Portrait de Baptiste Gabiot

Plâtrier peintre de 22 ans, il a fait briller la France au Brésil. Portrait de Baptiste Gabiot #HistoiresdeFrance

Après des heures d'entraînement, Baptiste Gabiot, plâtrier peintre bressan de 22 ans, s'est envolé mi-août pour São Paulo, au Brésil. L'objectif : porter les couleurs de la France, dans la catégorie "peinture et décoration", lors des 43es Olympiades des métiers, ou WorldSkills. Et c'est avec une médaille d'or qu'il est rentré en France une semaine plus tard, fier d'avoir remporté la compétition. Cet événement, qui devrait selon lui être plus médiatisé, permet de mettre en valeur les métiers manuels et l’apprentissage.
 
Mardi 13 octobre, 45 jeunes Français ont été accueillis à l'Élysée par le président de la République. 45 membres d'une équipe de France pas comme les autres, l'équipe de France des métiers, qui est rentrée en août dernier du Brésil avec pas moins de 9 médailles et 18 médaillons d’excellence dans ses valises. Grâce à leurs talents, la France confirme sa 8e place mondiale sur les 59 pays qui ont concouru.

Baptiste Gabiot lors des WorldSkills de Sao PauloParmi ces jeunes gens, qui ont tous entre 18 et 22 ans (âge limite de participation aux WorldSkills), deux jeunes hommes, Thomas Landreau et Baptiste Gabiot ont remporté la compétition dans leur discipline respective. "Je n'ai pas tellement réalisé que j'avais gagné", nous explique ce dernier quand nous le contactons par téléphone. "Le suspens a duré jusqu’au dernier moment". A São Paulo, Baptiste n'a pas eu le temps de faire du tourisme : 4 jours de compétition et une journée de préparation, voilà ce que fut son programme de la semaine. Un programme intense, reconnaît-il, mais une expérience enrichissante, la médaille d'or en "cerise sur le gâteau". "Je n'aurai pas la chance de vivre cette expérience une seconde fois", explique Baptiste, à raison : dernier échelon d'une compétition qui commence au niveau régional, les Olympiades des Métiers ne se vivent qu'une fois. De plus, Baptiste aura 23 ans en 2017, pour les prochaines Olympiades, soit un an de plus que l'âge limite de participation.

Le jeune Bressan n'en est pas à sa première compétition. L'aventure commence en 2012 lorsque son CFA l'inscrit au concours du meilleur apprenti de Bourgogne, qu'il remporte. Ses formateurs lui parlent alors des WorldSkills. Pour sa première participation, il décroche la 2e place des finales nationales de Clermont-Ferrand. Pas de Mondiaux pour cette fois, mais une sélection  pour les EuroSkills 2014 où il remporte l'or, quelques mois après sa seconde victoire aux sélections régionales. Sa deuxième tentative pour les WorldSkills est la bonne : en janvier 2015, il remporte l'or aux finales nationales de Strasbourg et son ticket pour le Brésil. Suivent plusieurs mois d'entraînement avec son formateur, les soirs et week-ends après le travail, pour être prêt à affronter ses 18 concurrents - il est le seul Français de sa catégorie - à São Paulo.


Baptiste Gabiot lors des WorldSkills de Sao PauloSur place, les épreuves s'enchaînent. Baptiste doit réaliser plusieurs épreuves imposées : une porte en laque, du papier peint, un logo peint, ainsi qu'un speed module, épreuve de vitesse dont le sujet est dévoilé au dernier moment. Pour le sujet libre, Baptiste Gabiot choisit de rendre hommage non seulement à l'une de ses passions mais également au pays qui accueille la compétition en réalisant un fond vert dégradé, entouré de bandes jaunes, avec des joueurs de foot au centre de la fresque. "C’était le bon pays pour réaliser cette peinture !", explique-t-il. Chaque soir, les notes tombent. Impossible cependant de savoir avant la fin de la compétition quel sera le classement. "Le suspens a duré jusqu’au dernier moment". Il est donc surpris et ravi de remporter la médaille d'or.

"Si je n'avais pas fait cette compétition, je pense que même ma famille ne saurait pas qu'elle existe !", souligne Baptiste, qui pense qu'il faut mettre en valeur cette équipe de France représentative des talents français dans des domaines très variés. Pour le jeune homme, l'apprentissage a été une évidence. Bon élève au collège, il fait une seconde générale avant de se rendre compte que cela ne lui convient pas. "J'avais de bonnes notes, mais j'avais envie d'apprendre un métier." Après plusieurs stages, il intègre quelques jours une entreprise de maçonnerie, puis se tourne vers la peinture. C'est alors qu'il trouve sa voie. Suivront 4 ans de formation, pour obtenir un CAP puis un Bac pro peinture. "On apprend bien plus vite en travaillant", explique Baptiste, qui recommande l'apprentissage à "tout jeune qui souhaite travailler" mais aussi aux chefs d'entreprise. "C’est un bon moyen de transmettre son savoir-faire".

A seulement 22 ans, Baptiste Gabiot, qui travaille depuis deux ans en tant que peintre dans une entreprise à la Chapelle-Saint-Sauveur (71), forme lui-même un apprenti. Peut-être un futur médaillé des WorldSkills ?

   
Portrait réalisé par Emilie Louis
 
Histoire(s) de France, ce sont les portraits de ces femmes et de ces hommes, Français ou résidant en France qui, par leurs innovations, leurs projets, leur engagement et la diversité de leurs parcours font la France d’aujourd’hui.