24 juin 2016 - Vidéo

Yves Lévy : "Il faut que les maladies rares, et même les maladies communes, puissent avoir accès aux progrès réalisés" en médecine génomique

Le séquençage du génome humain permettra dans les années à venir l’amélioration des diagnostics, et donc des soins dispensés aux patients sur l’ensemble du territoire. Dans cette perspective, Manuel Valls avait confié en avril 2015 à Yves Lévy, président de l’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (Aviesan), la mission de faire entrer la France dans l’ère de la médecine génomique. Nous avons rencontré le président-directeur général de l'Inserm à l'issue de la remise de son rapport au Premier ministre, le 22 juin 2016. Il revient sur les enjeux de la médecine génomique et les grands objectifs du plan proposé.
"La médecine génomique c'est la capacité, avec la technologie actuelle, d'avoir une séquence de l'ensemble de notre génome et donc d'identifier des gènes de susceptibilité, des gènes anormaux, mais aussi des facteurs de prédiction, de réponse aux traitements, et des maladies peut-être dans le futur", explique Yves Lévy. "En France, nous avons dans certains domaines fait des progrès considérables, grâce à des plans gouvernementaux, notamment dans le domaine du cancer", domaine dans lequel "tous les patients aujourd'hui ont un accès à ces diagnostics pour avoir un traitement ciblé." "Mais on a aussi un retard technologique dans la mise en place de ces approches sur l'ensemble du génome, pas simplement sur des petites parties du génome, pour l'ensemble des autres pathologies", constate-t-il.

Le rapport remis au Premier ministre le 22 juin 2016 identifie donc plusieurs enjeux. Tout d'abord, un enjeu de santé publique. "Il faut que les maladies rares, les déficits intellectuels par exemple chez les enfants, ou même les maladies communes puissent avoir accès" aux progrès réalisés dans le domaine du cancer. Un enjeu économique ensuite, "considérable". Enfin, un enjeu de compétition internationale, sur le plan de la recherche et du soin.

Yves Lévy détaille ensuite les principes qui ont guidé la rédaction du rapport France médecine génomique 2025 : une équité au niveau du territoire pour avoir accès au diagnostic génétique ; être capable d'accumuler ces données, de manière sécurisée et dans le respect des conditions éthiques, et d'en tirer des données pour la recherche ; impliquer les industriels et mettre en place un modèle économique allant du soin jusqu'aux industriels. "Le plan est assez simple, il part de ces principes", poursuit Yves Lévy, et propose donc de "mettre en place des plateformes de séquençage sur l'ensemble du territoire, pour que chacun puisse y avoir accès ;  de collecter ces données générées pour avoir un système centralisé, qui nous permette d'avoir cette masse d'informations ; d'assurer la pérennité du système, ce qui veut dire avoir des centres de référence qui surveillent ce que nous faisons et qui permettent d'intégrer au fur et à mesure les évolutions technologiques."