Léa : "On n'a pas envie de décevoir les gens à qui on veut donner tout notre amour"

 
Photo de Léa Miguel
Il était une fois, en Limousin, une enfant très active prénommée Léa. La petite est dotée d'une énergie débordante. Pour "canaliser cette énergie" sa mère l'inscrit au judo. Léa prend très vite le pli. "Ça m'a tout de suite beaucoup plu", se souvient-elle. "J'étais une fille avec beaucoup de pêche, assez violente."
 
Elle a 14 ans quand le pôle sportif des espoirs de Limoges la repère et la prend sous sa coupe. Tous les soirs après l'école, Léa enchaîne les cours et les entraînements, sans compter les séances de renforcement musculaire en milieu de semaine. Les week-ends et les périodes de congés, sont consacrés aux stages ou aux compétitions. Léa s'adonne avec sérieux à ce sport martial grâce auquel  elle peut exprimer sa fougue. "J'aimais ça", précise-telle Mais le dojo ne correspond  pas à son "besoin de liberté et de vivre". Elle prend la décision de tout arrêter au grand dam de ses entraîneurs et de sa mère.
 
Que faire ? Sa mère lui propose de faire du théâtre. Pour voir. "C'était ce qu'elle avait trouvé pour me sortir de ma situation", se rappelle Léa. Une idée de génie, puisqu'alors, "quelque chose s'est déclenché en moi. J'ai su que je ferai ça et rien d'autre !", dit-elle volontaire. Léa Miguel a trouvé sa voie et entre dans le monde de la comédie.
 
Après une année au Conservatoire de Bordeaux elle intègre l'École supérieure professionnelle de théâtre du Limousin pour une parenthèse de trois années. "Pendant trois ans, on est dans une bulle. Tu bouffes du théâtre et c'est tout, avec des horaires improbables ! A la russe", dit-elle en clin d'œil à Anton Kouznetsov son responsable pédagogique. Le fort caractère de Léa se heurte à celui de son mentor. "J'étais en confrontation avec lui, on se fâchait tout le temps parce que je voulais affirmer mon indépendance. Mais c'était un père pour nous tous." Elle obtient en 2013 son diplôme de comédienne professionnelle.
 
Un événement va alors marquer un tournant dans sa carrière. Elle est encore élève à l'école de théâtre, en 2013, quand l'équipe de tournage de la série historique "Un village Français", effectue un casting et la choisit  pour un rôle de figuration. "Ils cherchaient une femme pour une scène de baignade dans un lac avec un Allemand. C'était juste une petite scène." Un an après la même équipe la rappelle pour lui donner un vrai rôle. Pendant quatre ans, elle incarne Geneviève dans la série française, dont la dernière saison sera diffusée en 2017. Le tournage du dernier épisode s'est fait à Eymoutiers, en Haute-Vienne.
 
Grâce à ce tremplin, la  carrière de Léa Miguel, aujourd'hui âgée de 25 ans, s'est étoffée.  Elle a tourné dans plusieurs courts-métrages et a obtenu un rôle dans un film russe. Mais si le cinéma l'a adoptée, Léa Miguel n'a pas l'intention de délaisser les planches. "Ce que j'aime dans le théâtre, c'est la rencontre directe très forte avec le public. On n'a pas envie de décevoir les gens à qui on veut donner tout notre amour."   
 
Portrait réalisé par Patrick Do Dinh