Lutte contre l’illettrisme

 

Définitions

L’illettrisme qualifie la situation de personnes âgées de plus de seize ans qui, bien qu’ayant été scolarisées en France, n’ont pas acquis une maîtrise suffisante de la lecture, de l’écriture, du calcul et des autres compétences de base pour être autonomes dans les situations simples de la vie courante. L’illettrisme est à distinguer de :
 
  • l’analphabétisme, qui désigne la situation de personnes qui, n’ayant jamais été scolarisées, ne maitrisent pas non plus les compétences de base ;
  • la problématique dite du « Français langue étrangère », c’est-à-dire le défaut de maitrise de la langue française, écrite et orale, par la population des personnes allophones (primo-arrivants et personnes résidant depuis plus de cinq ans en France).

Les causes

Les causes de l’illettrisme sont multiples et tiennent pour partie à l’absence d’acquisition des compétences de base à l’école ou à la perte progressive de ces compétences au cours de la vie professionnelle, du fait d’un manque de pratique lié notamment à la nature « désapprenante » du travail effectué.
 
Les difficultés d’apprentissage à l’école peuvent, à leur tour, s’expliquer par les difficultés organisationnelles ou les conditions de vie et familiales. Sur les causes sociales de l’illettrisme, il convient de souligner que 20% des allocataires du RSA étaient en situation d’illettrisme en 2011, ce qui représente une proportion trois fois plus élevée que dans l’ensemble de la population de référence.
 
Par ailleurs, si aucun lien statistique n’a encore été établi entre illettrisme des parents et illettrisme de leurs enfants, l’enquête PISA de 2012 a établi une corrélation particulièrement étroite, en France, entre réussite scolaire et origines sociales. Toutes les études montrent clairement qu’illettrisme et difficultés socio-économiques s’entretiennent mutuellement.

Le système de mesure de l’illettrisme

Deux sources d’information, dont les résultats se recoupent largement, existent aujourd’hui pour mesurer la proportion de personnes en situation d’illettrisme et l’évolution de cette proportion dans le temps :
 
  • pour la mesure des nouvelles personnes en situation d’illettrisme jeunes : les tests menés au cours des journées « Défense et citoyenneté » (anciennes journées d’appel à la défense), à la participation desquelles les jeunes de 16 à 18 ans sont tenus, et qui visent à détecter les difficultés de lecture ;
  • pour la mesure du des personnes en situation d’illettrisme auprès des 18-65 ans: l’enquête « information et vie quotidienne » (IVQ) menée par l’INSEE en 2004 et en 2011/2012 auprès d’échantillons constitués respectivement de 10 400 et de 13 750 ménages et ayant pour objectif de tester la lecture et l’écriture de mots et la compréhension d’un texte simple.

De fortes disparités territoriales

Si en France métropolitaine, en 2012, 7% de la population est touchée par l’illettrisme (enquête IVQ), cette proportion varie du simple au quadruple suivant les territoires ultra-marins. Les données recueillies lors des journées « Défense et citoyenneté » (JDC) confirment cette observation. En 2014, 19,2% des jeunes ultramarins sont considérés en situation d’illettrisme, contre 3,5% en métropole (moyenne globale : 4,1%), soit 80 089 jeunes dont 14 913 en Outre-mer. Au-delà de la catégorie de l’illettrisme au sens strict, qui correspond aux niveaux 1 et 2 de la typologie des lecteurs dans les tests dispensés lors de la JDC, la proportion de jeunes ultramarins connaissant des « difficultés de lecture » est particulièrement importante en Outre-mer. Ainsi, en 2014, 35,7% des jeunes ultramarins étaient considérés comme connaissant des difficultés de lecture, contre 7,9% en métropole, la moyenne nationale s’établissant à 9,6%.
Note sur la situation dans les Outre-mer

Les quatre degrés de l’illettrisme

Le cadre national de référence établi par l’ANLCI en 2003 a permis d’établir une échelle de mesure fondée sur quatre degrés de maitrise des compétences de base :
 
Degré 1 - Repères structurants : compétences permettant, de se repérer dans l’univers de l’écrit (identification des signes et des mots), dans l’univers des nombres (base de la numération), dans l’espace et dans le temps, de participer à des échanges oraux avec des questions-réponses simples, etc…
 
Degré 2 - Compétences fonctionnelles pour la vie courante : compétences permettant, dans un environnement familier, de lire et d’écrire des phrases simples, de trouver des informations dans des documents courants, de résoudre des problèmes de la vie quotidienne nécessitant des calculs simples, etc…
 
Degré 3 - Compétence facilitant l’action dans des situations variées : ces compétences permettent de lire et d’écrire des textes courts, d’argumenter, de résoudre des problèmes plus complexes, d’utiliser plus largement des supports numériques, etc…
 
Degré 4 - Compétences renforçant l’autonomie pour agir dans la société de la connaissance : ce degré regroupe l’ensemble des compétences nécessaires pour être à l’aise dans la société, s’adapter aux évolutions et continuer à se former. Il correspond au bagage de fin de scolarité obligatoire.
Cadre national de prévention de l'illettrisme

Les journées nationales d'action contre l'illettrisme

Les journées nationales d’action contre l’illettrisme sont organisées par l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme (ANLCI), dans le prolongement de la Grande cause nationale attribuée en 2013 à la lutte contre l'illettrisme. Elles ont pour vocation de susciter une prise de conscience sur le phénomène de l'illettrisme, de montrer qu'il est possible d'en sortir à tout âge et, enfin, de proposer des manifestations, portes ouvertes, débats, rencontres et témoignages pour faire connaître les actions et formations qui existent sur tout le territoire français en direction de personnes illettrées.

Certifier les compétences

Dans le monde du travail, le Socle de connaissances et de compétences professionnelles, baptisé CléA, est une certification. Le CléA s’adresse à tout actif pas ou peu qualifié souhaitant développer et faire reconnaître ses compétences acquises dans les sept domaines de compétences identifiés par l’ensemble des branches professionnelles.
Le dispositif CléA

Le plan d’action opérationnel 2014-2018 de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme

La définition de ces orientations stratégiques constitue une étape très importante en même temps qu’une base très solide pour poursuivre la dynamique générée par l’attribution du label Grande cause nationale 2013 dans la mesure où, pour la première fois, les services de l’Etat, les Conseils régionaux, les partenaires sociaux et les chambres consulaires ont élaboré ensemble une stratégie nationale concertée qu’ils partagent.
Le plan opérationnel – ANLCI 2014-2018
Cadre national de prévention de l'illettrisme
Note sur la situation dans les Outre-mer
Le plan opérationnel – ANLCI 2014-2018