23 février 2015 - Discours
Contenu publié sous le Gouvernement Valls II du 26 Août 2014 au 10 Février 2016

Discours du Premier ministre - Salon international de l'agriculture

"La loi d’Avenir a consacré le vin et le terroir viticole comme patrimoine gastronomique, culturel et paysager protégé de la France. Dans un univers très concurrentiel, vous avez non seulement la charge de le protéger, mais aussi de le faire vivre tous les jours."
Monsieur le ministre, cher Stéphane LE FOLL,
Messieurs les parlementaires,
Messieurs les présidents,
 
Je suis très heureux de saluer la filière viticole, que je n’avais pas eu encore l’occasion de rencontrer directement – si ce n’est lors des déplacements sur le terrain, et même si nous avons pu échanger avec monsieur DESPEY lors de mon déplacement à Montpellier en décembre dernier.
 
La vendange 2014 s’est bien déroulée, même si les intempéries ont durement frappé certains vignobles. Et, vous le disiez, la France – c’est important de le souligner ici, à l’occasion de ce Salon international de l’agriculture – la France a retrouvé sa place de premier producteur mondial de vin, avec ses 87 000 exploitations, ses 500 000 emplois, et plus de 7 milliards d’euros d’exportations. C’est cela aussi qu’il faut souligner, à l’occasion de cette semaine, mais aussi d’une manière générale : la force d’un certain nombre de filières qui doivent être soutenues, encouragées. Au fond, quand on regarde la carte qui est derrière moi, cette carte viticole, on voit toute la force, la diversité de nos paysages et de nos produits, et notamment, bien sûr, de la filière viticole.
 
Je retiens de vos interventions trois préoccupations principales – je dois vous le dire, sans surprise. Mais nous sommes là pour débattre, discuter directement.
 
Première préoccupation : votre crainte d’un durcissement de la loi Evin dans le cadre de la future loi Santé. Vous le savez, et en tout cas si vous ne le saviez pas je vous rassure, aucune disposition qui irait dans ce sens ne figure dans ce projet de loi qui a été présenté par Marisol TOURAINE en Conseil des ministres. Il ne faut pas négliger, bien sûr, les enjeux de santé publique, vous en êtes parfaitement conscients, votre filière a d’ailleurs toujours su s’organiser de manière à promouvoir des conduites de consommation responsables ; l’objectif partagé est bien de lutter contre l’usage nocif de l’alcool, et non contre toutes formes de consommation. Comment pourrait-on, en tant que pays exportateur, stigmatiser l’un des produits phares qui concourt non seulement à soutenir notre économie, mais aussi à l’identité même de la France dans le monde ? Chaque fois que je vais à l’étranger, il n’y a pas besoin d’y aller comme Premier ministre, mais tout simplement comme Français, on me parle des vins français : il faut garder cette force. Soyez rassurés, je sais que Stéphane LE FOLL défend cette position, vous avez ici trois parlementaires, deux présidents de groupe, Bruno LE ROUX et Didier GUILLAUME, un député et un sénateur, et Germinal PEIRO, qui, comme ses deux confrères et collègues, défend cette filière avec beaucoup de force. Et ce n’est pas parce que Bruno LE ROUX est élu de la Seine-Saint-Denis qu’il ne connaît pas ces questions, bien au contraire !
 
Deuxième sujet d’inquiétude, le financement de l’organisation commune du marché viticole au-delà de 2018. Avec vous, nous avons fait le choix, au moment de la réforme de la PAC, de conserver, pour la viticulture, une organisation commune de marché spécifique ciblée sur l’accompagnement de l’amélioration du vignoble et de l’investissement dans les caves – nous en avions parlé d’ailleurs à Montpellier. Vous l’avez souligné : il y a un problème de coordination de calendrier communautaire qu’il faut résoudre, parce qu’une bonne visibilité est bien sûr indispensable. C’est un message fort que nous porterons auprès de la Commission, le commissaire, d’ailleurs, était là. Vous avez évoqué ces sujets pour éviter, bien sûr – et c’est cela l’essentiel de votre message – que certaines activités structurantes ne soient interrompues.
 
Et le troisième sujet, on a pu en discuter notamment en arrivant ici, c’est la protection des indications géographiques. C’est un enjeu historique et majeur des négociations commerciales internationales que mène la Commission européenne. Nous ne baisserons pas la garde, que ce soit dans les négociations bilatérales ou à l’OMC, car ce n’est pas une politique protectionniste. La preuve : nous accompagnons les pays tiers dans la protection de leurs indications géographiques, car c’est un outil de développement économique et social que chacun peut, et doit, d’une certaine manière, s’approprier. Dans ce contexte, nous devons obtenir que l’ensemble des pays de l’Union européenne soit irréprochable en la matière. Là aussi, c’est une question de crédibilité.
 
La loi d’Avenir, et je termine avec ça, a consacré – et là vous avez aussi les deux rapporteurs – le vin et le terroir viticole comme patrimoine gastronomique, culturel et paysager protégé de la France. Dans un univers très concurrentiel, vous avez non seulement la charge de le protéger, mais aussi de le faire vivre tous les jours. Je sais, c’est mon dernier mot, pouvoir compter sur vous pour maintenir le rang de la France et son image de grand pays viticole ; et vous pouvez compter sur l’engagement du Gouvernement pour vous soutenir, parce que vous êtes toujours une belle et grande filière d’avenir.
 
Merci de votre accueil.
Discours du Premier ministre - Salon international de l'agriculture