26 septembre 2014 - Le point sur...

Lutte contre le tabagisme : un plan d'action choc

La ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, Marisol Touraine, a présenté jeudi 25 septembre le "Programme national de réduction du tabagisme" (PNRT).
 
SYNTHESE

Le Gouvernement a "choisi son camp, celui de la santé publique" (M. Touraine, 25/09/14), en présentant un plan ambitieux pour lutter contre le fléau du tabagisme en France. Ce "Programme national de réduction du tabagisme" (PNRT) comprend des mesures choc articulées autour de 3 axes prioritaires : protéger les jeunes, aider les fumeurs à arrêter et agir sur l’économie du tabac.

1 fumeur sur 2 meurt du tabac. Le tabagisme est responsable de la mort de 73 000 personnes chaque année en France, soit 200 personnes par jour. Face à ce constat accablant, et alors que le nombre de fumeurs augmente à nouveau dans notre pays, le Gouvernement a décidé d’agir fortement.

Nos objectifs :
 
  • Dans 5 ans, le nombre de fumeurs doit avoir baissé de 10%.
  • Dans 10 ans, nous devons être descendus sous la barre des 20% de fumeurs (30% aujourd’hui, 13 M de pers.)
  • Dans moins de 20 ans, nous voulons que "les enfants qui naissent aujourd’hui soient la 1ère génération de non-fumeurs" (M. Touraine, 25/09/14).
     
Parce qu’il n’y a pas de "mesure miracle qui réduira, à elle seule, le tabagisme", pour la 1ère fois, le "Programme national de lutte contre le tabagisme" (PNRT) mobilise simultanément 3 leviers de lutte contre le tabagisme : protéger les jeunes et éviter l’entrée dans le tabagisme ; aider les fumeurs à arrêter de fumer ; agir sur l’économie du tabac.

À la demande du président de la République lors de la présentation du Plan Cancer 2014-2019 en février dernier, le "Programme national de réduction du tabagisme" comprend des mesures choc articulées autour de trois axes d’intervention prioritaires :
 
  • protéger les jeunes ;
  • aider les fumeurs à arrêter ;
  • agir sur l’économie du tabac.
     
"Dans moins de 20 ans, nous voulons que les enfants qui naissent aujourd’hui soient la première génération de non-fumeurs"
Marisol Touraine (25/09/2014)

Quels sont les objectifs visés ?
 
  • En 2019, le nombre de fumeurs doit avoir baissé d’au moins 10% ;
  • En 2024, la France doit être passée sous la barre des 20% de fumeurs (contre plus de 30% aujourd’hui) ;
  • En 2032, au moins 95% des jeunes de 18 ans doivent être non-fumeur
 
"Je ne crois pas à la mesure miracle qui réduira, à elle seule, le tabagisme"
Marisol Touraine (25/09/2014)
 
1 fumeur/2
meurt du tabac. 73 000 personnes meurent du tabac chaque année, soit 200 personnes par jour ou "l’équivalent d’1 crash d’avion de ligne par jour".
La cigarette tue 20 fois plus que les accidents de la route.

1er AXE – Protéger les jeunes et éviter l’entrée dans le tabagisme

 
  • Le plan va faire adopter les paquets de cigarettes neutres pour les rendre moins attractifs.
Ils seront ainsi standardisés : même forme, même taille, même couleur, même typographie. La place libérée sur l’emballage sera utilisée pour les avertissements sanitaires.

L’emballage neutre améliore l’efficacité des avertissements sanitaires, réduit la désinformation des consommateurs sur la dangerosité des cigarettes et neutralise l’attractivité de l’emballage et de la marque, notamment auprès des jeunes. En Australie, pays où le paquet neutre est déjà en place, on a constaté une forte augmentation des appels vers le numéro de téléphone d’aide à l’arrêt (+78% dans le mois qui a suivi la mise en place).
 
  • Le plan introduit l’interdiction de fumer en voiture en présence d’enfants de moins de 12 ans.
Dans les véhicules, les enfants sont particulièrement exposés au tabagisme passif : la concentration de particules fines est 10 fois plus élevée sur les sièges arrière des véhicules "fumeur".
 
  • Le plan rend les espaces extérieurs de jeux pour enfants non-fumeurs.
Il s’agit de "débanaliser" la consommation de cigarettes dans l’univers des enfants. Ces espaces publics qui accueillent un public majoritairement familial seront ainsi préservés du tabac.
 
  • Le plan permet d’encadrer la consommation de cigarettes électroniques
Entre 1 et 2
millions de personnes utiliseraient quotidiennement la cigarette électronique.
La publicité pour les cigarettes électroniques sera limitée, puis interdite définitivement le 20 mai 2016 sauf sur les lieux de vente des cigarettes électroniques.

Par ailleurs le vapotage sera interdit dans certains lieux publics : la cigarette électronique sera interdite dans les établissements accueillant des mineurs (les écoles, par exemple) dans tous les moyens de transport collectif, dans tous les espaces clos collectifs de travail.

Il ne faut pas confondre cigarette et cigarette électronique : il vaut mieux vapoter que fumer. Toutefois chez les jeunes, l'usage de la cigarette électronique est une porte d’entrée vers le tabagisme. De nombreux règlements intérieurs d’entreprises de transport, ainsi que des arrêtés municipaux, ont déjà adopté une interdiction de vapoter.
 

2ème AXE – Aider les fumeurs à arrêter de fumer
 

  • Le plan comprend la diffusion à des heures de grande écoute une campagne d’information "Le tabac tue un fumeur sur deux" à la télévision et à la radio et sur Internet.
Cette campagne se déroulera du 26 septembre au 22 octobre 2014. Elle fera la promotion de l’appel au numéro unique 39 89 et de l’outil "Tabac info service" : écoute, information, sensibilisation et accompagnement par des tabacologues.
 
  • Le plan impliquera davantage les médecins traitants dans la lutte contre le tabagisme.
Leurs rôles est essentiel. Plus de la moitié des fumeurs réguliers déclarent aussi avoir envie d’arrêter de fumer. Il est donc nécessaire de sensibiliser et mobiliser les professionnels de santé au repérage et à la prise en charge du tabagisme. Ainsi, la réduction du tabagisme fera désormais partie des "objectifs de santé publique" définissant la partie forfaitaire de la rémunération des médecins traitants.
 
  • Le plan améliorera le remboursement du sevrage tabagique.
La mesure permettra de rembourser les publics visés à hauteur de 150 euros par an pour les substituts nicotiniques.
Le montant du forfait de sevrage tabagique pris en charge sera triplé pour les publics prioritaires : il passera de 50 à 150 euros pour les jeunes de 20 à 30 ans, les bénéficiaires de la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) et les patients atteints de cancer.

L’aide au sevrage deviendra accessible à tous. Cette mesure vient compléter le triplement du remboursement du sevrage tabagique pour les jeunes de 20 à 25 ans réalisé en 2014.
 

3ème AXE – Agir sur l’économie du tabac

 
  • Le plan comprend la création d’un fonds dédié à la lutte contre le tabagisme.
Il permettra de mieux financer les actions de lutte contre le tabagisme, notamment : l'information (les campagnes de sensibilisation), la prévention (les actions d'éducation à la santé à destination des jeunes) et la prise en charge (l'aide au sevrage).

Le Gouvernement souhaite mettre à contribution l'industrie du tabac pour financer ce fonds. Des propositions existent et doivent désormais surmonter des questions juridiques et techniques.
 
  • Le plan souhaite renforcer la transparence sur les activités de lobbying de l’industrie du tabac.
La volonté de l’industrie du tabac d’influencer les responsables politiques, les leaders d’opinion, les consommateurs et le grand public est un fait avéré. Ainsi, l’objectif du gouvernement est de faire pour l’industrie du tabac ce qui a été fait pour l’industrie du médicament. Un site dédié sur le modèle de www.transparence.sante.gouv.fr est à l’étude.
 
  • Le plan prévoit de renforcer la lutte contre le commerce illicite de tabac.
Les contrôles de l’importation de produits du tabac achetés illicitement via internet, mais également de la contrebande et contrefaçon, seront renforcés. Le gouvernement présentera prochainement un plan d'actions interministériel spécifique, mobilisant notamment les services des douanes et de la répression des fraudes.

De quelles façons le PNRT sera intégré dans la législation ?

Les mesures d’ordre législatif seront inscrites dans le projet de loi de santé, par amendements, à l’occasion de son examen au Parlement. Par ailleurs, la transposition par la France de la directive européenne "tabac" permettra l’application de mesures telles que l’agrandissement des avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes, l’interdiction des arômes perceptibles dans les cigarettes et l’interdiction totale de publicité (sauf sur lieux de vente) pour les cigarettes électroniques.