19 décembre 2014 - Discours

Discours du Premier ministre sur Rennes métropole

"Du Finistère à l’Ille-et-Vilaine, ce déplacement en terre bretonne, entamé depuis Brest hier, s’achève, aujourd’hui, à vos côtés, à Rennes. Il s’achève… par un commencement… par un moment fondateur, tourné vers l’avenir : la signature du décret portant création de la métropole de Rennes au 1er janvier 2015."
Monsieur le préfet,
Madame la maire de Rennes et madame la députée,
Monsieur le président de Rennes métropole,
Mesdames, messieurs les maires,
Mesdames, messieurs les élus,
Mesdames, messieurs,
 
Du Finistère à l’Ille-et-Vilaine, ce déplacement en terre bretonne, entamé depuis Brest hier, s’achève, aujourd’hui, à vos côtés, à Rennes.
Il s’achève … par un commencement … par un moment fondateur, tourné vers l’avenir : la signature du décret portant création de la métropole de Rennes au 1er janvier 2015.

C’est un commencement certes, mais qui vient de loin … Cette signature, c’est l’aboutissement d’un long parcours – vous l’avez rappelé, monsieur le président – débuté avec la création du district, dès 1970.  En somme, depuis plusieurs décennies, Rennes est une métropole … sans le savoir …
Nombreux y ont contribué. Quelques-uns ont été mentionnés : Edmond HERVÉ et Daniel DELAVEAU, que je salue à mon tour. Sans eux, Rennes n’aurait pas aujourd’hui le même visage, ni le même rayonnement.
 

Je crois beaucoup à l’intercommunalité. J’en ai moi-même présidé une, et je crois que ces regroupements sont de formidables leviers pour le développement des territoires. 
 
J’aime cette capacité à se retrouver pour l’intérêt général, à coopérer au-delà des clivages, à dépasser les petites querelles. Les maires, les élus, se réunissent, débattent, conçoivent des projets ensemble pour leur territoire, pour et avec les  habitants.

Je disais que la révolution intercommunale avait été silencieuse, mais peut-être s’est-elle simplement faite à bas bruit. Celui de ces réunions qui, inlassablement, rapprochent les points de vue et font avancer concrètement notre pays, au plus près des réalités du terrain, au plus près des attentes de nos concitoyens.

C’est par cette intelligence collective, par cette capacité d’initiative que les territoires arrivent à construire de nouveaux projets, de nouveaux services pour les citoyens. Car se regrouper, mutualiser, c’est aussi dégager davantage de moyens pour l’investissement.

Quel bel exemple pour l’action publique que le mouvement intercommunal !

Pour l’encourager, pour donner encore plus de force à nos collectivités, le statut de métropole permet désormais de franchir un grand pas.
La création de la Métropole de Rennes marquera un nouvel élan dans votre histoire. Et il m’a semblé important de donner à cet instant une vraie solennité.
Oui, dans quelques jours, au 1er janvier 2015,  Rennes sera une métropole, comme dix autres nouvelles métropoles, aux côtés de celle de Nice, qui existe déjà depuis 2012.

La métropole de Lyon se mettra en place en fusionnant  les compétences du conseil général dans un contexte spécifique. Et en 2016, les métropoles d’Aix-Marseille-Provence et du Grand Paris verront également le jour.

C’est un mouvement important qui est en marche.

Il était nécessaire pour notre pays. Nous l’avons concrétisé par la loi dite MAPTAM – à laquelle Nathalie APPÉRÉ a beaucoup contribué – qui dote les métropoles de compétences renforcées en matière d’aménagement, d’innovation et de développement économique. Les métropoles seront donc mieux armées pour devenir plus encore des moteurs pour la croissance et l’emploi.

Les métropoles devront aussi faire plus en termes de solidarité, de cohésion avec les territoires de leur périphérie. Le rôle des métropoles, c’est en effet aussi d’agir pour remédier aux fractures territoriales ; d’agir contre ce sentiment de relégation qu’éprouvent trop de nos concitoyens.
Solidarité, clarté, efficacité, proximité : voilà nos principes pour repenser notre architecture territoriale.
 
La décentralisation a maintenant plus de trente ans. Elle est devenue notre bien commun, un acquis pour tous les Français. Elle a rapproché la politique des citoyens, permis de renforcer l’efficacité de l’action publique, et la proximité.
 
Mais en trois décennies, la France et ses régions ont profondément changé. Sous l’effet de la mondialisation notamment, des mutations démographiques, économiques, géographiques, culturelles ont eu lieu. Alors l’objectif de cette réforme territoriale, c’est de donner, à nouveau, tous les moyens aux collectivités d’améliorer la vie des habitants, et de construire l’avenir.

La nouvelle carte des régions a été votée avant hier par l’Assemblée nationale. Je sais que les débats en  Bretagne ont été nourris, passionnés. Je les ai suivis attentivement. Et j’ai bien compris, à cette occasion, certaines caractéristiques de ce que l’on appelle … le caractère breton … qui n’a pas grand-chose à envier au caractère catalan !

Mais en ce qui concerne la carte des régions, je veux insister sur ce point : ce vote ne marque pas la fin d’une histoire. Il est le début d’une nouvelle étape.
La réforme territoriale va donner plus encore de capacités aux collectivités pour agir et garantir l’équilibre des territoires. La Bretagne doit s’en emparer. Rennes, Brest doivent monter en puissance, mais les pouvoirs publics doivent également être vigilants aux équilibres des territoires, et au devenir des espaces ruraux.
 

Ce grand mouvement doit se faire dans la sérénité, et dans le dialogue. C’est pour cela que j’ai rencontré l’ensemble des associations d’élus, de toutes les collectivités. Je me suis exprimé dans l’association des régions, celle des départements, des intercommunalités, devant le congrès des maires. J’ai même rencontré l’association des élus de montagne … dans laquelle il n’y a, je crois, pas de maire breton… mais peut-être les monts d'Arrée vont-ils postuler !
Je veux insister sur cette méthode : le dialogue, l’écoute, la prise en compte des avis du terrain. C’est impératif avant la décision. Mais une fois que le cap est fixé, alors il faut aller de l’avant.

Je sais qu’au terme de ce quinquennat notre paysage territorial aura bougé. Grâce à ces lois, bien sûr, qui donnent un élan, mais surtout grâce aux élus qui auront enclenché de nombreuses initiatives. Ces élus font vivre les institutions. Et ce sont eux qui, chaque jour, s’impliquent, donnent de leur temps, de l’énergie au service de la collectivité et des habitants. Je veux leur rendre hommage.

L’objectif des réformes institutionnelles, c’est d’offrir un cadre plus efficace pour décider, pour agir, pour améliorer la vie des habitants et développer nos territoires.

Décider, agir, ne peut se faire sans moyens. C’est pourquoi j’ai voulu que cette réforme s’accompagne d’un effort massif en faveur de l’investissement des collectivités locales, avec la nouvelle génération des contrats de plan Etat-région (CPER). J’ai signé hier, à Brest, avec le président Pierrick MASSIOT le protocole fixant nos orientations communes et les engagements de l’Etat, soit 1 milliard d’euros sur la durée du contrat, issus à parité de l’Etat et de la Région.

La métropole  rennaise y sera évidemment reconnue, car le gouvernement veut vous accompagner dans les politiques publiques que vous menez.
 
C’est vrai pour ce que vous faites en termes de diversification économique. Vos réussites en matière d’économie numérique ou dans la bio-technologie permettent d’affronter cette récente crise de l’automobile, qui a été un vrai choc.

C’est vrai aussi pour l’enseignement supérieur et la recherche. Rennes accueille plus de 50% des étudiants de Bretagne et la majorité des équipes de recherche. Les crédits du CPER seront en cohérence avec cette réalité. Je sais que vous y êtes attachés.

C’est vrai, enfin, dans le domaine de l’urbanisme. Rennes a cette grande tradition de volontarisme pour le logement. Et vous avez construit ce grand projet urbain, qui doit positionner la métropole rennaise à sa juste place. Le CPER  intégrera donc un volet métropolitain. Son montant sera significatif et portera en particulier sur le  projet de conservatoire régional dans le quartier du Blosne.

Une autre dimension importante du CPER, c’est la question des transports. J’aurai l’occasion d’y revenir plus longuement cet après-midi, sur le chantier de la ligne B du métro. Le contrat de Plan comporte un volet ferroviaire important pour votre métropole. Il faudra en effet mettre à niveau à niveau la gare de Rennes et profiter pleinement de la future ligne à grande vitesse et préparer les modernisations des lignes Rennes Brest et Rennes Quimper.

Cet après-midi, nous aurons donc l’occasion d’évoquer votre action – et celle de vos illustres prédécesseurs – en matière de mobilité.  Une action qui, aux côtés de vos politiques d’urbanisme et de logement, a fait de l’agglomération de Rennes un exemple en France.

Chère Nathalie APPÉRÉ, cher Emmanuel COUET,

Avec les élus qui vous entourent, avec vos équipes municipales, vous construisez à votre tour une vision et une méthode.

Nous nous connaissons bien, et je dois dire que j’apprécie vos qualités d’entrainement et de conviction. Votre binôme est lui aussi exemplaire !
Avec vous tous, Rennes contribue à inventer cette métropole, cette France de demain. Un pays dans lequel les territoires, plus encore que par le passé, contribueront à fédérer les énergies, à accompagner les initiatives, à bâtir ce lien de cohésion, de solidarité, de fraternité qui est au cœur de notre projet républicain.
  
Discours du Premier ministre sur Rennes métropole