suffrage universel direct
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suffrage universel direct - Archives nationales, 5AG1 1436
25 novembre 2016 - Galerie

28 octobre 1962. Adoption par référendum de l’élection du président de la République au suffrage universel direct

C’est avec 62 % de “Oui” que le référendum sur l’élection du président de la République au suffrage universel direct est approuvé par les Français, le 28 octobre 1962.
Deux jours plus tôt, le 26 octobre, le général de Gaulle les a exhortés à voter “Oui” dans une allocution radiotélévisée (dont on peut découvrir ici l’esquisse manuscrite, annotée de sa main) : “Françaises, Français ! Après-demain, en toute clarté et en toute sérénité, vous allez par votre vote engager le sort du pays. La question, qu’en ma qualité de président de la République et m’appuyant sur la Constitution, je pose aux citoyens français est aussi nette et simple que possible : "Voulez-vous, dorénavant, élire vous-mêmes votre Président au suffrage universel ?” La raison de cette proposition, c’est qu’à l’époque moderne, il faut une tête à un grand État […] la continuité, la fermeté, l’efficacité, instaurées au sommet de l’État, sont les conditions nécessaires de la rénovation que nous avons commencée […].“

C’est le 20 septembre précédent, un peu moins d’un mois après l’attentat du Petit-Clamart auquel il a miraculeusement échappé, que le général de Gaulle l’annonce aux Français : "le président de la République sera dorénavant élu au suffrage universel”, et cette décision sera prise par la voie “la plus démocratique, la voie du référendum”.

Cette annonce, perçue comme un renforcement du pouvoir présidentiel, suscite immédiatement un tollé dans la classe politique. Une motion de censure est déposée et votée à l’Assemblée nationale, le 5 octobre 1962, causant la démission du gouvernement Pompidou.  Le général de Gaulle dissout alors l’Assemblée, le 10 octobre 1962, comme la Constitution lui en donne le droit.

La victoire du “Oui” au référendum du 28 octobre 1962 est ensuite confortée par le résultat des élections législatives anticipées des 18 et 25 novembre suivants, où la formation gaulliste rassemble plus de 40 % des suffrages au second tour et obtient avec ses alliés la majorité absolue des sièges.

À l’élection présidentielle des 5 et 19 décembre 1965, trois ans plus tard, l’élection présidentielle au suffrage universel sera mise en pratique pour la première fois. Après son premier mandat de sept ans, et avoir hésité à se représenter, le général de Gaulle sera réélu face à François Mitterrand, avec 54,8 % des voix.

Source du document manuscrit : © Archives nationales, 5AG1 1436