15 juin 2016 - Vidéo
Contenu publié sous le Gouvernement Valls III du 11 Février 2016 au 06 Décembre 2016

Lutte contre le terrorisme : "Il faut une mobilisation de toute la société"

Manuel Valls était l’invité de France Inter, le 15 juin 2016. Le Premier ministre a réaffirmé la volonté du Gouvernement de mener à terme l’adoption du projet de loi Travail. Déplorant les violences qui ont entaché la manifestation du 14 juin, il a déclaré que le Gouvernement prendrait ses responsabilités pour éviter dorénavant ces violences. Le Premier ministre a également rappelé la détermination du Gouvernement dans la lutte contre le terrorisme, après l’assassinat de deux fonctionnaires de police à Magnanville.
Interrogé sur le meurtre du couple de policiers à Magnanville, Manuel Valls a tout d’abord exprimé  "une pensée […] pour la famille, les proches, les collègues" des deux victimes. "Je ne laisserai pas dire qu’il y a eu, de la part de nos forces chargées de la lutte contre le terrorisme, la moindre négligence, ni le moindre manque de discernement", a-t-il ensuite déclaré, réaffirmant sa confiance et celle du Gouvernement envers les forces de l'ordre et rappelant "la difficulté de leur tâche".
 
Face à cet "ennemi intérieur, (...) ces individus radicalisés, auto-radicalisés, en prison, sur internet, et qui peuvent agir avec très peu de moyens […], il faut non seulement mettre tous les moyens au service de la police, de la gendarmerie, de nos forces armées, de la justice, c’est ce que nous faisons, mais il faut une mobilisation de toute la société, il faut comprendre aussi tous ces phénomènes de radicalisation. Il faut agir, c’est ce que fait le Gouvernement", a-t-il déclaré. Le Premier ministre a rappelé les mesures mises en place dans le cadre des lois contre le crime organisé et le terrorisme : la perpétuité réelle contre les auteurs de crime terroriste, le suivi socio-judiciaire des condamnés et le contrôle sous bracelet électronique, ou encore le contrôle administratif des individus de retour des théâtres d’opérations terroristes comprenant une période d’assignation à résidence et une possibilité d’intégrer un centre de déradicalisation.
 
Interrogé également sur le projet de loi Travail, le Premier ministre a réaffirmé "la détermination du Gouvernement à faire adopter ce texte".  "Le Gouvernement ne changera pas un texte qui est [le fruit d'un] compromis avec les syndicats réformistes", a-t-il expliqué. Manuel Valls a rappelé la modernité du projet de loi qui permet d’entamer une nouvelle étape du dialogue social en faveur des entreprises et des salariés. Ce texte "décentralise le dialogue social". Il fait porter le débat sur "l’idée du dialogue social dans la société française", et plus spécifiquement sur un "vrai débat […] et une vraie clarification sur ce qu’est au fond le dialogue social au sein de l’entreprise". "Ce texte est vraiment moderne et il donne plus de moyens, plus de droits pour les syndicats au sein même de l’entreprise", a-t-il déclaré. Il "est bon pour les entreprises, (...) bon pour les salariés, [il] crée des nouveaux droits avec le compte personnel d’activité, [et] permet le dialogue social dans l’entreprise". "C’est un texte qui encore une fois répond à l’intérêt général", a-t-il conclu.
 
Le Premier ministre a en outre estimé "qu’en marge de ces manifestations, la violence a pris un tour tout à fait insupportable". "Ces manifestations ne peuvent plus durer ainsi, et j’en appelle à la responsabilité d’un syndicat, la CGT qui, hier, à l’évidence était débordée", a-t-il constaté. "On ne peut plus avoir ce spectacle désolant, cette fuite en avant, cette absence de contrôle des syndicats, des organisateurs de cette manifestation sur leurs propres manifestants", a-t-il déploré. "Je demande à la CGT de ne plus organiser ce type de manifestation sur Paris, et au cas par cas,  – car vous savez, on ne peut pas prononcer une interdiction générale – nous prendrons, nous, nos responsabilités", a déclaré le Premier ministre.