16 octobre 2015 - Discours
Contenu publié sous le Gouvernement Valls II du 26 Août 2014 au 10 Février 2016

Discours du Premier ministre - Inauguration du Mémorial du Camp de Rivesaltes

"Et si nous sommes rassemblés, c'est pour que la mémoire de ce mépris d'hier nous rappelle nos devoirs d'aujourd'hui et empêche la répétition de l’horreur, demain."
Mesdames, messieurs,
 
Garder toujours la mémoire en éveil, ne jamais laisser s'assoupir les consciences : voilà l'essence d'un mémorial. Et c'est l'engagement que nous prenons aujourd'hui, ici, à Rivesaltes, pas seulement pour nous-mêmes, mais aussi et d'abord pour les générations qui viendront.
 
Dorénavant, dans ce lieu magnifique, incroyable, plein d'émotions, chacun pourra se rappeler.
 
Chacun pourra se souvenir de celles et ceux qui ne sont plus.
 
Chacun pourra enfin prendre le temps de regarder en face ce qu'ont été les errements de notre passé, ce que furent ces vents infâmes de l'Histoire venus lacérer cette belle terre catalane.
 
Comment, en effet, ne pas voir dans ces briques, ces murs, ces baraques une synthèse, une sédimentation de tous les malheurs du siècle : conflits armés, dictatures, antisémitisme, racisme, fièvres et aveuglements des peuples !
 
Les hectares de ce plateau aride ont vu les souffrances, l'horreur, les drames se succéder comme un interminable relai.
 
D'abord, la guerre civile, dans l'Espagne voisine, avec l'arrivée de centaines de milliers de réfugiés.
 
La Retirada fut pour tous ces républicains une meurtrissure que rien ne put jamais guérir vraiment. Chassés par les troupes de Franco, par la dictature qui s'annonçait, ils durent se résoudre à abandonner leurs terres, à tout abandonner derrière eux. Ce choix qui brise les cœurs, ils l’ont fait au nom de ce qui pour eux n'avait pas de prix : la liberté, la démocratie, la République, dont certains portent ici les couleurs. Ils envoyaient alors un message d'une très grande force et d'une très grande pureté : on ne transige pas avec l'essentiel.
 
Le mémorial d'Argelès-sur-Mer, où j'étais en février dernier, rappelle, avec d'autres sites – je pense à Gurs – la douleur de se retrouver enfermé, déconsidéré dans ce pays, la France, dont ils attendaient un autre accueil après s'être tant battus pour la liberté.
 
Puis vint la Seconde Guerre mondiale et l'internement des suspects, des indésirables parce qu'étrangers, avant l'enfermement des Juifs, avant la déportation puis l'extermination.
 
On a interdit aux Tsiganes de vivre comme ils avaient toujours vécu. Ils voulaient voyager, on les a internés, attachés à un lieu. Ils étaient ici 1 300, venus d'Alsace-Moselle d’où ils avaient été expulsés par les nazis. Certains sont morts sur place, d'autres, nombreux, ont été exterminés loin d'ici. De cela, on en a trop peu parlé.
 
Ici fut aussi actionné un pan de cette mécanique effroyable de la destruction des Juifs d'Europe, après les rafles, les regroupements, les mauvais traitements. Neuf convois partirent entre août et octobre 1942 pour Drancy, étape avant les camps de la mort, avant l'enfer d’Auschwitz-Birkenau. Nous le savons grâce au travail acharné de Serge Klarsfeld. Là où nous nous trouvons, 2 313 destins ont été scellés, livrés sans état d'âme à l'appétit d'une sauvagerie dont la France – c'est un remord éternel – fut complice.
 
Mais je ne veux pas oublier non plus le rôle important des œuvres de ces organisations humanitaires, prises dans des contradictions mais voulant aider ceux qui souffraient. Et grâce à elles, grâce à Paul Corazzi qui sera fait Juste parmi les nations, beaucoup de sauvetages auront lieu, notamment des enfants.
 
Enfin la guerre d'Algérie qui, depuis l'autre rive de la Méditerranée, a charrié tant de déracinés. Ici les Harkis, après d'ailleurs les nationalistes algériens, se sont retrouvés comme au milieu de nulle part, ne comprenant pas pourquoi la France, pour qui ils s'étaient engagés, qui avait tant promis, détournait ainsi le regard, les abandonnait. 21 000 sont passés par Rivesaltes, supportant le fardeau d'une histoire qui les dépassait et même qui les écrasait.
 
Et je n'oublie pas ces tirailleurs guinéens qui échouèrent aussi ici, à Rivesaltes.
 
Ainsi, pendant plus de quatre décennies, des hommes, des femmes, des enfants se sont retrouvés pris au piège de ce camp, regroupés, parqués, humiliés, niés car considérés comme des indésirables, des ennemis, des étrangers dont on ne voulait pas.
 
Avec les ministres qui m'accompagnent, Najat Vallaud-Belkacem, Jean-Marc Todeschini, Ségolène Neuville, nous avons entendu les témoignages d'Antonio Cascarosa, de David Korn, de Fatima Besnaci-Lancou et bien d'autres. Ces témoignages valent mieux que tous les discours ; ils venaient du fond du cœur. D'autres paroles se sont libérées, comme si au fond la mémoire avait été enfouie et qu'il avait fallu attendre la construction de ce mémorial pour qu’une forme de soulagement puisse avoir lieu, pour que la parole se libère. C'était poignant et je crois que nous ne l'oublierons pas.
 
On se représente très bien, quand on connaît un peu la région – et en même temps, on a du mal à imaginer – ce qu'ont pu être les conditions de vie. En hiver, la tramontane qui gifle les visages et s'engouffre dans les baraquements. L’été, la chaleur insupportable, suffocante même. En permanence, l'hygiène précaire, voire inexistante, l'absence d'intimité et de dignité. La dignité : voilà ce qu'on voulait arracher aux personnes enfermées ici. Or, sans dignité, on n’est rien. Et cette dignité, nous voulons la leur rendre aujourd'hui, par cet hommage.
 
Imaginons un instant ces familles qui survivaient tant bien que mal, avec la faim, la maladie, la vermine, dans le dénuement le plus total. Elles étaient entassées les unes sur les autres. Imaginons ces femmes, ces hommes, lucides sur leur sort et donc rongés par les pires angoisses. Imaginons ces enfants pleurant de fatigue, terrorisés par ce qu'ils voyaient dans le regard des adultes. Imaginons cette mère ou ce père voyant leur enfant partir.
 
Le quotidien, ici, fut terrible, presque autant que ces euphémismes qui voulaient recouvrir la vérité d'un voile pudique : camps de rétention, camps d'internement, camps de regroupement. Pourtant, derrière ces expressions différentes, il y eut une même réalité : un camp d'exclusion, fait de mise à l'écart et de mépris total de l'humanité. Ce qui caractérisait ce lieu, ce n'est pas seulement le regroupement, c'est l'ordre du mépris qui régnait.
 
Et si nous sommes rassemblés, c'est pour que la mémoire de ce mépris d'hier nous rappelle nos devoirs d'aujourd'hui et empêche la répétition de l’horreur, demain.
 
Ce camp de Rivesaltes est là pour rappeler, pour dire haut et fort ce qui pendant trop longtemps s’est murmuré tout bas.
 
Il est là pour reconnaître toutes les mémoires, toutes les douleurs, pour n’en oublier aucune. Pas de concurrence, pas de surenchère mémorielle dans la République !
 
Nous connaissons bien cette tendance actuelle à vouloir se mettre en congé de l'Histoire de France qui nous réunit ; cette tendance qui pousse certains à écrire leur petite histoire personnelle sur fond d'entre soi, de repli communautaire et de délitement de la société.
 
Non, il n'y a pas d'Histoire à la carte, où chacun ne retiendrait que ce qui le concerne et rejetterait tout le reste. Faire partie d'une même Nation, c'est partager les mêmes souffrances, les reconnaître comme autant d'épreuves qui ont contribué à faire ce que nous sommes aujourd'hui. Une Nation, ce n'est pas un assemblage d'intérêts particuliers où chacun, se prévalant d'une identité singulière, revendiquerait un droit supérieur. Oui au droit à la justice et à la reconnaissance ! Non au passe-droit qui exonère de ses responsabilités de citoyen !
 
Reconnaître les souffrances demande de bien les connaître.
 
C'est pourquoi ce mémorial – et vous me le rappeliez, chère Agnès Sajaloli – est avant tout un centre scientifique, un lieu de savoir, de recherche, pour établir les faits avec rigueur. Tout ne se vaut pas. La transmission de l'Histoire a besoin de précision, d'exigence face à ceux qui s'empressent de vouloir la nier, de vouloir la réécrire, ou de s'en servir pour manipuler le présent.
 
Et je veux à ce titre remercier Denis Peschanski, qui préside le Conseil scientifique, et dont les travaux nous ont ouvert les yeux sur cette "France des camps". Ce travail scientifique est d'autant plus important que les témoins sont de moins en moins nombreux, qu'ils disparaissent sans avoir pu raconter, sans avoir pu livrer ce qu'ils ont enduré. C'est pour cela qu'il y avait tout à l'heure ce besoin d'expression, de parler, de transmettre.
 
Il y a là les témoignages qui racontent. Il y a aussi ce lieu qui parle presque de lui-même.
 
C'est une réalisation audacieuse, et je veux saluer moi aussi le travail incroyable de Rudy Ricciotti. Le bâtiment s'insère dans le paysage, dans le sol - le musée y est enterré, comme une mémoire qui peine, précisément, à rejaillir. Il ne dépasse pas les baraques, comme pour dire que le présent se fait humble et ne prend pas le pas sur le passé. C'est une belle image, ce respect pour le passé, ce respect pour les disparus, ce respect pour les oubliés.
 
L'Etat, je suis là pour le rappeler, accompagne ce projet ambitieux qui doit tant – vous l'avez dit, cher Damien Alary et chère Hermeline Malherbe – à la volonté d'un homme, Christian Bourquin, d'abord à la tête du département des Pyrénées-Orientales, et puis de la région Languedoc-Roussillon. Sans lui, rien de tout cela n'aurait pu voir le jour. S’il a consacré du temps, de l'énergie, jusqu'à son dernier souffle, c'est qu'il savait bien l'enjeu de ce lieu. Il savait que le balayer comme on chasse un mauvais souvenir, c'était tous nous affaiblir.
 
Chère Ségolène, devant le cercueil de Christian Bourquin à Millas, en lui disant "adéu" en catalan, il y a un an, je m'étais engagé à ce que l'Etat soit bien au rendez-vous. Il est présent : grâce à lui, grâce à la région, grâce au département, il y a ce mémorial. Il aurait aimé, bien sûr, l'inaugurer ; mais nous savons qu'il est avec nous.
 
Ce mémorial, il le voulait précisément comme un lieu de mémoire, mais un lieu de transmission d'une histoire et de valeurs.
 
Car que sont ces pierres, sinon une mise en garde ? Sinon un rempart contre les vents hostiles de l'époque ?
 
Alors que la résurgence de l'antisémitisme, cette pourriture de l'histoire, vient ronger ce que nous sommes, alors qu'à Paris en 2014 on a crié de nouveau "mort aux Juifs", alors que l'antisémitisme se confond avec l'antisionisme et la haine d'Israël dans des spectacles infâmes, alors que le racisme, la haine de l'autre, fracturent chaque jour davantage notre pacte républicain, nous ne devons à aucun moment faiblir et à aucun moment oublier.
 
Ne nions pas cette réalité. Ne nions pas qu'une partie de notre jeunesse est aujourd'hui touchée par cet antisémitisme. Ne nions pas que les dégâts sont considérables dans une partie de notre société. Ne nous réfugions pas uniquement dans les mots et dans les commémorations, mais regardons aussi la réalité en face. Et n'oublions pas ce que nous avons dit au lendemain des attentats de janvier dernier.
 
Tous ces lieux de mémoire sont les postes avancés de cette reconquête des esprits et des cœurs que nous devons mener au nom de la République et de tous ceux qui se reconnaissent en elle. Oui, il s'agit d'une reconquête, parce que nous avons cédé du terrain vis-à-vis de la société dans son ensemble, trop souvent fatigués à la seule idée de s'indigner. Mais nous devons mener cette reconquête, d'abord pour notre jeunesse, souvent victime des contre-discours, des complotistes, des affabulateurs de toutes sortes, des avocats du relativisme.
 
Je le dis une nouvelle fois : nous avons trop tardé. Le temps de la reconquête est venu. C'est le combat sans doute de notre génération – mais c'est aussi le combat de la jeunesse. C'est à elle de prendre le relai, à condition qu'elle connaisse, qu'elle sache.
 
Le département et la région ont voulu insister sur la dimension pédagogique. Ils ont eu raison. Tout comme le camp des Milles, près d'Aix-en-Provence – où s'est rendu le président de la République la semaine dernière –, tout comme la prison de Montluc, ou encore la maison d'Izieu, ce camp de Rivesaltes vient renforcer la cartographie mémorielle de la France et s'inscrire pleinement dans le plan de lutte contre le racisme et l'antisémitisme que j'ai annoncé en avril dernier, et que le délégué interministériel Gilles Clavreul met en œuvre. Ce plan s'appuie notamment sur un fonds « Mémoire et histoire » qui viendra soutenir les actions qui seront menées ici pour sensibiliser, accompagner et former.
 
Avec tous ces lieux de mémoire, les établissements scolaires – car c'est avant tout à l'école que tout se joue – disposent d'outils solides au service de la transmission des valeurs, au service de la formation des citoyens.
 
Je n'oublie pas que c'est aussi ici, à Rivesaltes, qu'a commencé ce travail indispensable d'identification des lieux d'inhumation des Harkis. C'est une première, et le dispositif sera étendu en 2016 à d'autres camps, pour permettre aux familles d'ouvrir la page du deuil et pour rendre à ces Harkis leur nom, leur parcours, leur histoire.
 
Mesdames, messieurs,
 
Lieu de mémoire, de pédagogie, lieu de vigilance : c'est tout cela, Rivesaltes, un endroit hors du temps – un monolithe qui n'appartient à aucune époque ! –, mais un endroit qui nous parle à tous et nous dit quelque chose d'important.
 
Ce mémorial du camp de Rivesaltes ne nous parle pas seulement du passé : il nous parle de nous, de la France d'aujourd'hui. De notre cohésion. De ce que nous voulons pour l'avenir.
 
Et comment, également, dans le contexte actuel de crise des réfugiés, ne pas voir ici un commandement ? La France, son Histoire, sa tradition, son message, c'est l'accueil de ceux qui fuient les persécutions et les tortures. Nous devons accueillir avec dignité, humanisme, dans le cadre républicain auquel nous sommes tous attachés. Et je le dis à mon tour : ceux qui prétendent que nous ne pourrions pas accueillir, ceux qui affirment que nous serions submergés, envahis, remplacés, victimes de je ne sais quelle cinquième colonne, mentent – et plus grave, ils abîment l'image de la France, son honneur, ses valeurs.
 
Faire vivre l'asile, c'est aussi dire avec clarté que l'immigration irrégulière, les filières, les passeurs qui vivent de la misère et de la traite des hommes doivent être combattus sans relâche.
 
Faire vivre l'asile, c'est aussi dire avec lucidité que nous ne pourrons pas accueillir des millions et des millions de réfugiés syriens en Europe, ce qui nous oblige alors à une réponse humanitaire, politique et militaire sur place et à la hauteur des enjeux.
 
Comment aussi ne pas voir dans ce camp une injonction à ne pas céder au repli ? Non, la France, ce n'est pas la mise à l'écart de l'autre, ce n'est pas trier entre les individus en fonction de leurs origines ou de leur religion, ce n'est pas exclure. La France, la République, ce doit être le refus de la ségrégation, de l’apartheid, de l'enfermement social.
 
Le message du mémorial, c'est de dire que notre rapport aux étrangers, aux nouveaux arrivants, fait partie de ce que nous sommes. Donner sa chance à celle ou celui qui vient vivre en France, adhère à ses valeurs, aspire à devenir français, à parler notre langue, c'est s’interdire de porter sur lui ce regard suspicieux, inquisiteur, ce regard d’hier. Etre français ne dépend pas du nom, du prénom, de la couleur de peau. Etre français, c’est s'inscrire dans un même héritage, souscrire à une même exigence, entretenir une même fierté. Césaire l'a dit à sa manière : "ma race : la race humaine. Ma religion : la fraternité !". Et ces mots sonnent toujours comme une devise.
 
Au fond, hier et aujourd'hui, nous sommes toujours confrontés au même choix : l'apaisement, le rassemblement ou la rupture. L'apaisement est une responsabilité, une exigence basée sur la raison, sur l'Histoire, sur la compréhension de l'autre. La rupture est une facilité, une inconséquence, une fuite en avant, une négation de ce que nous sommes.
 
Ce camp, c'est enfin une invitation à se réconcilier avec notre passé, tout en l’affrontant, parce qu'il nous faut apaiser notre présent, retrouver cette sérénité dont la France a besoin pour aller de l'avant.
 
La France, ici et partout dans le monde, c'est un espoir et une exigence.
 
Quand l'espoir se meurt, l'exigence le fait revivre. Souvent, mesdames et messieurs, l'espoir est mort à Rivesaltes, dans les yeux de ces enfants, de ces hommes et de ces femmes parqués, humiliés et opprimés.
 
Mais aujourd'hui, cet espoir doit revivre. Car voilà l'âme de la France : l'espoir et l'exigence – faire de l'espoir une exigence et faire de l'exigence un espoir.
 
Le populisme, l'extrémisme, se nourrissent du désespoir. Le populisme, l'extrémisme, pullulent sur les renoncements. Ce n'est pas cela, la France. Et moi, comme citoyen, comme responsable public, comme Premier ministre, par mon parcours, par ce que je suis – parce qu’il n'y a pas d'autre pays au monde où le Premier ministre de la France puisse être né à Barcelone, il n'y a pas d'autre pays au monde où la ministre de l'Education nationale puisse être née au Maroc, c'est cela, la France ! – je demande à chacun d’entre vous, fort du message du mémorial, d'être fier de ce que nous sommes.
 
Alors oui, dans ce lieu de souffrance et dans ce lieu de mémoire, il y a aussi de l'espoir. "Vivez, la vie continue, les morts meurent et les ombres passent, emporte qui laisse et vit qui a vécu". Ce sont les mots, sur la place des républicains espagnols, les mots de Machado, celui que porte non pas ces vents infâmes et ces vents hostiles, mais le souffle inexorable de nos volontés pour une France unie, solidaire, fière d’elle-même, et qui retrouve la confiance.
 
Oui, comme responsable public, je pense que les choses ne peuvent plus être comme avant, que nous devons porter l'esprit qui a soufflé le 11 janvier dernier partout. C'est cet esprit, mesdames et messieurs, qui souffle aussi ici dans ce mémorial. Et ce souffle – c'est ma conviction profonde et nous la partageons –, rien, personne, jamais ne peut l'arrêter.
 
Vive la République et vive la France !
Discours du 16 octobre 2015, Inauguration du Mémorial du Camp de Rivesaltes