2 février 2015 - Discours
Contenu publié sous le Gouvernement Valls II du 26 Août 2014 au 10 Février 2016

Discours du Premier ministre - 20 ans du Campus Veolia

"Veolia dispose d’un savoir-faire unique, savoir-faire qui lui permet de s’imposer sur ce marché mondial."
Madame, Messieurs les parlementaires,
Monsieur le président de l’agglomération,
Monsieur le maire de Jouy-le-Moutier,
Madame la vice-présidente du Conseil régional,
Monsieur le vice-président du Conseil général,
Monsieur le président de la MIFE,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le président, cher Antoine FREROT,
Mesdames et Messieurs,

Merci de me donner l’occasion d’être parmi vous pour les vingt ans de votre campus. Vingt ans, Antoine FREROT vient de le dire, c’est un cap important, vingt ans c’est l’âge de la jeunesse, mais aussi déjà, paraît-il – quelques souvenirs… – l’âge d’une certaine maturité.

Dans le cas du campus Veolia, maturité surtout d’un projet exemplaire. Au cours de la visite, trop brève, que nous venons de faire, et des rencontres avec des jeunes apprentis, j’ai pu constater combien vous investissiez dans la transmission et l’accompagnement de vos étudiants grâce aux professeurs et aux tuteurs.

C’est ce visage que nos entreprises doivent montrer. C’est le pari que nos entreprises doivent faire, celui de l’apprentissage et de la transmission des compétences.

L’avenir de nos entreprises et l’avenir de nos jeunes passent incontestablement par cette relation particulière, par cette relation grâce à laquelle l’entreprise n’est pas un simple lieu de travail mais c’est aussi accompagner, former, et donc devenir un peu plus qu’un simple employeur. Vous transmettez des valeurs : le goût de l’effort, le mérite, le travail.

L’ensemble des élus présents aujourd’hui, que je salue, l’ensemble des relations institutionnelles et universitaires que vous avez su tisser – vous avez cité ces nombreux partenariats – montrent la force de la mobilisation collective autour de ce projet. Et cela montre aussi l’ancrage de Veolia dans les territoires. On peut être un grand groupe mondial, et savoir que c’est grâce à cette dimension locale ancrée dans les territoires, ancrée dans la réalité économique et sociale de notre pays qu’on construit les plus belles réussites – et, en l’occurrence, les plus durables.

Ces réussites sont le fruit d’une ambition collective, celle de porter haut le savoir-faire français. Quand Veolia, comme d’autres fleurons français, grands groupes, petites et moyennes entreprises, start-up innovantes – et ce territoire est un territoire à la pointe dans ce domaine-là –, quand Veolia remporte des parts de marché dans le monde, c’est la France qui gagne, la France qui rayonne. J’ai eu l’occasion une fois de plus de m’en rendre compte la semaine dernière en Chine, j’y ai vu combien on parle de l’expertise française, de la technologie française, du savoir-faire de nos salariés, avec toutes les cartes en main pour affronter la compétition mondiale. Puisque nous vivons dans un monde ouvert, global – je le dis pour ceux qui ne s’en apercevraient pas ! Et je ne cesse de le répéter, il faut sortir des caricatures, des postures stériles – je crois profondément en l’entreprise, parce que ce sont les entreprises qui créent les richesses et les emplois dont notre pays a besoin. Les entreprises sont des dirigeants, des cadres, des ingénieurs, des ouvriers, des jeunes que l’on forme. Ce sont des entreprises qui permettent aussi à la France de tenir son rang.

Soyons fiers donc et de notre pays et de ses entreprises, toutes nos entreprises, nos grands groupes comme nos petites et moyennes entreprises : nous devons être à leurs côtés. C’est ce que font les collectivités territoriales, c’est ce que doit faire l’Etat. C’est pour cela que le président de la République a fait le choix du CICE et du Pacte de responsabilité et de solidarité qui est vraiment entré dans les faits le 1er janvier dernier. 40 milliards d’euros en trois ans pour nos entreprises : c’est un effort sans précédent consenti par la Nation. Un effort exigeant qui implique que les entreprises tiennent aussi leurs engagements. Mais un effort nécessaire pour que nos entreprises retrouvent leurs marges, qu’elles puissent bien sûr créer de l’emploi, c’est l’attente principale de nos concitoyens, nous vivons depuis trop longtemps avec un chômage de masse. Et les derniers chiffres montrent l’ampleur du mouvement que nous devons continuer à accomplir en réformant notre pays pour que ces entreprises créent de l’emploi, investissent, innovent, partent à la conquête de nouveaux marchés.

A ce titre, la décision prise par la Banque centrale européenne de continuer à faire baisser le niveau de l’euro – et la France le demandait depuis longtemps – est une bonne nouvelle. Ce sont autant d’opportunités supplémentaires pour nos entreprises exportatrices. La baisse du coût du pétrole soulage également la charge de nos industries, mais aussi celle des ménages. Ces éléments positifs – en étant lucide sur ce qu’il faut accomplir – viennent ainsi s’ajouter aux réformes engagées pour renforcer la compétitivité de notre tissu économique. Nous devons créer donc les conditions du retour de la croissance économique et nous continuerons à mener ces réformes, parce qu’elles sont indispensables pour que notre pays affronte la compétition économique mondiale – et les services collectifs dans lesquels vous excellez en seront nécessairement l’un des moteurs.

Vous êtes à la pointe d’activités – économie verte, gestion durable – qui préparent, le petit film le montrait, le monde de demain et pour lesquelles la France doit rester leader ; elle l’est aujourd’hui. Je pense à la gestion de l’eau. Quoi de plus fondamental que d’avoir accès à ce bien commun ? Je demandais à l’un des jeunes que j’ai interrogés : "pourquoi vous avez fait ce choix de métier de l’eau ?" Il me disait, "mais parce que l’eau, c’est un bien précieux, c’est l’avenir tout simplement de la planète". Quoi de plus banal dans nos sociétés que d’ouvrir le robinet et de disposer d’une eau de qualité ! Pourtant, vous le savez mieux que quiconque, cela n’a rien d’évident. Dans tant de pays, l’eau reste une rareté. Dans tant d’autres, il faut maîtriser sa qualité et sa disponibilité ; votre expertise dans ces domaines est reconnue dans le monde entier. A vous de la valoriser et de la faire encore progresser.

Un monde plus durable, une consommation plus responsable ne se feront pas sans une gestion et un recyclage de nos déchets et là aussi, il y a urgence, urgence à agir et à faire comprendre combien recycler nos déchets est source de création de valeur. L’économie circulaire, vous le disiez, n’est pas une promesse conceptuelle. C’est une réalité à mettre en oeuvre quotidiennement pour combiner le respect de notre environnement et l’indispensable développement économique. C’est un formidable gisement d’innovations. Vous le démontrez tous les jours et les élus qui sont là qui ont en charge la responsabilité des collectivités territoriales le savent également.

Troisième domaine d’activité, la transition énergétique. Des pas importants ont été faits avec la loi sur la transition énergétique adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale et dont le Sénat va s’emparer. Je serai mercredi devant le Conseil national de la transition énergétique pour poursuivre nos efforts ; la France et ses entreprises doivent être à l’avant-garde sur ces questions qui encore une fois engagent notre avenir commun. La conférence Paris Climat 2015, aussi appelée Cop21, doit être un rendez-vous déterminant pour la signature d’un accord ambitieux et vous le savez, les entreprises – et donc vous – y sont pleinement associées. D’une manière plus générale, c’est toute la société qui doit s’emparer de ces défis.

Je voudrais enfin citer les transports. Inventer les mobilités de demain, mieux se déplacer en consommant moins, c’est là aussi un nouveau défi, une nouvelle frontière pour nos économies.

Dans tous ces secteurs que je viens d’évoquer, Veolia dispose d’un savoir-faire unique, savoir-faire qui lui permet de s’imposer sur ce marché mondial. Ce savoir-faire, c’est celui que vous transmettez donc aux étudiants que vous accueillez dans les dix campus Veolia implantés en France et sur différents continents.

Ce réseau témoigne d’une conviction que défend le Gouvernement mais que nous pouvons tous, je n’en doute pas un seul instant, défendre : recruter, former, développer les compétences, c’est investir dans l’avenir et là aussi, c’est se donner les moyens d’être compétitif. Attirer les talents, tous les talents, c’est un travail de chaque instant et à l’heure où trop de nos jeunes doutent face au chômage de masse, parce qu’ils sont eux-mêmes au chômage, nous nous devons d’être très exigeants et particulièrement responsables. Exigeants et responsables, c’est à-dire partir, au fond, de ce constat simple : trop de frontières invisibles existent dans notre pays, qui empêchent une partie de notre jeunesse de bien débuter dans la vie, de prendre pied dans la société. L’éducation constitue une priorité, elle doit constituer une priorité et c’est le sens même de ce que nous engageons. Mais le monde du travail doit aussi prendre sa part. Des opportunités doivent être offertes à tous, jeunes issus des quartiers, jeunes sans formation, jeunes diplômés dont le nom de la famille, la couleur de peau, l’adresse, le sexe, sont, il faut le dire, parfois un handicap pour intégrer l’entreprise. Nous avons donc besoin de l’engagement des entreprises, de tous les acteurs économiques, nous avons besoin de faire tomber les frontières entre l’école et l’entreprise, parce que l’éducation à l’économie, la formation à l’économie et au travail sont indispensables, mais aussi pour lutter avec acharnement contre les inégalités, les discriminations qui minent notre pacte social et qui affaiblissent la promesse républicaine.

Le formidable éventail d’opportunités professionnelles qu’offre Veolia montre que c’est possible, que si le monde de l’entreprise se mobilise, chacun doit pouvoir trouver sa place et être reconnu pour son travail, un travail digne, utile à la société, un travail qui élève et qui permet de trouver sa place. On peut se demander pourquoi tout cela n’a pas été mis en place plus tôt et développé surtout par chacun. Former et développer les compétences est ainsi une exigence et je suis bien sûr heureux d’assister dans un instant à la remise des diplômes qui vous réunit. Vous avez misé sur l’alternance, je ne peux que vous dire bravo. Avec Stéphane BEAUDET que je salue, maire de Courcouronnes, nous avons, nous aussi, un campus des métiers, mais porté par le public et pas par une entreprise, sur le territoire du Centre Essonne, sur le territoire d’Evry.

Je suis convaincu que l’apprentissage à tous les niveaux est un formidable outil pour l’insertion professionnelle. Ca fait des années qu’on le dit, chacun l’affirme comme une priorité mais nous voyons bien quels sont les blocages auxquels nous faisons face. Nous devons changer l’image de l’insertion professionnelle et de l’apprentissage pour en faire plus encore une voie de l’excellence. Il suffit d’entendre les chiffres qu’on nous rappelait il y a un instant : quand on sort d’ici avec un diplôme, une formation, un accompagnement, à 90%, on est sûr d’avoir un CDI.

Sous l’impulsion du président de la République, nous avons engagé une mobilisation générale sur le sujet, beaucoup reste à faire mais beaucoup peut également être fait grâce à l’apprentissage et quel meilleur exemple que le vôtre ? Vous montrez que cette voie profite aussi bien à la jeunesse qu’à l’entreprise et finalement donc, à la société dans son ensemble. Bravo également à celles et ceux qui voient aujourd’hui leur investissement récompensé par un diplôme bien mérité. Moi, j’aime bien les cérémonies de diplômes à la fin de l’année scolaire – enfin, là vous êtes au début ! –, c’est vrai à l’école comme à l’université. Là aussi, le mérite, l’effort, la formation, le travail doivent être récompensés et donc je veux saluer également les enseignants et puis tout particulièrement les tuteurs qui les ont accompagnés au cours de leur formation, car leur rôle est essentiel. Il suffit de parler là aussi avec eux, on voit qu’ils ont une conviction profondément ancrée en eux-mêmes.

Campus Veolia, il ne faut pas qu’il y ait d’erreur là-dessus, n’est pas que la simple vitrine d’un groupe d’exception que vous continuez à développer, cher Antoine FREROT. Campus Veolia permet d’accompagner les projets professionnels, de préparer les employés aux nouvelles technologies, aux nouveaux mérites, de se former tout au long de la vie parce que les normes là aussi évoluent ; dans un monde qui change toujours plus, il faut se préparer sans cesse à sauter dans le train en marche de l’innovation et c’est le sens des réformes de notre système de formation, et il faut continuer car il faut être beaucoup plus efficace dans ce domaine. La responsabilité sociale des entreprises, c’est aussi cela et elle permet de renforcer la performance globale des entreprises. Performance économique, progrès social, performance dans le domaine de la formation sont étroitement liés.

Mesdames et Messieurs, on dit donc que 20 ans – il y en a quelques-uns ici – est le bel âge. A vous voir tous ici, je promets à ce campus un bel avenir, un bel avenir également, et c’est essentiel, aux futurs jeunes diplômés que vous êtes. Et permettez-moi de voir ici une nouvelle fois, je le répète beaucoup, un message d’optimisme pour notre pays. La France a tant d’atouts dont on ne parle pas suffisamment : sa jeunesse, son système de formation, ses universités, ses écoles, ses entreprises en font partie et elles sont ici rassemblées. Bien sûr, il y a des difficultés. Qui peut les ignorer ? Bien sûr, la croissance est encore trop faible, mais la France mène les réformes nécessaires pour la compétitivité de ses entreprises, pour libérer les initiatives. C’est le sens de la loi croissance et activité qui est aujourd’hui défendue au Parlement et qui est une belle loi, une loi là aussi qui permet de libérer les énergies. Chacun demande plus de liberté. Quand on offre ces libertés, on s’y oppose, c’est un peu ça la teneur de nos débats, eh bien, non, maintenant, il faut avancer et cette loi sera une avancée importante, elle est regardée comme ça aussi dans le monde, comme un changement, et un changement de culture aussi, pour notre pays, parce que nous en avons besoin. Nous devons aussi restaurer bien sûr nos comptes publics et redonner tout son souffle au projet européen car tout cela est lié.

Mesdames et Messieurs, notre pays vient de faire face à une tragédie mais de cette tragédie sont sorties une force inouïe et une fierté et les Français, nous le sentons bien, veulent aller de l’avant, rompre avec toutes ces difficultés que l’on ne veut pas voir depuis trop longtemps et c’est bien évidemment aux responsables publics d’être à la hauteur de cette attente, de se hisser à ce niveau d’exigence de notre pays. Mais c’est aussi, et peut-être même d’abord, à l’ensemble de la société, aux acteurs économiques, de se mobiliser. Et cette mobilisation, cette volonté d’avancer, on la sent présente ici sur ce campus où vous formez les élites de demain, la jeunesse qui bâtira notre pays. Et c’est pourquoi j’ai beaucoup de plaisir, oui, de plaisir à être parmi vous aujourd’hui. Encore merci pour votre accueil. Bonne chance, plein de courage, mordez la vie à pleines dents, servez ces entreprises, ce pays et je ne doute pas un instant que le regard des Français sur vous, les jeunes, sera un regard plein d’admiration.

Bonne chance donc et plein de courage à chacune et chacun d’entre vous pour cette carrière professionnelle qui débute !
Discours du Premier ministre - 20 ans du Campus Veolia