Plan national de santé publique : la prévention pour lutter contre les inégalités de santé

Le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn ont présenté lundi 26 mars le Plan national de santé publique. Ce dernier est l'un des quatre piliers de la stratégie nationale de santé, et vise à permettre aux Français de vivre en bonne santé tout au long de leur vie.
 
La France a aujourd’hui un très bon système de soins. Mais nous avons des progrès à faire en matière de prévention et de lutte contre les inégalités de santé. Par exemple, la différence d’espérance de vie entre les Français les plus modestes et les Français les plus aisés est de 13 ans pour les hommes et 8 ans pour les femmes.

La bonne santé est aussi une question de justice sociale, qui doit passer évidemment par un égal accès aux soins, mais aussi par l’information, les bonnes pratiques, la vaccination, le dépistage, etc.
 
Comité interministériel pour la santé : priorité à la prévention
 

Permettre aux Français DE "naître, grandir, vivre et vieillir en bonne santé"

C’est un plan complet qui tient compte de tout ce qui peut avoir une incidence positive ou négative sur l’état de santé de la personne : lutte contre les addictions, éducation, sport, dépistage, vaccination, qualité de l’air. De nombreux ministères sont mobilisés.

Il concerne toutes les étapes de la vie parce que les risques et les environnements changent avec le temps.

Il est tourné vers une logique d’efficacité : "pour chaque tranche d’âge et pour chaque risque il cible ce qui marche, il généralise, facilite, informe, soutient financièrement", a rappelé le Premier ministre.

Ce plan représente un investissement de 400 millions d’euros sur 5 ans et comporte 25 mesures adaptées aux différents âges de la vie.

Les principales mesures

Mieux prévenir les consommations à risque pendant la grossesse
Le plan prévoit d’accroitre la visibilité du message « zéro alcool pendant la grossesse » en informant mieux les femmes des risques encourus. 1 enfant sur 1000 naît aujourd’hui avec un handicap lié au syndrome d’alcoolisation fœtale.

Prévenir les risques auditifs chez les jeunes
Lancement d’une campagne nationale de sensibilisation et repérage des troubles auditifs chez les jeunes de 15 à 16 ans.

Expérimenter le « Pass préservatif » pour les moins de 25 ans
Il s’agit d’un programme de prévention en santé sexuelle qui inclura la mise en place d’une carte donnant un accès gratuit à des préservatifs. Il faut rappeler qu’à peine 53 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans ont utilisé un préservatif lors de leur dernier rapport sexuel.

Rembourser directement les aides à l’arrêt du tabac
Cette mesure remplace le forfait d’aide au sevrage de 150 € par an actuellement en place. Cela permet de lever les freins liés à l’avance de frais systématique et d’avoir le même tarif pour un produit sur tout le territoire. La France compte actuellement 13 millions de fumeurs. Le tabac tue en France 73 000 personnes chaque année. Le cancer du poumon est en train de devenir la première cause de mortalité par cancer chez les femmes (10 000 décès en 2017).

Introduire un programme national de dépistage organisé pour le cancer du col de l’utérus
A l'image de ce qui se pratique pour le cancer du sein et le cancer colorectal, le dépistage sera pris en charge à 100 % (pour toutes les femmes n’ayant pas réalisé de frottis dans les 3 dernières années).

Généraliser la vaccination antigrippale par les pharmaciens d’officines (en 2019)
En janvier dernier, le Gouvernement a déjà rendu obligatoires les 11 vaccins qui n’étaient que recommandés pour les jeunes enfants.

Par ailleurs, le Gouvernement propose de "conserver à la consommation de cannabis sa qualification de délit, [mais de] le sanctionner par une amende forfaitaire systématique", pour mettre fin à l’hypocrisie actuelle, avec une peine de prison "inapplicable, inutile et disproportionnée", a souligné Edouard Philippe.
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