31 juillet 2015 - Discours
Contenu publié sous le Gouvernement Valls II du 26 Août 2014 au 10 Février 2016

Discours du Premier ministre - Signature du CPER Picardie à Amiens

"Bâtir une nouvelle France des territoires, c'est l'objectif des compétences renforcées que nous accordons aux nouvelles grandes régions, de nouvelles régions complémentaires et solidaires où chacun des acteurs aura sa place avec ses atouts et ses spécificités."
Chères Laurence ROSSIGNOL et Pascale BOISTARD, deux ministres picardes,
Madame la préfète de région,
Madame, Messieurs les parlementaires,
Monsieur le président du Conseil régional,
Madame la maire,
Monsieur le président d’Amiens Métropole,
Messieurs les présidents des conseils départementaux,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le président du CESER,
Monsieur le président de l’Université,
Messieurs les présidents des chambres consulaires,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis – c’est plus simple de le dire ainsi.
 
La signature des contrats de plan est une occasion de plus s’il m’en fallait de me rendre régulièrement sur le terrain, dans les territoires, dans les régions et de voir – sans oublier bien sûr, car il faut être lucide, quels sont les problèmes auxquels sont confrontés les Français – mais de voir aussi ce qui fait l’attractivité et l’identité même de notre pays. La France est belle du nord au sud, de l’est à l’ouest, et elle est particulièrement belle en Picardie.

Après Abbeville ce matin, après cet espace naturel exceptionnel qu’est la baie de Somme avec le parc du Marquenterre  – nous avons célébré les quarante ans de la Loi Littoral, et je salue la présidente du Conseil – je suis à présent avec vous à Amiens où, vous l’avez dit avec vos mots et des mots forts, une histoire de France plonge ses racines. C’est une belle journée, et une belle occasion grâce à la presse nationale qui m’accompagne, la presse locale, la presse régionale, c’est une belle occasion de montrer les atouts et la beauté de la Picardie.

La Picardie, c’est une terre de cathédrales, une terre de bâtisseurs et une terre agricole. Vous le savez, 60 % des terres picardes sont cultivées ; c’est deux fois la moyenne nationale et le monde agricole que j’ai rencontré en début d’après-midi me l’a rappelé. La Picardie, c’est aussi, vous l’avez dit, une terre d’industrie : agroalimentaire, bien sûr, mais pas seulement. Il y a également la métallurgie, les plastiques, la parachimie, la chimie verte, nous l’avons vu à travers la visite du CVG à Dury, le parfum, la cosmétique, la verrerie et un tissu de PME, PMI, d’ETI particulièrement dense. Et votre région, monsieur le président, a toujours su s’adapter, innover et inventer. C’est indispensable pour faire face aux difficultés économiques, aux fragilités sociales que vous rencontrez, indispensable pour mener ce combat pour la croissance, pour la compétitivité de nos entreprises, pour l’emploi. Votre premier défi, c’est de tout mettre en œuvre pour que la Picardie tire parti de ses nombreux atouts et pour qu’elle continue d’aller de l’avant. Et la Picardie ne s’effacera pas ! Ni votre identité – les Picards, on les entendra toujours !

Le défi, c’est aussi d’inscrire le développement de la Picardie dans une autre échelle – c’est un choix –, celle de la future grande région qui, au 1er janvier, naîtra de votre rapprochement avec le Nord-Pas-de-Calais. Elle sera l’une des 13 grandes régions qui feront notre nouvelle architecture territoriale.

Cette nouvelle France des territoires que je défends doit s’accompagner bien sûr d’une évolution de l’administration territoriale de l’Etat, l’une ne peut aller sans l’autre. C’est un tout, c’est un ensemble. Cette évolution de l’administration territoriale répond à quatre grands principes qui correspondent aux attentes de nos concitoyens : simplification, cohérence, efficacité et équilibre.

La simplification, c’est notamment celle des politiques publiques, qui doivent être plus simples et plus lisibles. La simplification, c’est aussi celle des niveaux décisionnaires des interlocuteurs. Au 1er janvier 2016, à un président de région doit répondre un préfet de région, un recteur régional ou un directeur régional de l’Etat.

Deuxième principe, la cohérence ; le préfet de région, ou la préfète de région, aura un rôle renforcé de direction, de coordination et de programmation afin que tous les acteurs d’un territoire aillent dans le même sens en prenant en compte aussi les objectifs de chacun. Ce n’était pas toujours le cas.

Troisième principe, l’efficacité, c’est-à-dire la bonne gestion de l’argent public. Une spécialisation des services implantés dans les différents sites et la mutualisation des fonctions, notamment les achats et les systèmes informatiques, entre les directions de l’Etat – les collectivités sont confrontées au même défi – permettront de faire des économies.

Enfin, cette évolution doit respecter les grands équilibres des territoires et être capable aussi d’assurer cette fonction essentielle qui est celle de la proximité. Et de ce point de vue-là, je veux rappeler combien je tiens – c’était le cas comme ministre de l’Intérieur, c’est toujours le cas comme Premier ministre, je suis cohérent – combien je crois au rôle de l’Etat au niveau de chaque département : vision stratégique, mutualisation, organisation au niveau des régions, proximité à travers un renforcement des fonctions de l’Etat départemental et donc du préfet départemental.

L’union des régions Picardie et Nord-Pas-de-Calais suscite encore, je le sais, des interrogations et parfois des inquiétudes qui se sont encore fait jour hier, j’ai bien eu écho du journal de TF1 présenté en toute indépendance par un Picard ! Et elles ont tout particulièrement – vous êtes démasqué, monsieur GEST ! – elles ont plus particulièrement écho ici à Amiens. Un choix stratégique a été fait d’avoir cette nouvelle France des territoires, ces grandes régions complémentaires des 13 métropoles, complémentaires de la montée en puissance de l’intercommunalité, complémentaires bien sûr du rôle essentiel des communes, complémentaires du rôle de solidarité des conseils départementaux avec des compétences plus claires, plus lisibles – et de ce point de vue-là, je me réjouis que la Loi NOTRe ait été adoptée grâce au fruit d’un compromis. J’avais tendu la main au président du Sénat, Gérard LARCHER, il y a un an, nous avons avancé ensemble, nous avons trouvé des compromis par exemple sur l’intercommunalité, pour le seuil de ces dernières à 15 000 habitants, nous avons écarté l’idée d’une élection au suffrage universel direct en 2020 parce qu'il faut progresser intelligemment dans ce domaine-là. La commission mixte paritaire s'est mise d'accord sur un texte et l'Assemblée nationale et le Sénat ont adopté ce texte. Et donc chacun en est responsable, les deux assemblées et, d'une certaine manière, la droite et la gauche, parce que je pense qu'en matière de décentralisation, il faut avancer même s'il y a des débats. En 1980, quand Pierre MAUROY et Gaston DEFFERRE ont défendu la décentralisation, beaucoup de ceux qui aujourd'hui la défendent s'y opposaient, mais on ne revient pas en arrière en matière de décentralisation ; on avance.

Il y a un choix stratégique qui a été fait et ce choix stratégique – après d'ailleurs une première option concernant la Picardie – permet me semble-t-il de défendre les intérêts de votre région, liée désormais au Nord-Pas-de-Calais, entre l'Ile-de-France et le nord de l'Europe. Et c'est un atout, pas uniquement pour les deux régions qui se retrouvent, mais pour le nord de notre pays. Trente ans après la loi de décentralisation, la Picardie et Amiens ne doivent pas craindre cette réforme qui doit consolider le rôle et les capacités d'action de nos territoires ; il y a tout à gagner de cette nouvelle dynamique. J'entends, je lis surtout – je lis tout, moi ! –, qu’on enterrerait la Picardie, qu’Amiens et la Picardie seraient en deuxième division : il faudrait avoir le débat sur les performances footballistiques des équipes de la Picardie, mais en tout cas pour ce qui concerne la région elle-même, voilà d'étranges formules ! D’ailleurs, c'est un penchant très français, je ne pensais pas qu'il était picard, que d'oublier la force et les atouts de son territoire.

Et donc il faut regarder de l'avant, parce qu'il n'y aura pas de retour en arrière. Ceux qui expliquent qu'on reviendra sur ces 12 ou 13 grandes régions mentent, en tout cas se trompent et puis, si je veux être moins désagréable, font une mauvaise analyse. Quand on regarde objectivement ce qui a été écrit dans ce domaine-là, des hommes, des femmes de droite ou de gauche, qui depuis longtemps – je pense à l'ancien Premier ministre Jean-Pierre RAFFARIN – ont commis d'excellents rapports sur ce sujet-là, on sait qu’on ne reviendra pas sur ce sujet. Donc plutôt que d’être dans la nostalgie, il faut regarder l'avenir et répondre à l'inquiétude légitime qu'expriment les élus, qu'expriment les acteurs économiques, que peuvent exprimer les habitants.

Alors, soyons précis : au sein de la nouvelle organisation régionale de l'Etat, le rectorat d'Amiens sera maintenu, les sièges de la direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt, la DRAAF, ainsi que la direction régionale et départementale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale seront installées ici – deux grandes directions de l'Etat, aux côtés du rectorat, aux côtés aussi, je le rappelle en passant, de la préfecture départementale avec le rôle que j'ai indiqué. Et je vous confirme par ailleurs l'implantation à Amiens, dans le cadre du projet « préfecture nouvelle génération » développé par le ministre de l'Intérieur, qui était là il y a quelques semaines, d’une plateforme nationale de validation des titres. Elle emploiera une centaine de fonctionnaires. Tous les sites administratifs actuels des directions régionales seront maintenus et ils seront spécialisés pour acquérir une compétence sur l'ensemble de la grande région. Il n'y aura donc pas, et c'est important, de diminution du nombre de fonctionnaires de l'Etat dans votre ville. D'ailleurs, je me réjouis parce qu’on n'a jamais autant aimé les fonctionnaires et même ceux qui demandent la diminution des agents et des fonctionnaires un peu partout, qui trouvent qu'il y en a trop, sont les premiers – je ne vise personne, il n’y a personne ici dans la salle – qui manifestent à juste titre l'idée que les fonctionnaires, les agents de l'Etat doivent être au cœur de nos services publics. C'est bien et donc je vous le répète, il n'y aura pas de diminution du nombre de fonctionnaires de l'Etat dans la capitale régionale.

Toutes ces décisions témoignent de la volonté du Gouvernement d'accompagner la ville d'Amiens, madame la maire, monsieur le président, messieurs les présidents, mesdames et messieurs les parlementaires, dans cette recomposition territoriale – recomposition territoriale qui devra ensuite être accompagnée du dialogue au niveau du conseil régional, bien évidemment, et une recomposition qui doit s'appuyer sur des moyens pour investir, se développer et préparer l'avenir. C'est l'objectif, monsieur le président, du contrat que nous signons aujourd'hui. Et il marque, ce contrat, monsieur le président, l'aboutissement d'un dialogue nourri et intense, parce que vous avez été exigeant, qui s'est fait dans un état d'esprit que j'ai souhaité le plus respectueux possible des élus locaux et porteur d'une nouvelle ambition.

Plus respectueux des élus locaux d'abord car les préfets de région ont bénéficié de nouvelles marges de manœuvre pour tenir compte de leurs attentes et élaborer des réponses adaptées ; tout ne peut pas se décider depuis les ministères, il faut aussi et d'abord bien sûr l'intelligence du terrain. Je veux saluer votre travail, madame la préfète de région, saluer la mobilisation des préfets des départements que je salue et l'engagement des agents de l'Etat. Les projets inscrits dans le cadre du CPER ont été élaborés ensemble et à toutes les étapes, vous avez fait connaître, monsieur le Président, vos attentes, votre exigence et démontré ainsi votre engagement. Et le Gouvernement a entendu vos arguments. Ce contrat de plan est aussi l'expression d'une ambition nouvelle pour nos territoires ; elle passe par une mise en cohérence des politiques publiques. Dorénavant, l'Ademe et les agences de l'eau inscriront une partie de leurs actions dans la logique des contrats de plan. De même, les actions du programme des investissements d'avenir, PIA, seront territorialisées.

Au total, l'Etat va investir en Picardie 326 millions d'euros, auxquels s'ajoutent 159 millions d'euros mobilisés principalement dans le cadre du plan « France très haut débit » – j’en dirai un mot – et 25 millions consacrés au plan, c'est important ici pour vous, je le sais, pour l'usine du futur.

Grâce aux crédits mobilisés par le conseil régional, les autres collectivités territoriales et les fonds européens, désormais gérés, je le rappelle, par les régions, le contrat de plan Etat/région Picardie représente ici – s’il y a un seul chiffre à retenir pour la Une de la presse demain matin ! – près d’1,4 milliard d'euros de crédits publics au cours des six années à venir. Ils doivent soutenir le développement et les solidarités territoriales.

Vous l’avez rappelé, quatre priorités d'investissement ont été arrêtées.

Tout d'abord, le développement de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. 51 millions d'euros d'investissements publics seront ainsi mobilisés, auxquels s'ajoutent donc 103 millions du programme d'investissement d'avenir. L’objectif, c'est d'accompagner la mutation du tissu industriel picard en encourageant le développement de filières innovantes, de nouvelles technologies propres ou encore à haute valeur ajoutée : c'est la chimie du végétal, nous l’avons vu, la filière éolienne, l'aéronautique. 10 millions d'euros serviront à faire émerger des projets innovants dans le cadre d'une expérimentation mise en place dans 5 des 13 nouvelles grandes régions – et je sais qu'il vous tenait à cœur, avec le président de la région Nord-Pas-de-Calais, d'en faire partie. Cette expérimentation permettra de soutenir des projets innovants qui seront sélectionnés non pas à l'échelle nationale, mais à l'échelle régionale pour accompagner au plus près les talents de vos territoires. Dans le domaine universitaire, nous l'avons entendu il y a un instant, vous l’avez rappelé, nous avons voulu soutenir le projet Citadelle, c'est-à-dire l'implantation de l'université Picardie Jules-Verne dans la citadelle Vauban d'Amiens sur un site magnifique de 18 hectares. Ce sera un levier puissant pour l'attractivité de ce pôle universitaire, et c'est à travers l'université qu'on prépare l'avenir. Les locaux de l'université technologique de Compiègne et de la résidence Saint-Leu du Crous Amiens seront également réhabilités, car le défi de la vie étudiante est prioritaire pour vous comme pour le Gouvernement.

La deuxième priorité de ce contrat de plan, c'est la préservation et la valorisation du patrimoine incomparable de cette région. 116 millions d'euros seront consacrés à l'amélioration de la qualité de l'air, à la préservation de la biodiversité, à l'accompagnement des projets territoriaux de développement durable et à la prévention des inondations et des risques naturels. Les actions porteront aussi sur l'accroissement de l'efficacité énergétique des entreprises, l'autonomie énergétique des territoires et le développement du recyclage des déchets. Le patrimoine culturel remarquable de la Picardie doit également être valorisé ; ce contrat de plan y porte – ce n’est pas le cas de tous les contrats de plan – une attention particulière. L'objectif, c'est de mettre la culture au cœur de l'aménagement du territoire, d'en faire un atout central de son développement et de son attractivité, en nous appuyant notamment sur le Familistère de Guise dans l'Aisne ainsi que sur les centres culturels de rencontre de Saint-Riquier dans la Somme et d’Ermenonville dans l'Oise.

Troisième priorité : investir dans les infrastructures de transport. Vous avez évoqué, et nous en avons parlé, Garopôle, sur ce site magnifique d’Abbeville. 523 millions d'euros y seront consacrés. Vous l'avez dit vous aussi – c'est sans doute une des attentes majeures de la part des habitants et des usagers – les liaisons entre la Picardie et l'Ile-de-France sont centrales bien sûr pour le développement économique de votre territoire, et ce contrat de plan prévoit de les renforcer grâce à la liaison Roissy/Picardie et aux aménagements de la gare de Creil. Le raccordement de la Picardie au futur réseau du Grand Paris Express est à l'étude, la poursuite du programme d'aménagement de la RN2 entre Soissons et Paris en 2 fois 2 voies également. Nous devons ensuite, dans le cadre de la future grande région, développer les liaisons entre la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais et je suis heureux que nous ayons trouvé un accord avec Frédéric CUVILLIER quand il avait en charge le transport et je le salue, il est avec nous, avec Pascale BOISTARD et vous-même, Claude GEWERC, pour lancer enfin ce grand projet d'électrification de la ligne entre Amiens et Rang-du-Fliers. Les investissements de l'Etat accompagneront la politique volontariste menée par la région en faveur des TER – et dans cette région, on sait que la fréquentation du TER est en accroissement continu. D'autres opérations seront engagées pour améliorer la mobilité des habitants de votre région. Je voudrais citer par exemple l'amélioration de l'accès ferroviaire et routier à Creil et Compiègne, l'aménagement de la RN2 entre Paris et l’Aisne, de la RN 25 entre Amiens et Arras et de la RN 31 entre Compiègne et Soissons. Et puis, il y a bien sûr le projet de canal Seine-Nord Europe, ce projet de plus de 5 milliards d'euros majeur pour la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais, particulièrement attendu dans votre région ; il va lui permettre de s'ouvrir encore davantage sur son environnement, d'être plus encore au cœur de l'Europe. La quasi-totalité du tracé du canal se situe en Picardie ; il constituera le nouvel axe de l'offre logistique nord-européenne. Les zones d'activités implantées tout le long offriront de nouveaux espaces de développement industriel qui bénéficieront d'un accès direct à six des principaux ports européens. Ce projet renforcera également la compétitivité des productions agricoles picardes, grâce à des coûts de transport réduits. Et je veux saluer le travail très important mené par Rémi PAUVROS, député du Nord, pour que le projet entre en phase opérationnelle en 2017. L'annonce par la Commission européenne d’un soutien à hauteur de près d'un milliard d'euros permet de franchir une nouvelle étape. Ce chantier, qui s'étalera sur huit ans, permettra de créer pas moins de 10 à 13 000 emplois directs et indirects dans les deux régions. C'est un projet que j'ai souhaité, dont je me suis occupé personnellement parce que je pense que c'est ce type de projet, au-delà des débats sur telle ou telle implantation, qui démontre la volonté d'un  Gouvernement d'aider l'économie de deux régions. C'est par ces actes qu'on s'engage et par ces actes qu'on démontre. Je connais les oppositions qui existent, bien évidemment, mais notre pays a besoin de grands projets structurants.

Enfin, nous avons voulu que le développement de votre région profite à tous les habitants, à tous les territoires, c'est la quatrième priorité de ce contrat de plan, et il n'est pas d'ailleurs étonnant que le comité interministériel consacré à nos territoires ruraux se soit tenu le 13 mars dernier à Laon, parce que nous devons répondre aux besoins spécifiques des territoires ruraux en termes d'accès aux services publics, aux soins de santé. Une vingtaine de maisons de santé pluri-professionnelles seront ainsi créées et réuniront dans un même endroit plusieurs médecins de spécialités différentes. Les habitants, et en particulier les personnes âgées, auront moins de distance à parcourir pour se faire soigner et Laurence ROSSIGNOL est bien sûr très attachée à ces projets.

Les territoires ruraux sont un atout exceptionnel pour notre pays ; pour le développer, nous devons agir ensemble. Le schéma numérique, j'y viens, mis en œuvre en Picardie, sera accompagné par l'Etat. Nous agirons également pour résorber la vingtaine de zones blanches de téléphonie mobile identifiées dans votre région. Nous savons que c'est sans doute aujourd'hui l’une des plus fortes attentes dans ces territoires ruraux et nous devons y répondre. Grâce à l'action des élus et notamment des maires sur le terrain, nous devons répondre à cette angoisse qui existe dans les territoires ruraux et sur laquelle cherchent à surfer un certain nombre de populistes. Il faut répondre aux attentes de tous les territoires sans distinction ; l'Agence nationale de rénovation urbaine interviendra ainsi dans 17 quartiers, que ce soit en territoire urbain ou également – et c'est une nouveauté, c'est cette réalité sociale que nous devons aussi intégrer – dans les territoires ruraux. Nous porterons également une attention particulière aux projets de développement et d'innovation qui naissent dans les territoires fragilisés par des restructurations économiques. Le maillage urbain de la future région constitue un atout pour la coopération entre les territoires, je sais que les maires y sont prêts et j'ai pris connaissance avec intérêt de vos propositions, cher Nicolas DUMONT. Je le disais, toutes les villes – je parle de la grande région, bien entendu –, Lille et Amiens mais aussi Abbeville, Beauvais, Senlis, Compiègne, Saint-Quentin, Péronne, Arras, Boulogne, Lens, Calais, j’en oublie pardon, constituent une nouvelle force pour la région. Le débat, ça ne peut pas être Lille ou Amiens ; dans nos territoires, ça n'est pas cette réalité et surtout en Picardie, où la deuxième ville, Abbeville en l'occurrence, compte 25 000 habitants. C'est cet équilibre des territoires que nous devons préserver.

Mesdames et messieurs, vous le voyez, l'Etat est à vos côtés pour soutenir le développement de votre territoire, pour lui permettre de créer de la richesse – vous parlez de la Somme –, de créer des emplois. Bâtir une nouvelle France des territoires, c'est l'objectif des compétences renforcées que nous accordons aux nouvelles grandes régions, de nouvelles régions complémentaires et solidaires où chacun des acteurs aura sa place avec ses atouts et ses spécificités. Alors, au terme de cette journée, monsieur le président, mesdames et messieurs, je veux nous inviter à regarder l'avenir avec optimisme, et l'optimisme n'est pas contradictoire avec la lucidité. Nous avons vu toutes les ressources de vos territoires et en joignant les efforts, en se donnant toujours pour but l'intérêt général, en étant à l'écoute des attentes locales, je sais que nous pouvons ensemble préparer un bel avenir pour ces terres picardes que j'ai tant de plaisir, que j'ai eu tant de plaisir à parcourir. Et je le disais tout à l'heure, la France est un grand pays par son économie, cinquième puissance économique mondiale, avec une croissance que nous retrouvons progressivement et qui, je l'espère, fera diminuer le chômage – la priorité numéro 1 des Français, et notamment dans cette région. C’est une grande nation qui compte dans le monde grâce à sa diplomatie, à ses armées, avec des rendez-vous essentiels, je pense au rendez-vous climat de la fin de l'année. C’est un grand pays par sa culture, et vous en savez quelque chose ici, par sa langue qui rayonne dans le monde, par ses chercheurs et ses scientifiques – c'est pour cela que l'université, l'innovation, la recherche doivent être des priorités.

Mais c’est un grand pays aussi grâce à ses territoires. Ces contrats de plan font la démonstration qu'on investit – il y a peu de pays qui permettent de tels investissements publics, qui d'ailleurs concourent également à l'investissement privé. J'entends le débat sur les dotations aux collectivités territoriales mais je vois en même temps ces près de 25 milliards qui sont engagés au niveau national grâce à ces contrats de plan pour préparer l'avenir, pour investir dans l'avenir. La France est un grand pays ; elle l’est grâce à des régions comme la vôtre. C'est ce que je voulais dire ici, proclamer l'attachement de l'Etat et du Gouvernement et, j'en suis convaincu, du reste de la Nation à votre région et en faire - car c’est cela qui compte concrètement – la démonstration.

Je vous remercie.
Discours du Premier ministre - Signature du CPER Picardie à Amiens