23 mars 2016 - Vidéo

"L’Europe a été attaquée parce que c’est l’Europe, donc la réponse doit être européenne"

Manuel Valls était l’invité de la matinale d’Europe 1, mercredi 23 mars, au lendemain des attentats terroristes qui ont frappé Bruxelles. Le Premier ministre a appelé à nouveau à une réponse européenne face à la menace terroriste, et notamment au vote rapide du PNR européen, fichier de données qui permet de suivre le déplacement des passagers aériens.
"Il faut être lucide, mobilisé face à cette menace, face au terrorisme. C’est une guerre que le terrorisme nous a déclarée, pas seulement à la France, pas seulement à l’Europe mais à des valeurs universelles, au monde", a expliqué Manuel Valls au micro d’Europe 1, mercredi 23 mars. "Donc c’est le monde entier qui doit réagir face à ce terrorisme, c’est ce que nous faisons", a-t-il affirmé.

Évoquant "un combat de très longue haleine avec les armes de l’État de droit, de la liberté mais avec une très grande détermination", le Premier ministre a rappelé que ce terrorisme "veut détruire ce que nous sommes, notre mode de vie, les attaques à Paris comme à Bruxelles, s’attaquent tout simplement de manière anonyme à ce que nous sommes, à des gens qui sont à des terrasses de café, qui prennent l’avion, qui prennent le métro et c’est pour cela qu’il faut réagir encore une fois en mobilisant tous les moyens, ce que nous faisons, il n’y a pas de risque zéro mais il faut continuer cette mobilisation".

Des moyens renforcés pour assurer la sécurité des Français

"Nous n’avons jamais fait autant, je veux le dire, pour protéger les Français en termes de moyens pour la police, la gendarmerie, les forces armées, les services de renseignement pour mobiliser, pour protéger, pour nous donner aussi les moyens technologiques du renseignement", a expliqué Manuel Valls. Le Premier ministre a rappelé qu’à ce jour, une trentaine de personnes ont été identifiées comme liées aux attentats de Paris, parmi lesquelles 11 sont décédées et 12 ont été incarcérées.  

"La menace devant laquelle nous sommes est d’une ampleur inégalée et c’est pour cela que les moyens et la réponse que nous devons apporter au niveau français, au niveau national comme au niveau européen doit être à la hauteur de cette menace." En France particulièrement, "les moyens que nous devons mettre pour notre sécurité, pour soutenir les forces de police, de gendarmerie, nos forces armées, le renseignement sont des moyens dans la durée qu’il faudra conforter quelle que soit la majorité, quel que soit le gouvernement", a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a par ailleurs confirmé que l’Euro 2016, comme le tour de France ou d’autres grandes manifestations auront lieu, et que "le ministre de l’Intérieur, évidemment, avec l’ensemble des forces de sécurité, veillera et veille à la sécurité de nos compatriotes à l’occasion de cette belle et utile manifestation sportive." "Les grands événements sportifs, les grands événements culturels, les grands événements populaires sont indispensables, pour montrer que nous sommes un peuple libre, debout, que nous n’avons pas peur, que nous savons que nous faisons face à une menace terroriste."

Une réponse européenne indispensable

Le Premier ministre a de nouveau appelé à l’adoption d’un passenger name record (PNR) européen, un fichier de données qui permet de suivre le déplacement des passagers aériens. "Le Parlement européen a trop tardé à adopter ce texte, il doit l’examiner et le voter en avril, il est temps, il faut aller vite."

Manuel Valls a également affirmé qu’il y a urgence à renforcer le contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne. "Ce sont les propositions françaises depuis des mois." "Il y a enfin urgence à ce que plus personne ne puisse passer avec des faux papiers, parce que nous savons que Daesh a volé de grandes quantités de passeports en Syrie, cela suppose que les fichiers soient parfaitement vérifiés, recoupés. Là aussi, la France a pris ses responsabilités et fait des propositions. Donc, il faut avancer, pas uniquement sur le PNR, mais sur l’ensemble des moyens pour lutter contre le terrorisme."

L’Europe "a été attaquée parce que c’est l’Europe, donc la réponse doit être européenne. Aujourd'hui, la Belgique et la France sont plus que jamais unies face au terrorisme."