19 juillet 2016 - Vidéo

"L'état d'urgence est un outil précieux qui doit s'inscrire dans une démarche globale de lutte contre le terrorisme et la radicalisation"

Manuel Valls a réuni, lundi 18 juillet 2016, les représentants du Parlement pour un point de situation après l’attentat du 14 juillet 2016. Le Premier ministre a présenté, à l'issue de cette rencontre, les grandes lignes du projet de loi sur la prorogation de l'état d'urgence, présenté le 19 juillet en Conseil des ministres, et qui doit être débattu par le Parlement.
"Il y a des interrogations. Elles sont légitimes. Il faut répondre et c'est notre devoir en tant que responsables politiques d'aller à la rencontre de ces questionnements. C'est notre devoir d'abord bien sûr comme gouvernement", a expliqué Manuel Valls à l'issue du point de situation après l'attentat commis à Nice le 14 juillet.

Le Premier ministre a expliqué que cette rencontre avec les représentants du Parlement a permis de présenter les principales mesures de la quatrième prorogation de l'état d'urgence, annoncée par le président de la République. Le Gouvernement propose une durée de trois mois, "mais le débat sur la durée de l'état d'urgence aura lieu au Parlement", a précisé Manuel Valls. Le projet de loi propose également de réintégrer des mesures adoptées en novembre 2015 sur les perquisitions administratives.

"L'état d'urgence ne réduit pas le risque à zéro, mais c'est un outil précieux qui doit s'inscrire dans une démarche globale de lutte contre le terrorisme et la radicalisation", a expliqué le Premier ministre. Des mesures, associées à l'engagement des forces de l'ordre et de renseignement, qui ont permis "sans aucun doute, d'éviter un certain nombre d'attentats, encore ces derniers mois."

Manuel Valls a indiqué que le Gouvernement attend les propositions des groupes parlementaires, de la majorité et de l'opposition, "avec intérêt". "Nous souhaitons ce rassemblement, nous souhaitons l'union. Nous ne voulons pas que Daech, l'état islamique, réussisse son objectif qui est de diviser, de fracturer notre société", a-t-il expliqué. Toute proposition, "qui respecte le cadre constitutionnel" et  qui "permette d'accroître encore davantage l'efficacité, même si beaucoup a été fait depuis 2012, sera examinée avec le plus grand intérêt", a-t-il poursuivi. "Toute proposition qui n'a pas pour objectif l'efficacité et qui surtout mettrait en cause l'état de droit, notre démocratie et le cadre constitutionnel, ne pourra pas être retenue par le Gouvernement."

Le Premier ministre a rappelé que si la France est attaquée c'est qu'elle est le pays de la liberté et de la laïcité. "Pour répondre avec force et détermination au terrorisme, il faut le faire avec l'État de droit, les valeurs qui sont celles qui rassemblent l'immense majorité de nos concitoyens."