Discours de Manuel Valls lors de la Grande Conférence Santé
12 février 2016

"Nous ouvrons une nouvelle page de notre réforme de la santé publique, une page dédiée à l’avenir de vos professions"

Après six mois de concertation, Manuel Valls a clos, le 11 février 2016, la Grande conférence de la santé. A cette occasion, il a présenté une feuille de route relative à la formation des professionnels et à leurs conditions d’exercice.
 
"Je suis très heureux de vous voir si nombreux, pour clore cette Grande conférence de la santé. Nombreux à avoir la charge de représenter toutes les professions – paramédicales et médicales –, tous les types d’exercice – salarié, libéral, mixte –, tous les acteurs concernés – professionnels comme patients ou institutions – et tous les âges… Beaucoup d’étudiants sont, je le sais, présents", s’est réjoui Manuel Valls devant un parterre de plus de 300 représentants du secteur de la santé. "C’est une belle image. A l’image d’une équipe de soins qui se mobilise pour répondre aux besoins des patients ! "
 
La réussite de cette conférence tient à la méthode du Gouvernement qui a permis d’instaurer un dialogue constructif avec les professionnels de santé. "Elle est là pour vous donner encore plus la parole", a expliqué le Premier ministre. Elle complète la loi de santé en ouvrant une séquence dédiée à l’avenir des professions, et fait suite à six mois de travail de préparation entre juin 2015 et janvier 2016, réunissant près de 400 personnes de l’ensemble des professions et des institutions de la santé. Les débats ont  d’ailleurs révélé de nombreuses attentes. Le Premier ministre a assuré que le Gouvernement s’efforcera "d’y répondre au mieux, avec des réformes de court terme, mais aussi une réflexion sur le plus long terme, pour faire que vos professions restent attractives, au bénéfice de la santé de tous."

Innover dans la formation

En France, les formations de santé sont de haute qualité. Néanmoins, des améliorations sont nécessaires pour permettre aux futurs professionnels de santé d’acquérir des fondamentaux  partagés pour une meilleure prise en charge du patient.

Il s’agit de développer plus de passerelles entre les formations en proposant, comme certaines universités l’expérimentent, de diversifier les offres de parcours pour les étudiants n’ayant pas réussi leur première année de médecine, en particulier vers des  formations en sciences de la vie, en sciences humaines ou en écoles d’ingénieur. D’autres pistes visent à développer chez les étudiants une culture du travail en commun médical/paramédical en organisant des rendez-vous pluridisciplinaires autour de cas cliniques. Des propositions devront être faites d’ici à six mois par les acteurs concernés.

Cette démarche permettra notamment de rapprocher de l’université les instituts de formation paramédicale. Concernant les formations paramédicales, Manuel Valls souhaite progressivement leur donner accès aux standards universitaires en harmonisant par convention les aspects pédagogiques et les diplômes. Ainsi, les diplômés paramédicaux pourront "avoir accès aux deuxième et troisième années de médecine  à partir de 2017, en suivant les mêmes procédures que l’ensemble des étudiants", a détaillé Manuel Valls. Grâce à la finalisation de la signature des conventions, ils bénéficieront des mêmes prestations sociales que les étudiants de l’université et le Gouvernement engagera un dialogue avec les régions sur les bourses. Pour renforcer encore les synergies, le numérique sera développé dans tous les champs de la formation et de l’exercice des métiers de la santé.

 
40
postes supplémentaires de chefs de clinique seront créés dès 2016.
40 sont également prévus en 2017.
Aujourd’hui, de moins en moins de jeunes et futurs médecins choisissent de s’installer comme libéraux, notamment comme généralistes. Ce constat oblige à améliorer la formation en renforçant la filière universitaire de médecine générale avec une montée en charge progressive du nombre d’enseignants, et notamment "40 postes supplémentaires de chefs de clinique (…) créés dès 2016, financés sur le budget de la sécurité sociale, et 40 (…) prévus en 2017. Ils seront, à partir de 2018, intégrés au budget de l’enseignement supérieur", a expliqué Manuel Valls. Autre enjeu : permettre à 100% des étudiants de faire un stage chez un généraliste.

Parallèlement, "le second et le troisième cycle doivent plus généralement permettre aux étudiants, évidemment de se former techniquement, mais aussi de disposer d’une vision d’ensemble de la pratique réelle", a précisé le Premier ministre.

Rendre l’exercice quotidien plus attractif

Manuel Valls a présenté plusieurs pistes d’amélioration pour rendre plus attractives les professions de la santé, en encourageant l’exercice mixte entre le salariat et le travail libéral. Afin de n’avoir qu’une seule catégorie de médecins à l’hôpital, les statuts de praticien hospitalier temps plein et temps partiel seront fusionnés et les attachés seront valorisés. "Les postes à temps partiel permettront aux professionnels paramédicaux d’exercer en libéral, sans contrainte, le reste de la semaine. Une concertation débutera très rapidement : les professions, pour rester attractives, ont besoin de cette souplesse."

La possibilité de diversifier sa carrière sera également encouragée en dynamisant les filières de réorientation.  Parallèlement, le principe d’une "recertification" périodique, proposé par l’Ordre des médecins, vise deux objectifs : le maintien des connaissances et la validation des acquis de l’expérience facilitant les passerelles vers d’autres spécialités. 
3 000 euros
par mois pendant 3 mois de congé maternité pour les femmes médecins qui ne pratiquent pas de dépassement d’honoraires ou ayant conclu un contrat d'accès aux soins.
Environ 15 000 femmes en âge de procréer pourront bénéficier de cette mesure.


Le Gouvernement  souhaite  également renforcer l’Observatoire régional des professions de santé pour mieux répartir l’offre de soins sur le territoire en établissant le  numerus clausus régional selon les besoins de santé et les capacités de formation. "Ces propositions permettront de fixer le numerus clausus national, plus en adéquation avec la réalité des besoins et manques à pallier." Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité d’accompagner et d’informer au mieux les étudiants notamment sur les aides à l’installation. Enfin, un congé maternité en bonne et due forme sera mis en place, pour les femmes médecins qui ne pratiquent pas de dépassement d’honoraires ou ayant conclu un contrat d'accès aux soins. Cela représentera plus de 3 000 euros par mois pendant 3 mois, en plus de l’actuelle allocation forfaitaire. Environ 15 000 femmes en âge de procréer pourront bénéficier de cette mesure.

A l’issue de son discours, Manuel Valls a tenu à témoigner son estime à l’ensemble des professionnels de santé, en leur assurant le soutien du Gouvernement.