5 juillet 2014 - Discours
Contenu publié sous le Gouvernement Valls I du 02 Avril 2014 au 25 Août 2014

Discours du Premier ministre - Clôture du rassemblement technique national des Jeunes sapeurs-pompiers

"L’uniforme que vous portez est pour tous les Français le signe de ce lien très particulier, de ce lien indéfectible qui vous attache à eux. Ils savent qu’en toutes circonstances ils peuvent compter sur les sapeurs-pompiers de France."
Mende, le samedi 5 juillet 2014

Monsieur le ministre, cher Bernard Cazeneuve,
Monsieur le sénateur-maire, cher Alain Bertrand,
Messieurs les députés, cher Pierre Morel-A-L’Huissier, cher Jean-Paul Bacquet,
Monsieur le président du conseil cénéral de la Lozère,
Monsieur le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, cher Eric Faure,
Mesdames, messieurs les élus,
Mesdames, messieurs, et surtout, chers jeunes sapeurs-pompiers

J’ai gardé de mes anciennes fonctions de ministre de l’Intérieur – il n’y a pas si longtemps, mais le temps passe vite – le souvenir précis et intense de ces moments de rencontre, toujours exceptionnels, avec les sapeurs-pompiers.

Ce sont toujours de beaux moments, et j’envie Bernard Cazeneuve de les goûter à son tour. Des moments où l’on perçoit une générosité sans limites, un engagement et un courage sans faille, au service de la collectivité.

L’uniforme que vous portez est pour tous les Français le signe de ce lien très particulier, de ce lien indéfectible qui vous attache à eux. Ils savent qu’en toutes circonstances ils peuvent compter sur les sapeurs-pompiers de France. Et je veux, une fois de plus, me faire leur porte-parole, pour vous dire toute la reconnaissance et toute l’affection que nos concitoyens, que nos compatriotes vous portent.

Ce rassemblement technique national était prévu de longue date, et je sais que vous y avez toutes et tous consacré beaucoup de cœur et beaucoup de sueur, si j’en juge par l’énergie dont vous, les jeunes, avez fait preuve aujourd'hui. Avec le ministre de l’Intérieur, je veux adresser à chacune et à chacun d’entre vous des félicitations sincères. Bravo aux équipes et aux formateurs qui ont participé à ce rassemblement national. Bravo en effet à tous ceux qui ont encadré, formé, et à tous ceux aussi qui ont rendu – Monsieur le président, Monsieur le sénateur maire – cet événement possible, ici à Mende.

J’avais pris l’engagement de venir, comme ministre de l’Intérieur, je n’ai qu’une parole, et je suis très heureux d’être parmi vous cette fois-ci comme Premier ministre. Cette occasion unique d’échange, de compétition et de partage, est le signe de la vivacité et de la modernité de la communauté des sapeurs-pompiers. Et je veux saluer à mon tour le rôle joué par la Fédération nationale et son Union départementale. C’est l’honneur du monde sapeur-pompier que d’être un creuset républicain pour la jeunesse, une force d’attraction, une référence pour celles et ceux qui cherchent à donner un sens à leur vie.

On caricature souvent la jeunesse de France, on pointe parfois du doigt son manque d’engagement. Ce rassemblement est la plus belle des réponses. Vous toutes et vous tous, vous donnez l’image d’une jeunesse dynamique, engagée et motivée ; une jeunesse qui fait vivre les valeurs de notre République. Et je le dis, quel meilleur apprentissage civique que de servir comme jeune sapeur-pompier ? Car devenir jeune sapeur-pompier, ce n’est pas seulement faire une activité de plus, le mercredi ou le samedi, c’est aussi adhérer à des valeurs, apprendre à vivre en communauté, progresser en groupe, comprendre que le sport peut être utile pour se construire, se dépasser ; se dépasser au service des autres.
 

Et c’est bien ce que vous êtes venus dire aujourd'hui, ici, à Mende, vous qui venez de partout en France. Vous toutes et vous tous êtes candidats à vous impliquer dans la société, à vous impliquer pour la collectivité, à porter secours et assistance aux autres. Dans cet engagement, vous pouvez compter sur le soutien du gouvernement.

Les chantiers importants se poursuivent. Je n’entrerai pas dans les détails. Le Congrès annuel de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France, à Avignon, en présence du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, sera l’occasion d’un premier bilan. Mais je souhaite tout de même rappeler les travaux qui se poursuivent. Ils visent plusieurs buts.

D’abord, faire en sorte que les animateurs jeunes sapeurs-pompiers voient leurs compétences reconnues comme équivalentes au BAFA.

Le deuxième objectif, que le brevet national de jeune sapeur-pompier reconnaisse votre compétence, mais vous donne aussi les clés du monde professionnel ; pour cela, il doit être l’équivalent du diplôme du service de sécurité incendie et d’assistance à personnes.

Ceux d’entre vous qui suivent le bac professionnel « métiers de la sécurité » doivent pouvoir, pendant leur scolarité, acquérir la formation d’équipier de sapeur-pompier volontaire.
Enfin, il faut que le service civique tienne compte des réalités de l’engagement en tant que sapeur-pompier et qu’il soit possible d’accomplir ce service en tant que sapeur-pompier volontaire. Une expérimentation débutera prochainement.

Ce qui est important dans tous ces travaux, c’est qu’ils s’inscrivent dans le mouvement de promotion du volontariat. Il y a ici à Mende plusieurs signataires de l’engagement national pour le volontariat. Il fut le point d’orgue de la fin de l’année 2013. J’avais alors souligné la singularité de ce modèle que nous devons défendre, car comment ne pas voir le formidable ciment que ce volontariat constitue dans les territoires ? Comment ne pas voir que par le maillage des centres de secours, par la présence en milieu rural, les sapeurs-pompiers volontaires sont un pilier de notre cohésion sociale et territoriale ? Le volontariat, c’est une véritable force au cœur de notre modèle de service civique.

Et c’est un beau symbole que d’avoir réussi la jeunesse sapeurs-pompiers ici à Mende, en Lozère. Car ici, le volontariat – c’était rappelé il y a un instant par Monsieur le sénateur maire – a toute sa place, et depuis longtemps. Ici on sait ce qu’est être sapeur-pompier volontaire. 98 % des sapeurs-pompiers de Lozère le sont. 98 % ! C’est le niveau le plus élevé de France. Et ce n’est pas tout à fait un hasard si Pierre Morel-A-L’Huissier, le député de ce département, a permis en 2011, à l’unanimité du Parlement, l’adoption de la loi relative à l’engagement des sapeurs-pompiers volontaires et à son cadre juridique. Et je veux aussi saluer l’engagement du président Jean-Paul Bacquet dans ce travail. C’est ce modèle que nous devons défendre collectivement : un modèle unique, qui repose sur l’énergie du volontariat, qui repose sur vous toutes et vous tous qui le faites vivre.

Parler du volontariat, c’est enfin, nécessairement, logiquement, parler de la mission principale des sapeurs-pompiers aujourd'hui, et je veux bien sûr parler de secours d’urgence à personnes. Cela transparaît d’ailleurs dans les manœuvres que vous avez réalisées il y a quelques instants et auxquelles nous avons assistées. Le secourisme, l’aide à la victime, la réaction rapide : c’est le cœur de votre mission, et j’oserai dire, c’est votre marque de fabrique, c’est ce qui fait une part de votre excellence. Le Président de la République a été clair au Congrès de Chambéry : oui, les sapeurs-pompiers sont des acteurs majeurs du secours d’urgence à personnes ; oui, l’urgence, ils connaissent, vous connaissez. Dans les territoires comme la Lozère, on sait depuis longtemps que la complémentarité entre acteurs du secours est indispensable, et que les sapeurs-pompiers, avec leur maillage territorial, sont, Monsieur le président, irremplaçables pour venir au secours des personnes en détresse.

Récemment, dans certaines parties du territoire, on a pu croire que la concurrence reprenait le pas sur le dialogue. On a pu penser que l’écoute n’existait pas, et que décidément la couleur de la tenue de travail prenait le pas sur l’efficacité du service public. Il fallait donc réagir. La ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, et le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, ont pris le dossier à bras-le-corps, pour rétablir les fils du dialogue entre urgentistes et sapeurs-pompiers. Les fils sont solides, et anciens, dans des départements comme celui de la Lozère. Pourquoi n’en serait-il pas partout de même ? Et je compte sur l’engagement de tous, pour que les situations de conflit soient aplanies, réglées. Elles n’ont pas lieu d’être lorsqu’on sert l’intérêt public, et lorsqu’on le fait en prenant des risques, en engageant sa vie pour sauver celle des autres.

Mesdames, messieurs, chers sapeurs-pompiers, vous venez de vivre une belle journée, ici à Mende, en Lozère. Et j’ai bien entendu des invitations répétées du maire de Mende pour que je vienne passer mes vacances, voire m’y établir ! J’ai compris qu’aussi c’est le plus beau département de France, la plus belle ville de France, on y trouve les meilleurs produits. Mais très sincèrement, et avec Bernard Cazeneuve qui partage l’amour de la France et de la patrie, nous nous disions que ces paysages étaient en effet magnifiques, et que la France, ici, elle est magnifiée par ce qu’il y a de plus beau, par sa culture, ses paysages, son architecture, son patrimoine, mais aussi et d’abord la force et le dynamisme de ses territoires, la force de ses PME-PMI, la force de ses agriculteurs, l’engagement d’abord de ses habitants. Et pour beaucoup d’entre vous, vous avez pu découvrir cette ville et ce département.

Au terme de cette journée importante, de cette journée que je suis heureux d’avoir pu partager avec vous, j’ai un ultime message à vous adresser. Vous avez l’avenir devant vous, et quels que soient les choix de vie, les choix professionnels que vous ferez, cet engagement de jeunes sapeurs-pompiers est et restera pour vous une chance incroyable, un souvenir inoubliable : celui de participer à une aventure exemplaire au service de tous, au service de la France, qui est un grand pays, qui mérite d’être défendu, valorisé, partout. Et vous en êtes l’un des plus beaux visages. Soyez alors fiers de cela, soyez fiers de servir votre pays. Soyez fiers, oui, soyez fiers d’être jeunes sapeurs-pompiers français !

Merci à vous, et merci de votre engagement !
Discours du Premier ministre - Clôture du rassemblement technique national des Jeunes sapeurs-pompiers