28 janvier 2016 - Discours
Contenu publié sous le Gouvernement Valls II du 26 Août 2014 au 10 Février 2016

Vœux à la presse

"La France est attachée profondément à la liberté de la presse, et donc à l’indépendance des médias, dans un monde qui – là aussi – est bouleversé par la révolution numérique."
Seul le prononcé fait foi



Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les journalistes
Et je n’oublie pas, parce que je ne les salue pas toujours, les photographes.

Bienvenue à vous toutes et vous tous pour ce rendez-vous, bien sûr, traditionnel.

A vous entendre, cher président SPORTOUCH, puisque vous êtes en quelque sorte, ici, le président des journalistes, je vois que vous avez une qualité, parmi d’autres… la constance.
 
La constance du journaliste, c’est de poser des questions - toutes les questions - avec une certaine… comment dire… une certaine constance.
 
La constance du politique, c’est… d’y répondre avec, je dois l’avouer… une même constance. Je vais m’y employer tout en dressant les grandes lignes de l’action gouvernementale pour l’année qui s’annonce. Qui s’annonce, pas seulement "compliquée", comme j’ai pu l’entendre ou le lire, mais - je le crois profondément – passionnante. Bien sûr, difficile, passionnante, mais ambitieuse pour la France et les Français.

 
Deux principes doivent nous guider, deux principes guident mon action : la cohérence et l’efficacité.
 
Cohérence d’une équipe gouvernementale rassemblée autour d’une seule ligne, celle qui est tracée par le président de la République. La cohérence, ce n’est pas étouffer les débats - c’est impossible, en France et encore davantage à gauche.
 
Ce n’est pas étouffer les débats, la discussion, la confrontation ; la cohérence, c’est partager l’exigence et la solidarité.
 
Je sais qu’hier, toutes les  rédactions ont connu l’effervescence à  l’annonce du départ de Christiane TAUBIRA et de l’arrivée de Jean-Jacques URVOAS.

Je veux saluer ici l’opiniâtreté et le parcours de Christiane TAUBIRA. Elle a mené un combat pour cette grande avancée qui a été le mariage pour les couples de même sexe. Elle a su engager des réformes pour la justice, souvent attaquée, mise en cause, insultée même de manière insupportable. Elle est toujours restée digne, et a toujours reçu, bien sûr, naturellement, notre soutien, celui du président de la République, le mien et de l’ensemble du Gouvernement.
 
Nous nous sommes vus, samedi dernier, elle et moi, et nous avons convenu que nous allions - contrairement à ce qui a souvent été dit -, bien travailler ensemble. Je connais les oppositions naturelles, classiques, entre par exemple le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice ; mais nous avons bien travaillé ensemble. Et depuis que je suis Premier ministre, à chaque fois que j’ai rendu des arbitrages, nous l’avons fait en très bonne intelligence - avec elle, comme avec les autres ministres.
 
Et puis, je partage avec elle le goût de la littérature, les concerts, l’opéra, le ballet ; et pour parler aussi tout simplement de la sève de la vie, c'est-à-dire la culture.
 
Elle va manquer, bien sûr, au Gouvernement. Mais la cohérence exigeait qu’à partir du moment où il y a un désaccord sur une réforme, sur une révision constitutionnelle, chacun - je dis bien chacun - en tire les conséquences.
 
Dans le débat qui s’ouvre sur la révision constitutionnelle, au Parlement, au moment où nous parlons, au sein de la Commission des lois de l’Assemblée nationale, je sais pouvoir compter sur le professionnalisme, la force de conviction, l’exigence, le caractère de Jean-Jacques URVOAS. Je le connais bien. Nous nous connaissons depuis très longtemps. Mais je sais qu’il est particulièrement soucieux et sourcilleux sur son indépendance, et sur l’idée qu’il se fait du rôle du ministère de la Justice - de son propre rôle comme Garde des sceaux.
 
Et je sais compter également sur sa détermination pour poursuivre les réformes de la Justice ; mais aussi – cela me paraît important – redonner confiance à ce ministère, redonner confiance à la Justice de notre pays, redonner confiance aux magistrats, redonner confiance à tous ceux qui font vivre ce ministère régalien - indispensable pour que les règles, les lois soient mises en œuvre.

 
La cohérence gouvernementale n’est pas une affaire de discipline, mais de responsabilité… de responsabilité, surtout dans ces moments difficiles pour le pays. C’est la condition même de l’efficacité. Et nous la devons, cette efficacité, aux Français pour leur avenir - c’est donc normal qu’ils nous questionnent sur les résultats de l’efficacité.
 
Notre avenir à tous, même si j’ai cru comprendre, cher Benjamin SPORTOUCH, que vous vous préoccupiez surtout du mien… Notre avenir à tous, c’est ce qui me préoccupe.
 
 
Je vous répondrai - n’y voyez pas là un réflexe politique… "primaire" -, en vous parlant d’abord de votre avenir… pas au sein de la rédaction de RTL - ça ne dépend pas de moi - mais de votre avenir, et celui de tous vos confrères et consœurs journalistes.

La France - plus que jamais - est attachée à la liberté de la presse. En un an, vous l’avez rappelé, 110 journalistes ont été tués dans le monde. Et avec Charlie Hebdo, notre pays a été parmi les trois pays les plus touchés. Ce qui marque - Reporters Sans Frontières l’a souligné - une inversion de tendance. La majorité des journalistes ont été tués dans des pays a priori en paix - et non plus, comme les années précédentes, dans des zones de conflits.
 
Ceci souligne bien que nous avons changé d’époque, que nous avons changé de monde, que la menace du terrorisme, et du terrorisme islamiste notamment, qui nous a frappés si durement en janvier et novembre, est là pour durer.
 
Face aux attaques, la France a tenu bon, une fois encore, la force de son peuple, son courage, son caractère, son âme se sont révélés dans l’épreuve. Et nous devons tous, ici, responsables politiques, journalistes, je le sais, dans nos comportements et dans nos commentaires, être à la hauteur de ce message que nous ont envoyé nos compatriotes.
 
 
La France est attachée profondément à la liberté de la presse, et donc à l’indépendance des médias, dans un monde qui – là aussi – est bouleversé par la révolution numérique.
 
Une proposition de loi sera discutée au Parlement dans les prochaines semaines pour mieux protéger les journalistes contre les pressions économiques. Nous soutenons cette initiative. Et je mesure votre impatience sur la réforme du secret des sources. J’y suis favorable, vous le savez, dès lors que l’équilibre entre liberté de la presse et sécurité de nos concitoyens est préservé.
 
Cet équilibre, nous l’avons construit dans le cadre d’un projet de loi pour lequel beaucoup d’entre vous ont œuvré. Oui, et je le regrette, le calendrier parlementaire n’a pas été celui que nous  avions prévu :  l’actualité a  bousculé l’agenda. Mais  le  gouvernement est  prêt,  et  il poursuivra le débat entamé avec les parlementaires pour parvenir à une rédaction aboutie - et le plus rapidement possible.
 
Quant à la directive européenne sur le secret des affaires, je sais le combat que vous avez mené - avec succès ! -, pour en infléchir la rédaction. Et je ne doute pas que vous exercerez la même vigilance et la même constance au moment de sa transposition dans notre droit…
 
Sur l’état d’urgence, enfin : votre activité – j’en fais l’expérience en découvrant la presse chaque matin ou chaque après-midi, en vous écoutant, en vous regardant – montre bien que l’état d’urgence n’est pas un outil pour vous bâillonner. Et vous avez eu raison de rappeler que, en révisant la loi de 1955, nous avons supprimé les dispositions relatives à la censure.
 
L’état d’urgence ne vise pas plus à empêcher nos concitoyens de manifester, comme cette semaine ou encore ces jours-ci, où nous avons entendu les taxis, les agriculteurs, les fonctionnaires… qui, chacun, à leur manière, expriment des inquiétudes, des aspirations - notamment avec les changements que leurs professions subissent dans un monde ouvert, globalisé. Bien sûr, aucune violence n’est acceptable. Mais le Gouvernement est toujours là pour trouver les réponses qui s’imposent, des réponses sur des sujets qui sont particulièrement complexes.
 

Vous êtes préoccupé, cher Benjamin SPORTOUCH, par mon avenir… Je vous en remercie. Vous pensez que les Français sont friands des coulisses du pouvoir. Soit.
 
Mais je pense surtout, et très sérieusement, que l’année qui vient de s’écouler a marqué un profond basculement. Bien sûr, il y a des sujets, des analyses, des statistiques qui peuvent aussi nous donner de l’optimisme, et il faut de l’optimisme. Mais cette année a rappelé que l’histoire pouvait être de nouveau tragique. Les défis sont là, pas derrière nous, devant nous : l’urgence climatique - et je veux cependant saluer et rappeler le succès de la COP21, grâce à l’action de la France, du président de la République, du chef de notre diplomatie, Laurent FABIUS. Il y a la crise des réfugiés, la montée des intégrismes, le risque de délitement, d’implosion du projet européen sous les coups de boutoir des populismes et des égoïsmes.
 
Sans doute l’Europe est confrontée à son rendez-vous le plus important depuis la dernière guerre mondiale, c’est-à-dire depuis ce qui a amené à la construction de cette Europe unie sur la base de la réconciliation entre la France et l’Allemagne - d’un projet profondément démocratique, qui a permis d’accueillir, d’abord, les pays du Sud, qui sortaient de la dictature, les pays de l’Est, ensuite, qui sortaient du joug stalinien ; qui a permis de créer un espace économique, une monnaie commune, une circulation des biens, mais surtout des citoyens dans l’Union européenne.
 
Or, on voit bien que, avec la menace terroriste, la crise des réfugiés - et pas seulement en Allemagne -, les risques de séparatisme - on pense à la Catalogne ou à l’Ecosse -, aux tensions entre les pays du Nord ou de l’Est, avec les pays du Sud, l’Europe est confrontée à un défi majeur. Et de ce point de vue-là, vous le savez, la parole de la France sera tout à fait essentielle. Face à ces défis, je vous répondrai avec constance - comme je l’ai fait d’ailleurs l’an dernier : dans un tel contexte, plus que jamais, c’est l’avenir de la France qui me préoccupe. Pas l’avenir de la gauche, pas l’avenir des jeux de pouvoirs que je connais, bien sûr, et que vous devez, vous, analyser. Ce qui me préoccupe fondamentalement, c’est l’avenir de mon pays.
 
Et préparer la France de demain, au-delà des échéances qui nous attendent, c’est assurer, dès aujourd’hui - c’est bien sûr notre priorité -, la sécurité des Français.
 
En continuant de frapper Daesh dans ses bastions en Irak et en Syrie. Le rôle de la France, c’est d’employer la force jusqu’à l’anéantissement de ceux qui nous ont déclaré la guerre - parce que nous sommes dans une guerre. C’est aussi de parler à tous les acteurs de la région. Et la force de la diplomatie française, c’est l’engagement du président de la République, c’est d’être capable de parler à tous, de tenir le même langage à chacun - dans un Proche et en Moyen- Orient  particulièrement  instables,  confrontés  aux  tensions  entre  sunnites  et  chiites,  entre l’Arabie Saoudite et l’Iran.
 
La France se bat au Levant. Elle se bat au Sahel. Elle se bat à l’échelle de l’Union européenne, pour la mise en place de contrôles systématiques aux frontières de Schengen - et la présence, hier, du ministre de l’Intérieur, Bernard CAZENEUVE, au Conseil des ministres de la République fédérale allemande, était un beau symbole. Nous recevrons, aussi, Thomas de MAIZIERE dans notre Conseil des ministres.
 
La France se bat sur son sol, sur son propre sol, contre toutes ces mécaniques de radicalisation, auxquelles des milliers de nos jeunes sont exposés. C’est un défi, là aussi, considérable : c’est l’affaire d’une génération.

Et certains, vous le savez, par centaines, franchissant le pas, décidant de partir se battre, retournant les armes contre leurs propres compatriotes. La France se bat contre le djihadisme.
 
L’état d’urgence a permis des résultats, mais il faut du temps pour faire pleinement aboutir le travail des services de sécurité. Un projet de loi sera donc soumis au Parlement, au Sénat : d’abord, le 9 février, afin de proroger l’état d’urgence pour trois mois.
 
Mais cet état d’urgence n’a pas vocation à durer. Il est d’ailleurs placé sous un contrôle exceptionnel : pas seulement de la presse, pas seulement des contre-pouvoirs, mais, surtout, du Parlement.
 
Nous voulons aussi agir pour adapter notre droit.
 
Avec le projet de loi pénale, qui sera adopté par le Conseil des ministres mercredi prochain, qui a été préparé par Christiane TAUBIRA, pleinement, en lien, bien sûr, pour les parties qui les concernaient, avec Bernard CAZENEUVE et Michel SAPIN.
 
Nous nous donnons des moyens qui renforcent nos autorités administratives et judiciaires : pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé, avec la révision constitutionnelle que le ministre de la Justice et moi-même défendrons au Parlement, pour inscrire l’état d’urgence dans notre constitution, et pour donner à la déchéance de nationalité – le président de la République s’y est engagé solennellement – toute sa force symbolique. Oui, cette parole est d’or.
 
Je veux vous dire quelque chose que je crois profondément : entre le 13 novembre et le 21 novembre, non seulement nous avons changé d’époque, mais nous aurions pu connaître un autre sort que celui qui, heureusement, s’est imposé. Après ces attentats – cent trente morts, des centaines de blessés – j’ai eu profondément le sentiment pendant le week-end du 14 et 15 novembre que le pays pouvait basculer. Pas seulement parce qu’il y avait des élections régionales trois semaines après, mais parce qu’on voyait bien que nous subissions ce choc que je redoutais - que nous étions nombreux à redouter.
 
D’ailleurs, nous avions averti, alerté, parfois sans être entendus, que cela pouvait se reproduire, que nous pouvions connaître un attentat de masse. J’ai eu avec le président de la République, avec  Bernard  CAZENEUVE,  avec  Christiane  TAUBIRA,  le  sentiment  que  tout  pouvait basculer à ce moment-là. C’est pour ça que le président de la République a convoqué un Congrès, qu’il a reçu le dimanche l’ensemble des formations politiques, et qu’il a créé les conditions - qui n’étaient pas évidentes, qui n’allaient pas de soi – d’imposer cette union : par son discours ; par les moyens donnés, bien sûr, aux forces de l’ordre, aux forces de sécurité, à nos armées et à la justice ; mais aussi par ses propositions et par la révision constitutionnelle.
 
Cette union n’allait pas de soi, à voir les déclarations d’un certain nombre de responsables politiques le dimanche même. Elle n’allait pas de soi - rappelez-vous de ce qui s’est passé à l’occasion de la séance de questions au Gouvernement le mardi suivant. Mais les Français ont imposé cette union, et cette union a été rendue possible par le serment – j’ai utilisé ce mot – que le président de la République a passé avec les représentants de la Nation, c'est-à-dire avec les Français eux-mêmes. Le mardi, le texte concernant la mise en œuvre de l’état d’urgence, sa progression, a été adopté par le Conseil d’Etat, le mercredi par le Conseil des ministres, le jeudi par l’Assemblée nationale. Le Sénat, en des termes identiques, a également voté ce texte de loi que je présentais. Il a été promulgué le lendemain.

En une semaine – en une semaine – le président de la République, le Gouvernement, les parlementaires dans leur immense majorité, ont trouvé les mots justes, les mots forts dont notre pays avait besoin pour son unité. Et cette unité, nous devons la préserver.
 
Dans mon for intérieur, je pense qu’elle est préservée. Elle est préservée parce que les Français souhaitent qu’on la préserve. Il est important que chaque responsable politique – c’est vrai pour les ministres, c’est vrai pour les parlementaires – se rappelle les conditions de l’annonce de cette réforme constitutionnelle - ce qui ne veut pas dire qu’il ne peut pas y avoir des modifications.
 
Dans une période qui met notre société à rude épreuve, il est urgent de redire ce qui fait la France, ce qui fait notre unité nationale. Etre Français, c’est adhérer aux valeurs qui fondent notre République. Ceux qui portent atteinte à ces valeurs, qui déchirent ce contrat qui nous lie tous,  alors  oui,  ceux-là  ne  méritent  pas  d’appartenir  à  la  communauté  nationale.  Les événements que nous avons connus en 2015 nous amènent à élargir cette possibilité de déchéance qui se situe - je le rappelais hier devant la Commission des lois de l’Assemblée nationale -, dans une tradition républicaine française.
 
J’insiste sur cette idée d’unité nationale en soulignant que nous devons être attentifs à toute tentation de revenir avant. Nous sommes sortis d’une forme d’insouciance. J’avais dit à des lycéens de Seine-et-Marne en janvier dernier, il y a un an, que leur génération allait vivre longtemps avec le terrorisme. Cela m’avait été reproché. Nous sommes de nouveau dans une guerre. Nous vivons avec une guerre différente : une guerre dans notre vie quotidienne. C’est tout le paradoxe, et c’est ce qui change des autres conflits que nous avons connus au XXème siècle : nous sommes en paix et, en même temps, nous sommes en guerre.
 
Le  courage, la  lucidité,  le  rôle  -  en  tout  cas  si  je  veux  être  davantage modeste –  d’un responsable politique c’est de le dire et d’affronter cette réalité ; même si chacun – les Français qui veulent consommer, qui veulent vivre, qui veulent se préoccuper d’abord de l’avenir, de leur emploi, de leurs enfants, de leurs petits-enfants, mais vous aussi, journalistes – chacun doit bien se rendre compte que nous avons changé d’époque. Et ce même si notre réponse, c’est la démocratie, la confrontation des idées et l’Etat de droit - à un niveau qui doit être exceptionnel par rapport à ce que nous connaissons.
 
 
Une réforme constitutionnelle, monsieur le Président, c’est un moment important. C’est un moment de réflexion, toujours en cours. Il y a des débats à gauche et à droite. Et alors ? C’est le moment des clarifications - c’est normal et c’est un débat qui est digne. On dit : "Le débat dure trop longtemps, ça n’intéresse pas les Français". Mais enfin ! Ce sont des symboles. C’est la Constitution que l’on change. Donc ce sont des sujets qui méritent approfondissement et débat. Et donc, pas de faux débat : il ne s’agit pas de faire une différence entre Français. Il s’agit de sanctionner  des  terroristes  qui  s’en  prennent  à  la  communauté  nationale,  aux  intérêts fondamentaux de la Nation. Nous travaillons à appliquer les mêmes sanctions aux personnes condamnées pour les atteintes graves à la vie de la Nation, qu’elles soient naturalisées ou nées Françaises, et à mettre en place un régime global de sanctions comprenant, à côté de la déchéance de la nationalité, la déchéance de droits pour les Français qui n’ont, par exemple, pas d’autre nationalité.

Je n’ai qu’un objectif - d’où la proposition que j’ai faite hier, qui amène à un amendement du Gouvernement qui sera discuté en Commission des lois aujourd'hui à l’Assemblée. Cet objectif, c’est de rassembler le plus largement possible. Je suis convaincu que les Français se rassembleront autour de cet objectif, au-delà des clivages. Faisons vivre cette exigence d’unité. C'est aussi ce nouveau patriotisme - celui qui s’est exprimé si fortement dans les rues - qui ne doit plus jamais retomber : cet amour de la République qu’on a ressenti le 11 janvier 2015 ; cet amour de la Nation, de ces symboles, nos couleurs, l’hymne national, notre devise, chantés, proclamés, rappelés pas seulement à Paris ou en France, mais partout dans le monde.
 
Ce que je retiens aussi de 2015 et des élections régionales – vous l’évoquiez –, c’est bien sûr l’alerte maximale quant à la montée de l’extrême droite. Mais tous les facteurs - le terreau, comme on dit -, sont là : pas seulement en France, mais partout. La confusion entre la menace terroriste et la crise des réfugiés crée des opportunités, malheureusement, pour l’extrême droite. C’est en effet le combat d’une vie ; en tout cas, c’est mon combat, parce que je veux convaincre mes compatriotes que ce n’est pas la voie qu’il faut choisir.
 
Mais je sais aussi que c’est par l’efficacité de nos politiques publiques que nous pourrons convaincre nos concitoyens.
 
Ce que je  retiens aussi  de  cette année 2015  et  du scrutin des  élections régionales, c’est également ce formidable sursaut républicain, où chacun a pris sa place – chacun.
 
La gauche - contrairement d’ailleurs à certains pronostics - a quand même gardé cinq régions dans l’Hexagone. Je le sais, nous avons perdu trois régions, parce que nous avons décidé de nous retirer dans deux d’entre elles, et d’appeler à voter aussi pour le candidat qui représentait le camp républicain dans la troisième. C’est tout à notre honneur.
 
Je retiens ce sursaut, où chacun a pris sa place, y compris la presse. Je pense notamment aux choix qui sont été ceux de La Voix du Nord et de Nord Eclair.
 
 
Préparer l’avenir de notre pays, c’est aussi retrouver le chemin de la croissance bien sûr, pour faire reculer ce chômage de masse auquel notre société a fini par s’habituer – même si on ne s’habitue jamais à cela – avec son lot de frustrations, d’amertume, de détresse, de précarité, de pauvreté.
 
La cohérence du Pacte de responsabilité et de solidarité, de la loi Croissance, du crédit impôt recherche, qui stimule l’investissement, l’innovation industrielle, la croissance verte, qui soutient la révolution numérique, apporte des premiers résultats. Pour la première fois depuis 2011, nous créons à nouveau de la croissance – plus de 1 % en 2015, malgré un quatrième trimestre affecté par les attentats. La reprise va s’accélérer en 2016, malgré, reconnaissons-le, un contexte mondial qui est marqué aussi par un certain nombre d’inquiétudes.
 
C’est encore insuffisant ; les chiffres du chômage publiés hier le soulignent une nouvelle fois. Et donc il faut continuer à réformer sans relâche, à débloquer, à déverrouiller tout ce qui peut entraver les initiatives.
 

Pour  réussir  dans  le  domaine  de  l’emploi,  il  faut  une  mobilisation  de  tous :  l’Etat,  les entreprises,  puisque  ce  sont  les  entreprises  qui  créent  la  richesse  et  donc  l’emploi,  les partenaires sociaux, qui doivent pleinement assumer leurs responsabilités, les nouveaux présidents de région, que j’ai rencontrés ce mois-ci. Nous devons démontrer ensemble que nous sommes capables de travailler en bonne intelligence, quelle que soit notre sensibilité politique. Nous nous réunirons encore mardi prochain, ici même, et puis nous rencontrerons, à l’heure du déjeuner, le président de la République.
 
C’est aussi le sens du plan d’urgence présenté par le chef de l’Etat. Il vise à ce que chaque actif trouve sa place sur le marché du travail, grâce à l’apprentissage et à la formation. Il vise à encourager les TPE et les PME, c'est-à-dire celles qui créent de l’emploi dans notre pays, à embaucher.
 
 
Continuer à déverrouiller, c’est aussi réécrire le Code du travail en suivant l’immense travail, de très grande qualité, de la Commission Badinter, pour plus de souplesse ; et d’abord – pas seulement, mais d’abord – dans le domaine du temps de travail. C’est dans l’entreprise que les accords doivent plus que jamais se négocier, au plus près de la réalité du terrain.
 
Nous ne sommes pas déconnectés de la réalité ! Les Français le pensent, mais nous vivons avec cette réalité. Je suis moi-même un élu local – je vous disais tout à l'heure que souvent, en fin de semaine, je suis dans ma ville, dans la circonscription dont j’ai été le député. Nous parlons avec les  citoyens. Mais  le  pays  doit  se  réformer ;  et  je  suis  convaincu que  les  Français sont davantage favorables à la réforme que certaines élites ne le pensent.
 
Il y a une durée légale du travail, et les heures effectuées au-delà sont payées au moins 10 % de plus. Ce sont des principes qui d’ailleurs ont été rappelés par Robert BADINTER et les experts de toutes sensibilités politiques et juridiques de sa Commission. Ce principe doit s’imposer à tous. Mais au-delà, les entreprises et leurs salariés sont entièrement libres, dans le dialogue, d’organiser le temps de travail de la manière qui leur convient le mieux. C’est pour cela qu’il faut déverrouiller les accords majoritaires des syndicats. Et l’idée d’inscrire le référendum des salariés, présentée par Myriam EL KHOMRI, est une idée forte, moderne et qu’il faudra aujourd'hui, dans une démocratie sociale, imposer. C’est pour vous rassurer, cher Benjamin SPORTOUCH, sur le fait que nous faisons preuve toujours d’audace et de modernité.
 
 
Continuer à débloquer ce qui peut l’être, c’est enfin faire que nos entreprises soient à la pointe de ce qu’on appelle l’économie collaborative. Nous devons permettre aux jeunes pousses, aux entrepreneurs de mener leur projet à bien, en devenant indépendants plus facilement, puis en créant leur société, en embauchant leur premier salarié. Et nous développerons des sources de financement des nombreuses et talentueuses start-ups françaises.
 
Face à ces évolutions du travail, aux aspirations à plus de mobilité, de liberté, les droits sociaux doivent s’adapter. Ce sera notamment le rôle du compte personnel d’activité, mais pas seulement.
 
Moi je suis frappé, quand je rencontre les grands chefs d’entreprise du monde, et notamment les chefs d’entreprise américains, de voir à quel point ils saluent la qualité de nos ingénieurs, leur inventivité. Nous sommes, je crois, la deuxième communauté de la Silicon Valley ; et pourtant ces start-ups, ces jeunes pousses, n’arrivent pas ensuite à se développer suffisamment en France. Donc il faut faire évoluer et le droit du travail et la fiscalité pour que ces entreprises trouvent  pleinement,  dans  un  écosystème  particulièrement  favorable  de  notre  pays,  la possibilité de se développer.
 
Vous m’interrogez toujours – pas vous seulement –, avec là aussi constance, sur Emmanuel MACRON. Et ma réponse, c’est l’efficacité, celle de tout mon Gouvernement. Car ces mesures que je viens d’évoquer seront bien portées par Emmanuel MACRON, qui a lui-même proposé – et franchement j’essaie de vous le dire le plus sincèrement possible, mais je sais qu’il y a des idées ancrées – que les dispositions de la loi qu’il préparait, nouvelles opportunités économiques, qu’il aura l’occasion de présenter, soient, pour des raisons d’efficacité, intégrées dans d’autres lois, pour qu’on aille beaucoup plus vite ; puisque le temps parlementaire nous est compté. Dans la loi qui vient d’être adoptée en première lecture à une large majorité, la République numérique,  portée  par  Axelle  LEMAIRE ;  dans    la  loi  qui  porte  différentes dispositions économiques, que portera Michel SAPIN. Et bien sûr dans cette loi fondamentale qui sera portée par Myriam EL KHOMRI, mais avec le soutien également d’Emmanuel MACRON.
 
 
Vous savez, on n’est jamais "puni" quand on gouverne au service de la France. C’est une immense responsabilité que de gouverner la France. Et moi je me réjouis d’être à la tête d’un gouvernement fait de nombreux talents, tous complémentaires, avec des personnalités fortes qui ont la volonté de s’engager, de mettre notre pays en mouvement.
 
Moi j’ai toujours aimé travailler avec des personnalités fortes, j’ai tellement appris de Michel ROCARD et de Lionel JOSPIN, ici, tous les jours. Nous travaillons ensemble dans une très grande fluidité avec le président de la République, conscients des enjeux, et nous pensons, lui et moi, que chacun, aujourd'hui, doit mettre son talent, sa force, ses qualités politiques, humaines, personnelles, professionnelles, au service de la France.
 
Souvent, ce qui ne marche pas dans la vie politique, ce ne sont pas les sujets de fond ; c’est l’attitude personnelle de chacun. Il faut mettre de côté parfois un certain narcissisme, un certain égocentrisme – ça nous arrive à tous – pour se consacrer essentiellement à l’intérêt général.
 
Mais d’une manière générale, et je partage cela profondément avec Emmanuel MACRON, comme avec d’autres, la gauche au pouvoir est confrontée au réel, à l’exercice du pouvoir. J’avais d’ailleurs consacré un livre à cette question du pouvoir. Et parce qu’elle gouverne dans une période particulièrement difficile, elle doit tenir. Il y a toujours la tentation de partir, il y a toujours la tentation de fuir ses responsabilités quand c’est difficile ; elle doit résister. Et résister au cours des choses pour tracer sa voie, résister, aujourd'hui, ce n’est pas proclamer, ce n’est pas faire des discours ; résister, c’est se confronter à la réalité du pays. Et je pense que dans ce moment-là, la gauche qui gouverne est utile au pays. Et je pense même que dans ce moment-là, et je le dis sans aucune forme de sectarisme, bien au contraire, la France a besoin de la gauche. Et d’une certaine manière, heureusement, face à ces crises, à ces tensions, heureusement que c’est la gauche qui gouverne la France, qu’on l’appelle sociale-libérale, sociale-réformiste. Moi je suis réformiste, je suis libéral, je suis social, je suis de gauche et je suis français et républicain. Au fond, peu importent les étiquettes ; confrontés à la réalité du pouvoir, nous faisons en sorte que le pays prépare davantage l’avenir.

La fonction de Premier ministre est passionnante, exigeante. Il ne s’agit pas de savoir si on est, selon   les   jours   "effacé",   respectueux   toujours   des   institutions,   ou   au   contraire "omniprésent". Ce qui compte, c’est d’agir, d’assumer la charge du moment. Les petits débats, les joutes politiciennes – même si j’aime la confrontation –, je le sais plus que jamais, avec cette année qui s’est écoulée, notamment depuis mon discours du 13 janvier : ces petits débats, je vous le dis très sincèrement, ce n’est pas mon sujet. Ma responsabilité, c’est la lucidité sur l’état de notre société, sur ses douleurs, ses colères, ses fractures, ses remises en cause, comme c’est le cas trop fréquemment de la laïcité. Vous le savez : je reste préoccupé par les remises en question fortes de la laïcité.
 
Et face à cela, il n’y a qu’une voie : faire vivre ces valeurs qui nous rassemblent tous, qui font notre cohésion face à la montée des communautarismes et des demandes qui mettent en cause la République elle-même.
 
 
L’année dernière, devant vous, j’avais utilisé un terme, "apartheid" - qui avait fait couler beaucoup d’encre. Je l’avais utilisé pour faire que nous nous attaquions de front aux inégalités, pas pour chercher la moindre excuse. Et je vous disais, il y a un instant, combien j’avais été passionné par la lecture de l’un de vos confrères, Jean BIRNBAUM, sur le rapport entre la religion et la gauche. Car nos sociétés – nous l’avons trop souvent oublié – ont besoin de sacré, ont besoin de mythes - et parfois malheureusement, nous le voyons bien avec ces jeunes djihadistes, de mythes de mort.
 
Mais nous savons aussi qu’il y a des fractures dans la société française, qu’elles existent. Les inégalités subies, d’abord, par ceux qui ne peuvent pas choisir où ils veulent habiter. La concentration de la pauvreté dans le même territoire – et je le sais, comme élu d’Evry – même si elles peuvent nourrir la rage de vaincre et aussi l’envie de s’en sortir : parce qu’il y a également des talents incroyables, dans notre société – peut nourrir un sentiment d’abandon et de défiance, vous l’évoquiez.
 
Alors il faut agir pour qu’il y ait plus de logements sociaux, pour qu’ils soient mieux répartis. C’est maintenant aux élus, aux professionnels de se saisir des outils disponibles ; l’Etat doit veiller, pour sa part, à appliquer l’ensemble des lois de la République, notamment la loi SRU, partout, y compris en contraignant les communes récalcitrantes. Je m’y engagerai personnellement.
 
Le projet de loi "Egalité et Citoyenneté", qui sera débattu au printemps, nous donnera des moyens d’agir aussi pour favoriser l’engagement citoyen, suite aux propos du président de la République, il y a quelques jours.
 
 
Et puis, l’égalité – ce beau mot que j’utilise souvent, qui a déjà fait l’objet d’ailleurs de discours de ma part, mais dans le fracas que nous avons connu en 2015, ils ont peut-être été oubliés – c’est également combattre les discriminations dans les entreprises, dans la fonction publique, pour enrayer les mécanismes de reproduction sociale. Les discriminations sont des délits qui doivent être sévèrement punis.

Notre société dans son ensemble doit retrouver cette exigence collective d’ouverture, de bienveillance, qui est au cœur de notre idéal républicain. La presse, les médias ont bien évidemment – et je n’ai aucun conseil à vous donner – leur rôle à jouer.
 
La lutte contre la discrimination et ce que l’on appelle improprement – c’est un mot qui a perdu de son sens – la mixité sociale, c’est pour moi l’engagement d’une vie. Et c’est l’affaire d’une génération.
 
Depuis 2012, les inégalités ont baissé dans notre pays. De nouvelles mesures de progrès social sont entrées d’ailleurs en vigueur au 1er janvier, en matière de santé, avec une assurance maladie pleinement universelle, une mutuelle pour tous les salariés, et le compte pénibilité.
 
Peut-être que les Français ne le voient pas assez, mais c’est aussi ça, la marque d’un gouvernement de gauche, et profondément républicain. Et nous devons poursuivre, en matière d’emploi, et en matière d’éducation, parce que ça reste plus que jamais la grande priorité de ce quinquennat.
 
Mesdames et messieurs les journalistes,
Dans de très belles pages, Alexis de TOCQUEVILLE - un libéral - disait que la presse a "hâté les progrès de l’égalité", et a été "l’instrument démocratique de la liberté".
 
Cette formule résume parfaitement la mission qui est la vôtre : faire avancer les choses et les idées.
 
Nos démocraties ont infiniment besoin de la presse. Elle nous interpelle, en pariant sur l’intelligence, en développant – c’est peu de le dire – le sens critique.
 
Vous avez, me semble-t-il, aussi la mission et la volonté de parler de sujets positifs, des choses qui vont bien - et il y en a beaucoup ! J’ai encore vu à Davos, il y a quelques jours, combien les savoir-faire et les talents de la France étaient reconnus. Et c’est vrai : le regard du monde sur la France a changé, sans doute après la décision du président de la République d’intervenir au Mali, et, bien sûr, après la réponse que le peuple français, digne et mobilisé, a donnée après chaque attentat.
 
Mais aussi parce qu’il y a des réformes importantes que nous menons, parce qu’il y a des personnalités qui incarnent cette volonté de changement. Et donc nous devons être fiers.
 
Et je crois que cette question de la fierté, de notre unité, de l’appartenance à notre nation, a pris une importance particulière, je vous le disais, depuis un an. Etre Français, c’est moins partager un même passé - même s’il ne faut jamais l’oublier, et l’enseignement de ce passé, de cette mémoire sont bien sûr indispensables – que, d’abord, se donner un avenir commun.
 
Etre Français, c’est regarder dans la même direction, partager l’essentiel, retrouver un peu plus de confiance en nous-mêmes. Bien sûr qu’il y aura toujours une confrontation démocratique, bien sûr qu’il y a toujours ceux qui se réclament d’un camp conservateur ou d’un camp du progrès, qu’il y a une droite et une gauche ; mais beaucoup de ces étiquettes aujourd’hui évoluent, changent. Et on voit bien que dans chaque camp politique, il y a des confrontations

particulières. On voit bien – et je pense plus que jamais – que le parti qui doit s’imposer, c’est celui qui rassemble les Français, au-delà des origines.
 
Etre Français, ce n’est pas seulement un passeport, une carte d’identité - c’est au cœur du débat que nous avons -, ça n’a rien à voir d’ailleurs avec le droit du sol, avec le sang ou avec l’acquisition. Vous le savez, et je le rappelle souvent, je suis naturalisé. J’ai appris à aimer et à connaître ce pays grâce à mes parents, grâce à l’école de la République, grâce à l’engagement politique, et à mon rôle d’élu dans ces quartiers populaires.
 
Etre Français, ça n’est pas une couleur de peau. Etre Français, ça n’est pas une religion : c’est un amour pour notre art de vivre, pour nos valeurs, de liberté, de tolérance, de progrès, de respect de la laïcité - l’égalité femme/homme devant être un élément fondamental.
Etre Français, c’est la conviction qu’il nous faut affirmer ces valeurs, et les protéger coûte que coûte.
 
C’est la certitude qu’il ne tient qu’à nous de remettre sur pied notre économie et notre modèle social.
 
Et c’est une soif de plus de justice, de plus d’égalité pour tous, avec  bien sûr, des instruments nouveaux.
 
Je serai particulièrement heureux cet après-midi en étant à l’Académie française, en écoutant deux grands intellectuels qui font le débat dans notre pays : Alain FINKIELKRAUT et Pierre NORA. Nous avons besoin, aussi, de nous nourrir de la culture, des arts, de la musique - qui m’est chère, et vous savez bien pour quelle raison -, de la peinture, du théâtre, de la danse. C’est ça, la France, quelles que soient nos origines, et quel que soit notre niveau d’étude. C’est ça la France.
 
Et cet amour pour notre pays - c’est le vœu que je veux formuler - il ne cessera jamais de nous inspirer, de nous animer, de nous porter de toute sa force, pour l’année qui vient, comme pour celles qui viennent après.
 
Avec la même constance, avec la même liberté de ton, mais aussi, vous l’avez bien compris, avec le même amour et le même engagement pour la France, je vous donne rendez-vous l’année prochaine, et je vous souhaite à tous une très belle année 2016.
Discours du Premier ministre du 28 janvier 2016 Vœux à la presse