6 juillet 2016 - Actualité

Manuel Valls : "Ce pacte État-métropoles présente la cartographie de nos innovations urbaines"

Manuel Valls a signé à Lyon ce mercredi 6 juillet avec les présidents des 15 métropoles françaises, réunies au sein de l’association France urbaine, le pacte "Etat-métropoles". Inédit dans sa forme et soutenu par la réunion régulière d’une Conférence des métropoles (C15), ce pacte vise à renforcer les métropoles, soutenir leur stratégie d’innovation et accompagner leur développement.
 
Avec les récentes lois NOTRe et Maptam, l’État a d’ores et déjà donné aux métropoles un cadre institutionnel renouvelé. "À l’heure où la concurrence entre les territoires, à l’échelle de l’Europe, et du monde, est de plus en plus forte, la nouvelle organisation territoriale française consacre aussi le rôle des métropoles", a rappelé Manuel Valls devant les présidents des 15 métropoles françaises, réunies au sein de l’association France urbaine[1]. "C’est le sens de ce pacte, conforter ce nouveau cadre et déployer des moyens pour renforcer leur capacité d’action au service des habitants et soutenir leurs stratégies d’innovation."

"Il ne s’agit plus – comme cela a longtemps été le cas – de décliner des orientations venues d’en haut, de Paris, dans vos territoires, mais de construire à partir de vos demandes et de vos projets", leur a dit le Premier ministre, qui souhaite "donner de la souplesse" aux métropoles souhaitant se saisir des possibilités ouvertes par la loi NOTRe. "Je pense en particulier au transfert de compétences en matière de stationnement, de pouvoir de police, à l’exercice opérationnel des compétences en matière d’énergie." Toutes les expérimentations doivent être encouragées, pour le Premier ministre. "Si l’État jacobin s’est longtemps méfié des grandes villes françaises, c’est désormais tout l’inverse : État et grandes villes travaillent main dans la main."
 
Le pacte "État-métropoles" définit une stratégie nationale de développement des métropoles, fondée sur l’innovation. Il vise à construire les métropoles de demain et à relever trois défis majeurs :
  1. permettre aux métropoles d’affronter la concurrence entre métropoles mondiales. C’est en s’appuyant sur leurs projets marqués par l’exigence de l’excellence qu’elles pourront être pleinement reconnues dans le concert urbain européen et mondial ;
  2. favoriser leur rôle de locomotive de l’économie nationale. Les métropoles doivent devenir des catalyseurs du développement régional et soutenir le développement des territoires ruraux et périurbains ;
  3. donner aux métropoles les moyens de répondre aux besoins de leur population. Économiquement fortes, les métropoles sont socialement fragiles. Elles doivent répondre à des enjeux essentiels pour leur équilibre comme la crise du logement, les congestions urbaines, les quartiers sensibles, la paupérisation du milieu étudiant, l’accueil régulier de nouvelles populations...

"Le rôle de l’État, ce n’est pas avantager Lyon contre Lille ou Bordeaux contre Toulouse. C’est permettre à toutes ces villes de jouer dans la cour de Francfort, Genève, Milan ou Barcelone – et nous avons pris une initiative forte, avec toutes les collectivités intéressées, pour accueillir dans les meilleures conditions les entreprises qui vont se relocaliser après le Brexit", a aussi expliqué le Premier ministre. Attirer les grands groupes qui veulent implanter leurs activités de R&D, leurs quartiers généraux ou leurs sites de production, attirer les grands événements (expositions internationales, congrès, manifestations sportives...), mais aussi les scientifiques et les chercheurs, voilà l’enjeu pour les métropoles françaises. "Les investissements internationaux sont à la recherche de sites métropolitains répondant aux besoins en personnels qualifiés, en infrastructures, en connexions internationales. Nous faisons le choix ici de présenter ensemble une quinzaine de destinations à haut potentiel."
 
15 métropoles
qui représentent la moitié du PIB français
Le pacte ouvre ainsi la voie à 15 pactes métropolitains d’innovation. Ces partenariats particuliers, dont les thèmes ont été définis conjointement (métropole respirable, ville résiliente, projet alimentaire métropolitain…), visent à intensifier le contenu innovant des politiques conduites par les métropoles. Ensemble, ils positionnent les métropoles françaises comme des acteurs de l’innovation urbaine en identifiant une quinzaine de destinations à "haut potentiel" pour les investissements internationaux.
Chaque partenariat sera finalisé d’ici à novembre. L’État apportera 150 millions d’euros de financements dès 2017, principalement par l’intermédiaire du Fonds de soutien à l’investissement public local. La mise en réseau des métropoles contribuera à la diffusion de ces dispositifs innovants.

Ce pacte doit vivre dans le temps, a conclu Manuel Valls. "J’ai donc proposé que notre Conférence des métropoles – ce C15 qui se réunit aujourd’hui pour la première fois – soit réunie régulièrement, pour faire vivre ce dialogue direct entre nous, entre l’Etat et les exécutifs métropolitains." L’occasion pour le Gouvernement, comme pour les élus locaux, de se saisir progressivement de tous les enjeux majeurs de développement et d’attractivité : rayonnement universitaire, grands événements, investissements productifs, transformation numérique… "Nous en saisir, en sachant toujours dépasser les intérêts partisans, pour viser l’intérêt général."

[1] Les 15 métropoles : Nice, Lyon, Bordeaux, Brest, Grenoble, Lille, Montpellier, Nantes, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse, Grand-Paris, Aix-Marseille-Provence, Nancy.