15 juillet 2016 - Discours
Contenu publié sous le Gouvernement Valls III du 11 Février 2016 au 06 Décembre 2016

Discours du Premier ministre après l'attentat de Nice

"La France a été frappée une nouvelle fois dans sa chair, un 14 juillet, jour de notre Fête nationale. On a voulu atteindre l’unité de la Nation française. Alors, la seule réponse digne, responsable, de la France sera celle qui restera fidèle à l’esprit du 14 juillet, c’est-à-dire celle d’une France unie et rassemblée autour de ses valeurs. Et nous ferons bloc. C’est la seule exigence qui vaille aujourd’hui."
Sous la présidence et l’autorité du chef de l’Etat, nous venons de tenir un Conseil restreint de défense et de sécurité.
 
La France a une nouvelle fois été frappée par un acte terroriste, lâche et inhumain. Et nos pensées, dans ce moment très difficile, vont aux victimes et à toutes ces familles touchées par ce drame insoutenable ; vont aussi vers la ville de Nice, où nous nous rendrons dans un instant avec le président de la République.
 
Le terrorisme – et nous le disons depuis longtemps – est une menace qui pèse lourdement sur la France, et qui pèsera encore longtemps. J’avais déjà eu l’occasion de dire que, malheureusement, nous pouvions connaître de tels évènements et qu’il y aurait de nouvelles victimes innocentes.
 
Nous faisons face à une guerre que le terrorisme nous livre. Le but des terroristes, c’est d’installer la peur et la panique. Mais la France, le président de la République le rappelait hier, est un grand pays et une grande démocratie qui ne se laissera pas déstabiliser.
 
L’urgence, et c’est ce que nous avons évoqué il y a un instant, c’est bien sur l’accueil des familles et la restitution des dépouilles de leurs proches, après l’identification. L’ensemble des services de l’Etat sont mobilisés pour aider les familles et les accompagner, dans ce moment particulièrement difficile, sur le plan médical, sur le plan psychologique.
 
En complément de la gestion opérationnelle de l’évènement, exécutée sous l’autorité du préfet des Alpes-Maritimes et en réaction immédiate à cet attentat, vous le savez, les mesures suivantes ont été décidées :
 
La cellule interministérielle de crise a été activée.
 
Le département des Alpes-Maritimes a été placé au niveau « alerte attentat » du plan Vigipirate.
 
 
La section anti-terroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête, et je veux donc rappeler que l’ensemble des informations concernant l’enquête seront données par le procureur de la République.
 
La cellule interministérielle d’aide aux victimes a été activée.
 
En outre, le président de la République – il a eu l’occasion de le dire cette nuit à nos compatriotes – a décidé le maintien à son niveau maximum de l’opération Sentinelle, ainsi que le recours à la réserve opérationnelle de premier niveau de la gendarmerie nationale. Les effectifs supplémentaires ainsi mobilisés permettront de maintenir, dans la durée, un niveau de vigilance et de protection élevé. Le volume, les délais et les modalités sont en cours de mise en œuvre par la Direction générale de la Gendarmerie nationale.
 
Enfin, un projet de loi permettant la prorogation de l’état d’urgence pour une durée de trois mois supplémentaires sera présenté en Conseil des ministres, après avis du Conseil d’Etat, mardi prochain, pour que le Parlement puisse examiner ce texte mercredi et jeudi prochains. Là aussi, il s’agit de rester dans cette mobilisation.
 
Le président de la République a décidé un deuil national, déclaré pour les 16, 17 et 18 juillet en hommage aux victimes. Les drapeaux seront mis en berne sur nos édifices publics dès aujourd’hui.
 
Suite à ce Conseil restreint de défense et de sécurité, nous voulons dire aux Français, et avec beaucoup de force : nous ne céderons pas. La France ne cédera pas à la menace terroriste. Nous avons changé d’époque ; la France va devoir vivre avec le terrorisme. Et nous devons faire bloc. C’est le message du président de la République. Etre solidaires, faire preuve de sang-froid, collectivement.
 
La France a été frappée une nouvelle fois dans sa chair, un 14 juillet, jour de notre Fête nationale. On a voulu atteindre l’unité de la Nation française. Alors, la seule réponse digne, responsable, de la France sera celle qui restera fidèle à l’esprit du 14 juillet, c’est-à-dire celle d’une France unie et rassemblée autour de ses valeurs. Et nous ferons bloc. C’est la seule exigence qui vaille aujourd’hui.
 
Mesdames et messieurs,
 
Nous aurons l’occasion évidemment, tout au long de la journée, de donner un certain nombre d’éléments supplémentaires. Comme vous le savez, le ministre de l’Intérieur et la ministre de la Santé sont déjà sur place, à Nice.
 
A plus tard, merci.