Missions

 
Comment réformer l’État ?

Tous les pays du monde se posent la question. Mondialisation, essor des nouvelles technologies, élévation du niveau de qualification des salariés mais aussi contraintes financières, désignent un défi contemporain.

Pour le Gouvernement, le rôle de l’État est bien de corriger les inégalités, qu’elles soient sociales ou géographiques, de protéger et de rassembler autour d’une certaine idée de l’avenir.

Construire la nouvelle puissance publique ne peut donc se limiter, comme ce fut trop largement le cas jusqu’à présent, à une approche essentiellement budgétaire.

En outre, l’heure n’est plus aux diagnostics – réalisés depuis longtemps, pour l’essentiel – à la définition de la bonne méthode afin de faire vraiment bouger les choses. Autrement dit, là où les réformes mises en œuvre jusqu’alors portaient surtout sur la question du "quoi", elles ont insuffisamment interrogé les enjeux du "comment ?" et du "qui ?". Comment conduire le changement ? Qui - et à quels niveaux - va le conduire ?

Car c’est un fait : l’État doit se moderniser afin d’intégrer les évolutions profondes de la société, comme la révolution numérique, qui est au cœur de cette « nouvelle donne ». Pour relever les défis des prochaines années, il doit se rapprocher des usagers et des citoyens et leur proposer des réponses réellement pertinentes.

Autour de cette vaste ambition, deux démarches se déploient aujourd’hui en parallèle : d’une part une réflexion prospective confiée à France Stratégie et qui vise à imaginer l’action publique dans les dix ans à venir ; d’autre part, une approche opérationnelle appelée "revue des missions", qui consiste à "passer au scanner" chacune des missions de l’État, déclinées en 23 thématiques, et soumises à la consultation dans quatorze régions. L’objectif est bien de définir une nouvelle matrice de notre action publique, en associant l’ensemble des parties prenantes.

L’État ne se réforme pas "à coups de rabot". Il se réforme en revenant à la source, c’est-à-dire à la pertinence des missions réalisées par les agents sur les territoires. Il s’agit donc bien de réinterroger nos politiques publiques, de vérifier leur efficience et de repenser la meilleure manière de les mettre en œuvre.

Cette méthode est inédite : décentralisée, garante de transparence, elle est fondée sur une concertation large, qui convie l’ensemble des parties prenantes, l’État, mais aussi les collectivités territoriales, les entreprises, les confédérations syndicales et les représentants d’usagers.

Un premier rapport d’étape sera réalisé à la mi-janvier. Et les sujets les plus mûrs issus de ce processus seront traités en séminaire gouvernemental, avec une première salve de décisions dès la fin février.

La transformation de l’État implique beaucoup de créativité, de dialogue et de capacité à dépasser des références devenues obsolètes. C’est bien ce qui motive aujourd’hui l’action du gouvernement. Au service d’un mouvement réel et significatif. Au service d’une relation fondamentalement remodelée entre l’administration et ses nombreux interlocuteurs.