Minute de silence dans la cour de Matignon en présence de Manuel Valls
8 janvier 2015 - Actualité

Manuel Valls : "Nous avons besoin de nous rassembler et de dire : NON. L'État de droit, la démocratie, la liberté sont plus forts que le terrorisme"

Invité des matinales de RTL et France Inter, Manuel Valls a fait le point, jeudi 8 janvier, sur la progression de l’enquête sur l'attentat commis la veille à la rédaction de Charlie Hebdo. Il a également rappelé les valeurs de la France autour desquelles la société doit se rassembler pour combattre le terrorisme. Une minute de silence a été respectée, à 12h, dans l'enceinte de l'hôtel de Matignon.
 
Le Premier ministre et le personnel de Matignon ont respecté à 12h une minute de silence en hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo

Manuel Valls dans la cour de l'Hôtel de Matignon pendant la minute de silence

Manuel Valls a précisé ce matin sur RTL que des milliers de policiers, de gendarmes et d'enquêteurs sont mobilisés sur le terrain pour appréhender les terroristes. La publication de leurs photos, décidée par le Parquet antiterroriste, a pour objet de "mobiliser chacun pouvant apporter une information permettant aux enquêteurs d'appréhender ces individus", a-t-il expliqué.

La France fait face à "une menace terroriste extérieure et intérieure, qui se mêle, qui s’entremêle, sans précédent", a rappelé le Premier ministre sur France Inter. "Et c’est la raison pour laquelle nous avons renforcé notre arsenal législatif, juridique, les moyens que nous avons donnés aux services de renseignement", a-t-il précisé. La loi antiterroriste vient d’être votée par le Parlement et "d’autres rendez-vous législatifs sont prévus pour renforcer le travail des services de renseignement", a-t-il poursuivi.
 
Attentat à Charlie Hebdo : "La seule réponse, c’est celle de la mobilisation, celle du cri universel de la France, qui est le cri de la liberté"

Manuel Valls a également rappelé le démantèlement de nombreux groupes terroristes et l'échec de projets d’attentats. "C’est bien la preuve que nous agissons. Et face à la menace terroriste, il faut agir, et nous agissons sur le plan policier, sur le plan du renseignement, sur le plan judiciaire ; ce sont des centaines d’individus qui sont suivis, ce sont des dizaines de personnes qui ont été interpellées. Ce sont des dizaines de personnes qui ont été incarcérées".
 
"Il faut que cette mobilisation, dans le calme, dans la sérénité, dans l’unité, dans le respect et dans la tolérance, se poursuive et s’amplifie"

Si tous les moyens dans le cadre de l’État de droit doivent être utilisés, "la plus forte des réponses dans une démocratie est bien sûr la mobilisation, celle de la presse, qui est touchée de plein fouet, c’est la mobilisation de la société, et cette mobilisation, elle doit se poursuivre. (…) C’est toute la société française qui doit dire non à ceux qui ont voulu abattre la démocratie, la liberté de penser, contre ceux qui ont tué des journalistes, des citoyens, des policiers". Et de conclure : "nous avons besoin d’une réponse sans amalgames, la réponse de la démocratie face à la barbarie."


 
Le Premier ministre a appelé à combattre avec fermeté les messages de haine diffusés sur les réseaux sociaux. "D’où que [la haine] vienne, elle est intolérable, nous ne pouvons pas l’accepter". Et d’ajouter : "Je pense que nous avons laissé, au cours de ces dernières années, s’installer des discours, des amalgames, qui ont fracturé une partie de la société française". "La haine, le racisme, l'antisémitisme, les attaques contre les musulmans sont des délits. La France n'est pas soumise, elle ne peut pas accepter l’intolérance et la haine donc elle doit, d’une certaine manière, se rebeller", "parce que c'est cela aussi qui tue", a-t-il conclu au micro de France Inter.



Manuel Valls a ensuite participé à la réunion interministérielle de crise à l'Élysée, à l'issue de laquelle il s'est exprimé devant la presse :
 
"Nous voulons dire aux Français toute la mobilisation qui est la nôtre"