Internationale des droits des femmes pour réaffirmer que désormais, en France, "le 8 mars c'est toute l'année". En effet, la signature de cet accord s'inscrit dans le droit fil du programme de travail ambitieux que le Gouvernement s’est fixé lors du comité interministériel des droits des femmes du 30 novembre 2012, le premier du genre depuis douze ans.
A l’initiative de Najat Vallaud-Belkacem, un vaste programme d’actions, intitulé "l’égalité, c’est toute l’année", a été lancé vendredi 8 mars et va mobiliser Etat, collectivités, partenaires sociaux, entreprises et l'ensemble de la société civile. Campagnes de communication, programmes de sensibilisation des enfants dans les écoles, loi-cadre pour l’égalité, initiatives pour la parité en politique et pour une meilleure représentation des femmes dans les médias, ce sont des centaines d’initiatives qui vont être prises pour changer concrètement la vie des femmes et des hommes, dans le sens d’une société plus juste.
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