Charles Michel, Manuel Valls et les ministres belges et français de l'Intérieur et de la Justice
Contenu publié sous le Gouvernement Valls II du 26 Août 2014 au 10 Février 2016

Lutte contre le terrorisme : "la France et la Belgique sont confrontées aux mêmes défis"

Manuel Valls était à Bruxelles, lundi 1er février, à l’occasion d’une réunion de travail co-présidée avec Charles Michel, Premier ministre de Belgique. Une rencontre sous le signe d'une double ambition : tirer les enseignements des attentats du 13 novembre et renforcer la coopération entre les deux pays.
 
"Les attentats du 13 novembre dernier, à Paris et Saint-Denis, ont fait surgir ce que nous redoutions depuis longtemps : des attaques terroristes d’ampleur, commises simultanément dans plusieurs lieux, par plusieurs équipes, avec la volonté de semer la mort, de nous saisir d’effroi", a rappelé Manuel Valls lors d'une conférence de presse commune avec son homologue belge, Charles Michel. "Ces actes ont été commis par des individus français et belges – en tout cas pour ceux qui ont été identifiés formellement." Un constat qui oblige les deux pays à renforcer leurs dispositifs respectifs mais aussi leur coopération, a déclaré le Premier ministre à l'issue d'une réunion de travail en présence des ministres de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et Jan Jambon, ainsi que des ministres de la Justice Jean-Jacques Urvoas et Koen Geens.

Renforcer lE partenariat Franco-belge

Manuel Valls a tenu à saluer le travail considérable des magistrats et des policiers, belges et français, qui a permis de nombreuses interpellations à la suite des attentats du 13 novembre, notamment en Belgique. Il a également rendu hommage à "l’excellent esprit de coopération, la confiance mutuelle qui existent entre nos deux pays, tant sur le plan judiciaire que policier, notamment grâce aux équipes communes d’enquête".

Dans un contexte où la menace terroriste est de plus en plus importante, la France et la Belgique travaillent à des modifications législatives pour adapter, en conséquence, leur droit à la menace. Ainsi, le projet de loi relatif à la lutte contre le crime organisé et le terrorisme sera présenté le 3 février en Conseil des ministres par Jean-Jacques Urvoas. Il complète notamment la loi très importante sur le renseignement adoptée par le Parlement, le 24 juin 2015. Outre ces modifications législatives, Manuels Valls et Charles Michel souhaitent améliorer leur coopération dans tous les domaines (renseignement, police et justice). L’enjeu étant de renforcer les capacités d’anticipation et d’investigation et de mieux détecter les déplacements des individus représentant une menace pour nos pays. Enfin, les échanges de policiers officiers de liaison, la coopération policière transfrontalière, l’affectation d’un magistrat de liaison à l’ambassade de France à Bruxelles et la lutte contre la radicalisation sont autant de mesures qui seront renforcées et mises en œuvre.
 
Il est impératif d’améliorer nos dispositifs respectifs. Il est aussi indispensable de renforcer la coopération entre nos deux pays.
Manuel Valls
Le 1er février 2016, à Bruxelles

Renforcer la coopération européenne

"Notre coopération bilatérale s’inscrit bien sûr dans un cadre européen", a rappelé Manuel Valls. C'est pourquoi la France demande aujourd'hui, avec d’autres États membres, dont la Belgique, le renforcement des outils de coopération policière et de renseignement au sein de l'Union européenne. "Schengen ne doit pas seulement être un espace de libre-circulation, mais aussi un espace de sécurité. Il y va de l’avenir même de cet espace, aujourd’hui fortement menacé", a affirmé Manuel Valls. C’est pourquoi, il est indispensable d’alimenter systématiquement le système d’information de Schengen (SIS) "pour que toutes les personnes susceptibles de représenter une menace terroriste soient signalées comme telles", a-t-il poursuivi.

Le second enjeu est de mettre en œuvre le PNR, fichier européen relatif aux données personnelles des passagers aériens, qui doit permettre une traçabilité des voyageurs dans le cadre de la lutte contre le crime organisé et le terrorisme. La feuille de route franco-belge 2016 pose également sur la table des négociations un renforcement des contrôles aux frontières européennes extérieures, "avec des contrôles systématiques, des fichiers européens alimentés par tous les États membres et des gardes-frontières européens." "Ces mesures devront être complétées sur des points majeurs : lutte contre la fraude documentaire, lutte contre le financement du terrorisme", a conclu Manuel Valls.