22 janvier 2015 - Vidéo

"Réarmer l’État pour une République ferme et généreuse"

Au lendemain de la présentation d’un ensemble de mesures exceptionnelles pour lutter contre la menace terroriste, le djihadisme et l’islamisme radical, Manuel Valls a introduit jeudi 22 janvier à Matignon la conférence de presse sur la grande mobilisation de l’École pour les valeurs de la République.
"Agir c’est avant tout regarder la réalité en face. Agir c’est savoir nommer les choses avec la plus grande lucidité, et n’ayons pas peur des mots et ne perdons pas de temps en faux débats, c’est le réel qu’il nous faut changer. Notre société est fracturée, divisée, séparée de multiples manières et en de multiples endroits, pas depuis 10 jours, pas depuis deux ans non, depuis plusieurs années."
 
Face à ce sursaut nécessaire de l’État, de la République, et de la société toute entière, l’École républicaine, gratuite et laïque est "en première ligne". "Au fil des années, notre École a dévié de son cap, elle reproduit les inégalités alors qu’elle devrait les casser." Pour que l’École "retrouve sa mission", le Premier ministre a appelé, comme le président de la République la veille, à lancer l’acte 2 de la refondation de l’école. "C’est à cela qu’a travaillé la ministre de l’Éducation nationale, elle incarne d’ailleurs pleinement et parfaitement ce que doit être cette nouvelle étape pour notre École." Le Premier ministre a annoncé qu’il réunira le 9 février prochain, avec les ministres de l’Éducation, de l’Intérieur, de la Ville et de la Jeunesse,  l’ensemble des recteurs, des directeurs d’académie et des préfets. "Nous leur redirons avec force combien l’intérêt général, l’intérêt de tous les élèves de France, de leurs parents, leur commande d’agir ensemble de manière concertée et cohérente, mais c’est l’ensemble de l’Éducation nationale qui va être mobilisé."
 
"Mais l’École ne peut pas tout et d’ailleurs elle ne peut pas tout faire." Manuel Valls a ainsi appelé à "réformer en profondeur l’action publique, et avant tout nos politiques publiques prioritaires, nos politiques sociales, en mobilisant la société." Il a d’ores et déjà demandé à Patrick Kanner et à Myriam El Khomri, "parce que leurs missions sont par essence interministérielles", de "se saisir à bras le corps d’un chantier de mobilisation des ministères, des administrations, des élus, des associations et des populations." La question qui est posée : "comment rendre nos politiques publiques plus visibles, plus concrètes, au bénéfice du plus grand nombre ? Ce qui implique un dialogue franc, une parole vraie de la part de ceux et de celles qui mettent en œuvre ces politiques comme de ceux qui doivent en bénéficier."
 
Après cette phase de débats, Manuel Valls réunira début mars un comité interministériel consacré à la lutte contre les inégalités, "au combat pour l’égalité dans les quartiers". "Et sur la base de ces réflexions et propositions, nous prendrons les décisions qui s’imposent." Et il ne s’agira pas seulement de politique du logement et de l’habitat. Mais bien "de politique du peuplement pour lutter contre la ghettoïsation et la ségrégation."