28 septembre 2015 - Le point sur...

Le commerce extérieur

Pendant 10 ans, la puissance commerciale de la France a connu un recul sans précédent. Alors qu’elle était encore excédentaire en 2002, la balance commerciale a atteint un déficit de 75 Md € en 2011, un record depuis les années 70.
 
Ce recul a pu être constaté à toutes les échelles : dans le monde, ses parts de marchés ont baissé de 5 à 3% ; en Europe, elles ont baissé de 3 points ; en France, la part de produits manufacturés importés a crû de plus de 50%. Il a touché tous les exportateurs : les plus gros ont moins vendu, nombre des plus petits ont disparu, avec 10% des exportateurs en moins en 10 ans. Il a touché l’essentiel des produits : l’automobile, l’électronique, … et jusqu’à l’agro-alimentaire, pourtant point fort traditionnel de la France. Ce recul s’est essentiellement fait au profit de l’Allemagne : positions sur les marchés, parts de marché, déficit bilatéral, tous les indicateurs en témoignent.

Ce résultat n’est pas le fruit du hasard mais le résultat de 10 années d’inconséquence. Point fondamental : pendant 10 ans, la France n’a cessé de perdre en compétitivité, sans que rien ne soit fait pour réellement lutter : le coût du travail a augmenté, en même temps que la compétitivité qualité des produits s’est dégradée. Les dispositifs d’aides à l’export ont vu leur efficacité affaiblie, voire parfois pervertie, au point d’inciter les entreprises aux délocalisations : ce fut le constat de la Cour des comptes en 2011. Les batailles réglementaires étaient mal choisies : le gouvernement d’alors s’est félicité de nouvelles sanctions certes appropriées contre des pays en développement qui violeraient les conventions internationales, mais n’a rien fait contre les fraudes au travail détaché, pourtant le véritable enjeu.

Depuis 2012, face à la gravité de l’enjeu, une politique globale et cohérente a été mise en place. La bataille de la compétitivité a été érigée en priorité : le coût d’une heure de travail dans l’industrie est désormais 1,5 € moins cher en France qu’en Allemagne, la qualité du marché du travail a déjà gagné 10 places au niveau mondial, des stratégies de filières sont développées, ... La mobilisation déterminée pour des secteurs en difficulté a été assurée : pour l’automobile, pour les volailles, pour le tourisme. La politique des aides à l’export a été refondée : Business France a déjà dépassé de 10% l’objectif de PME et ETI à accompagner en 2014. Une véritable diplomatie économique, modeste et patiente, a été affirmée : la vente de plus de 80 Rafale en 2015, alors qu’aucun ne l’avait été depuis 2002, une source de fierté particulière pour la France et ses savoir-faire de pointe. La France s’est engagée dans le même temps pour une politique commerciale fondée sur une série de principes : transparence, réciprocité, défense des choix de société européens, création d’une Cour publique permanente pour une véritable justice internationale de l’investissement et promotion des positions commerciales de nos entreprises, petites et grandes.

Aussi constate-t-on aujourd’hui un redressement du commerce extérieur. Mi-2015, le déficit commercial est passé sous la barre des 50 Md€, en cumul sur 1 an. Au niveau de l’Union européenne, le déficit s’est réduit de 15% en 2014 : le déficit avec l’Allemagne s’est réduit de 10% en 2014, de 20% depuis 2012 ; celui avec l’Italie s’est réduit pour la première fois depuis 2002 ; la France est redevenue excédentaire vis-à-vis de l’Espagne ; l’excédent avec le Royaume-Uni a progressé de 25%. Au niveau mondial, le déficit vis-à-vis des 49 pays cibles de la stratégie du commerce extérieur recule de 12% en 2014 : le déficit vis-à-vis des Etats-Unis s’est réduit de 27% ; le solde avec le Canada est presque revenu à l’équilibre ; la Corée du Sud est devenue le 5ème excédent bilatéral de la France ; l’excédent vis-à-vis de l’Afrique a été multiplié par plus de 2. Le nombre d’exportateurs est reparti à la hausse depuis 2012, et ces exportateurs s’orientent bien vers les marchés à potentiel. Les exportations sont en hausse, de +5,3% sur les 7 premiers mois de 2015 après, déjà, une légère hausse en 2014. La plupart des secteurs sont concernés avec deux faits particulièrement remarquables : l’excédent du secteur aéronautique et spatial a progressé de 17% de 2012 à 2014, et le tourisme connaît une année 2015 exceptionnelle, avec un chiffre d’affaires qui devrait être en hausse de +4/4,5%. Il faut poursuivre avec détermination la bataille engagée.
 

1. L’état du commerce extérieur en 2011

Un recul sans précédent

En 2011, la balance commerciale de la France a atteint un déficit historique : - 75 Md €, l’équivalent de 3,5% du PIB perdu dans nos échanges avec le monde.

C’est un record sans précédent depuis le début des années 70. Avant la profonde dégradation entamée en 2002, le précédent record s’établissait en 1982, à -14,3 Md €. En 2011, c’est 4 à 5 fois plus.

C’est le fruit d’une dégradation forte et continue pendant 10 ans. En 2002, la balance commerciale était en excédent, de 2,6 Md €.

Un recul à toutes les échelles

La France a reculé dans le monde : ses parts de marché mondial ont décru d’environ 5% à 3% de 2002 à 2011 (chiffres FMI).

La France a reculé en Europe, et face à ses partenaires européens :
  • Sur le marché européen : la part de marché des exportations françaises en Europe a perdu 3 points en 10 ans (de 12,7 % à 9,3 % de 2000 à 2011, Rapport Gallois) ;
  • Dans la part que l’Europe prend au commerce mondial : la part des exportations françaises dans les exportations totales de la zone euro a elle aussi chuté de 3 points en 10 ans (de 15,8% à 12,9% de 2000 à 2011, Douanes, Eurostat). A titre d’exemple, en 2008, et parmi les 50 premiers importateurs mondiaux, seules l'Estonie, la Pologne, la République slovaque, l'Australie et la Malaisie ont accru leurs achats en provenance de France.
La France a reculé sur son propre marché intérieur : la part des produits importés dans la demande intérieure de produits manufacturés s’est accrue de plus de 50% en 15 ans, deux fois plus rapidement qu’en Allemagne.

Un recul de tous les exportateurs

Les gros exportateurs ont particulièrement subi cette dégradation (les 1% réalisant 70% de la valeur des exportations). En cause : les délocalisations, les abandons de marché, l’atonie des grands contrats (cf. « Performances à l’exportation de la France et de l’Allemagne », L. Fontagné et G. Gaulier, CAS, 2008).

Le nombre d’entreprises exportatrices, et notamment de PME et ETI, a baissé pour sa part de plus de 10% en 10 ans (de 130 000 à 116 000 de 2002 à 2011, Douanes).

Un recul sur l’essentiel des produits - exemples

Dans l’automobile : en 10 ans, la part de la France dans les exportations de la zone euro y a baissé de 3,8 points, la part de l’Allemagne a augmenté de 5,7 points (rapport Coe-Rexecode, janvier 2011, période 1999-2008).

Dans l’électronique : en 10 ans, la part de la France dans les exportations de la zone euro a baissé de 5,6 points, la part de l’Allemagne a augmenté de 7,0 points (source et période : idem)

Dans le secteur agro-alimentaire, traditionnel point fort de la France : en 10 ans, la part de la France dans les exportations de la zone euro a baissé de 4,1 points, la part de l’Allemagne a augmenté de 3,2 points (source et période : idem).

Un recul face à l’Allemagne

Le déficit commercial de la France contraste avec les excédents que l’Allemagne s’est habituée à battre chaque année : à 158 Md € en 2011.

L’Allemagne a gagné des positions là où la France en a perdu : 7 produits français sur 10 sont directement concurrencés sur les marchés par des produits allemands (cf. supra).

Cela se traduit par le décrochage des exportations françaises : elles représentaient 55% des exportations allemandes au début des années 2000, 40% seulement en 2010 (Coe-Rexecode, janvier 2011).

Le déficit commercial de la France elle-même vis-à-vis de l’Allemagne s’est détérioré en 10 ans. Ce deuxième déficit bilatéral de la France, après la Chine, s’est porté à -16,2 Md € en 2011, -18 Md € en 2012, soit environ 25% du déficit global. Sur la seule période 2002 à 2008, les importations françaises en provenance d’Allemagne ont progressé de plus de 25% quand les exportations françaises à destination de l’Allemagne n’ont progressé que de 10%.
 

2. Le fruit de 10 ans d’inconséquence

La compétitivité, le défi oublié

Le coût du travail n’a cessé d’augmenter : alors que le coût du travail horaire dans l’industrie était 15% inférieur au coût allemand en 2000 (24 € au lieu de 28,4 €), il lui est devenu égal en 2012 (36,8 € en France et 36,2 € en Allemagne).

La compétitivité hors-prix de la France s’est également dégradée : le rapport qualité-prix des produits français a continûment reculé, pour passer de la 2ème à la 5ème position sur 10 pays évalués par Coe-Rexecode de 2000 à 2012.

La dissimulation des échecs a été la dernière politique industrielle du quinquennat précédent : le plan social préparé par PSA a, parmi d’autres, été caché jusqu’à la présidentielle, comme l’a reconnu François Fillon lui-même.

Des outils de soutien affaiblis, voire parfois pervertis

Les aides à l’export ont été affaiblies, avec des acteurs et dispositifs nombreux, éclatés, des actions menées sans évaluation, et une absence de stratégie dans le domaine. C’est le constat de la Cour des comptes dressé en 2011.

Pire, elles ont pu être perverties, au point d’inciter les entreprises aux délocalisations. La Cour des comptes est ainsi allée jusqu´à demander « la définition d´une politique d´internationalisation des entreprises tenant compte de ses conséquences en termes d´emplois », pour inciter les pouvoirs publics à ne pas favoriser des délocalisations via des soutiens susceptibles de soutenir « un transfert d’activité de la France vers un pays tiers ».

Des batailles règlementaires mal ciblées

Alors que notre principal concurrent est l’Allemagne, le gouvernement précédent s’est trompé de combat en ne cherchant qu’à se protéger des pays les plus pauvres :
  • Il s’est félicité des sanctions contre « les pays en développement qui violent les conventions internationales en matière sociale et environnementale […] par le retrait des droits de douane préférentiels dont ils bénéficient à l’entrée dans l’Union européenne » : juste, mais pas au coeur du problème, et l’approche punitive ne résout rien (extrait de la dernière communication en Conseil des ministres sur le commerce extérieur, le 8 février 2012) ;
  • Il n’a rien fait pour lutter contre les fraudes au travail détaché.
 

3. Depuis 2012, une politique globale et cohérente

La compétitivité, une priorité

La France ne peut résister ni a fortiori progresser dans le commerce mondial si elle n’est pas compétitive. Après 10 années de déclin, le gouvernement a décidé d’en faire une priorité :

Le coût du travail est abaissé : alors qu’il avait fini par égaler le coût allemand en 2012, il est désormais inférieur au coût allemand, alors qu’il était devenu supérieur en 2012, le coût d’une heure de travail dans l’industrie manufacturière est désormais 1,5 € moins cher en France qu’en Allemagne (37,36 € vs 38,91 €). 23 Md € ont déjà été mobilisés pour la baisse du coût du travail à travers le CICE et le Pacte de responsabilité, 30 Md € au total le seront d’ici 2017.

La fiscalité des entreprises est allégée, de 10 Md € supplémentaires d’ici 2017 : suppression progressive de la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), de la surtaxe de l’impôt sur les sociétés (IS) et réduction du taux normal d’IS. Auxquels s’ajoute une mesure de suramortissement fiscal des investissements (2,5 Md €).

Le marché du travail est réformé. La qualité du fonctionnement du marché du travail a déjà gagné 10 places au niveau mondial depuis l’entrée en vigueur de la loi pour la sécurisation de l’emploi (World Economic Forum). La réforme de la formation professionnelle et du dialogue social s’y sont ajoutées depuis. Une nouvelle réforme s’engage suite à la remise du rapport Combrexelle.

La simplification de la vie des entreprises est engagée. Les premières mesures mise en oeuvre ont déjà permis 3,3 Md € d’économies. Les près de 400 mesures identifiées devraient permettre d’atteindre 11 Md € d’ici 2017.

L’innovation est encouragée : le Crédit d’impôt recherche a été étendu aux dépenses d’innovation pour les PME, Bpifrance a été créée pour soutenir le financement des entreprises et notamment leurs projets innovants, un Concours mondial de l’innovation a été lancé pour attirer les nouvelles entreprises à haut potentiel à s’implanter en France, le plus grand incubateur de start-ups d’Europe ouvrira en 2016 à la Halle Freyssinet, …

Des stratégies de filières ont été développées : contrats de filières, « Nouvelle France industrielle » et plan Usine du Futur soutenus par 3,4 Md € d’investissements publics, …

La baisse de l’euro est devenue une réalité : à 1,13 $, il est désormais en-deçà de son cours d’introduction il y a 16 ans, en 1999. Il était monté jusqu’à 1,58 $ en 2008.

Des engagements sectoriels

Un plan pour soutenir l’automobile a été mis en place dès 2012 : développement des bornes de recharge électrique, commande publique exemplaire, renforcement du dispositif de bonus-malus, … Ces principes ont été repris dans la loi de transition énergétique. L’Etat est par ailleurs entré au capital de PSA en difficulté : la branche automobile de PSA perdait alors 1 Md €, elle est désormais à l’équilibre.

Le gouvernement s’est mobilisé pour sauver la filière de volaille à l’export, en grand péril au printemps 2012. Doux, le premier exportateur de volaille, représentant 15% du commerce mondial de poulets entiers, était en effet en grande difficulté, au point qu’il a déposé son bilan dès la fin mai. Toute la filière volaille export était en péril : le deuxième opérateur, Tilly Sabco, était aussi très fragile (il a connu de grosses difficultés en 2013). Face à cette situation, le gouvernement, qui a cru en la filière, a su mettre en place des aides de transition et accompagner la restructuration du capital de ces sociétés. Doux est aujourd’hui stabilisé et adossé à deux opérateurs solides (un acteur français de la volaille, et son premier client sur le marché saoudien), et Tilly Sabco est en train de redémarrer. C’est un chiffre d’affaires annuel de plus de 400 M€ à l’export qui a ainsi été préservé.

Une attention de premier ordre est désormais portée au tourisme : le ministre des Affaires étrangères en a fait l’une de ses priorités, et le Secrétaire d’Etat en charge du Commerce extérieur a également la responsabilité de ce portefeuille. Le tourisme bénéficie désormais d’une politique à part entière, avec un objectif : 100 millions de touristes étrangers en 2020 (amélioration de l’accueil, stratégie de promotion, formation, numérique, …).

La refondation de la politique de soutien à l’export

Pour doter la France d’une stratégie à l’export centrée sur des priorités sectorielles, 6 « familles » de produits stratégiques à l’export ont été identifiées autour d’un fédérateur des entreprises : les produits du « mieux se nourrir », du « mieux se soigner » ; du « mieux vivre en ville » ; du « mieux communiquer », du « mieux se divertir et se cultiver », le tourisme enfin.

Le gouvernement a travaillé à fédérer les énergies, car « l’équipe de France de l’export » ne souffrait pas tant d’un déficit de moyens que de leur dispersion. Une série de mesures concrètes pour soutenir le soutien au développement international des PME et ETI et renforcer des dispositifs publics d’accompagnement à l’export ont été engagées, sous l’impulsion de Matthias Fekl, secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur. Alors que le pilotage ou la tutelle de tous ces acteurs est désormais rassemblée au MAEDI, l’objectif consiste à les mettre davantage en synergie et d’en assurer le pilotage :
  • L’Etat s’est doté d’un grand opérateur public de soutien à l’export et à l’attractivité du territoire avec l’agence Business France, opérationnelle depuis le 1er janvier 2015. Elle est le résultat de la fusion d’Ubifrance et de l’AFII (Agence française pour les investissements internationaux). La rationalisation des outils publics de soutien à nos entreprises se poursuit pour répondre aux enjeux de développement international de nos entreprises dans l’agro-alimentaire avec le rapprochement des activités de la Sopexa et de Business France;
  • Un programme d’accompagnement renforcé à l’export de 1000 PME et ETI de croissance a été lancé. Fin 2014, 712 PME et ETI sont candidates pour bénéficier de l’accompagnement, dépassant ainsi l’objectif fixé à 600 à fin 2014 ;
  • Dans le cadre du premier Forum des PME à l’international, un plan d’action dédié au développement international des PME a été présenté en mars 2015 : guichet unique d'ici mi-2016 pour les procédures douanières, création d’un annuaire de contacts à l’étranger augmentation du nombre de VIE pour atteindre 10000 par an en 2017, création d’un parcours simplifié d’accompagnement commun aux opérateurs publics et leurs partenaires pour 3000 PME d’ici 2018 ;
  • Dès 2014, Business France a accompagné 14 500 PME et ETI, soit 10% de plus que l’objectif fixé. L’efficacité est au rendez-vous : 36% des entreprises accompagnées ont réalisé un nouveau « courant d’affaires », contre 32% sur la même période en 2013.
Les financements exports ont fait l’objet d’un ensemble de réformes, afin d’en maintenir la compétitivité :
  • Les sources de financement des exportations françaises ont été élargies : garantie de refinancement, garantie de change sur la valeur résiduelle des aéronefs, extension de la garantie « pure et inconditionnelle », …
  • La démocratisation de l’accès des PME et des ETI aux soutiens financiers à l’export a fait l’objet d’un plan d’action, qui a permis de clarifier l’offre accessible, d’adapter les outils existants à leurs besoins spécifiques d’installer au sein des directions régionales de Bpifrance des conseillers internationaux de Business France et de développeurs de Coface, …
  • Une « banque de l’export » a été créée, pour les contrats supérieurs à 100 M €. Elle bénéficie également indirectement aux PME, qui interviennent comme sous-traitants de donneurs d’ordre. Des activités de prêt direct à l’export ont également été développées.
  • Enfin, l’Etat a annoncé en juillet dernier qu’il allait transférer au premier semestre 2016 à BPI France la gestion des garanties publiques export, exercée jusqu’alors par la Coface. Cette décision constitue un pas supplémentaire dans le sens du renforcement et de la rationalisation du dispositif public de soutien à l’internationalisation des entreprises françaises.
     
L’exemple General Electric

La politique de soutien à l’export française, sécurisée et renforcée notamment dans le cadre de l’action conduite par la Coface, est devenue un atout clé pour la compétitivité du territoire, identifié comme tel par General Electric : le groupe américain a ainsi décidé de relocaliser en France, à Belfort, 400 emplois actuellement situés aux Etats-Unis. Ces emplois s’ajoutent à la création de 1000 postes à laquelle le groupe s’est engagé dans le cadre du rachat d’activités d’Alstom.


Une politique commerciale fondée sur des principes

Le gouvernement français est engagé au sein de l’Union européenne en faveur d’une politique commerciale et de négociations :
  • Réalisées en toute transparence : mise en place d’un comité de suivi stratégique de la politique commerciale, qui rassemble élus, ONG, syndicats et fédérations professionnelles ; politique de publication de documents officiels ; engagement pour la publication du mandat du TTIP (obtenu en octobre 2014) ;
  • Fondées sur la réciprocité : seuls des accords équilibrés, qui engagent les parties de la même façon, sont acceptables. Par exemple, si la France doit appliquer le TTIP, alors le Delaware ou le Minnesota doivent aussi le faire ;
  • Protégeant nos choix de société : les accords commerciaux ne peuvent remettre en cause nos préférences en matière de santé, d’environnement, de sécurité des consommateurs, qui résultent de décisions démocratiques ;
  • Aboutissant à la création d’une Cour publique et permanente pour une véritable justice internationale de l’investissement. Face aux dérives du mécanisme d’arbitrage investisseurs/Etats (ISDS) qui conduisent à la remise en cause de politiques publiques au seul nom du profit, le gouvernement s’est engagé pour la mise en place d’une véritable justice internationale de l’investissement, à travers la création une cour publique, permanente et indépendante, à terme multilatérale ;
  • Promouvant nos entreprises : nos entreprises, et notamment les PME, ne se battent pas toujours à armes égales à l’étranger. Nombreux sont les marchés fermés ou difficiles d’accès. Les accords commerciaux doivent lever ces barrières.

L’affirmation d’une diplomatie économique

L’action du Président de la République et du gouvernement permet régulièrement d’ouvrir des marchés ou de finaliser des contrats : ventes d’Airbus au Koweït, au Vietnam, en Indonésie ; vente de paquebots STX à MSC Croisières ; …

Les visites officielles font pour cela une plus large part aux marchés émergents : aux Philippines, en Thaïlande, en Argentine, au Chili, … L’accroissement des moyens dans les régions du monde les plus dynamiques a d’ailleurs été engagé, pour une présence diplomatique plus en phase avec les évolutions du monde.

Sous l’égide de Laurent Fabius, une réforme ambitieuse a confié au ministère des Affaires étrangères et du Développement international l’ensemble des leviers de l’action extérieure de l’Etat. La diplomatie économique a été mise au coeur des objectifs du réseau diplomatique français. Les ambassadeurs sont mobilisés, le dialogue avec les entreprises, renforcé et renouvelé - en témoigne l’organisation d’un premier « speed-dating » entre ambassadeurs et entrepreneurs lors de la Semaine des Ambassadeurs, organisée en août dernier.

En particulier, le succès du Rafale est une fierté pour la France : plus de 80 appareils ont été vendus en 2015, alors qu’aucun ne l’avait été depuis 2002, date de sa mise en service (24 à l’Egypte, 36 à l’Inde, 24 au Qatar).

Une diplomatie des terroirs est aussi mise en oeuvre : avancées historiques obtenues dans la protection des indications géographiques agricoles au niveau international, reconnaissance de l’indication géographique des vins de Bordeaux par la Chine, ouverture de la Chine à la charcuterie française, …

Dans le cadre de la mise en oeuvre du volet international du plan de soutien à l’élevage français, le gouvernement a obtenu la levée des embargos pesant sur les exportations de viande bovine française à destination du Vietnam et de Singapour. Des démarches ont par ailleurs été engagées pour appuyer les demandes d’autorisation d’exportations auprès des autorités sanitaires de plusieurs pays : Chine, Etats-Unis…
 

4. Depuis 2012, un redressement du commerce extérieur


Un redressement général

Mi-2015, le déficit commercial est passé sous la barre des 50 Md€, en cumul sur 1 an (49,2 Md€).

Hors énergie, la réduction du déficit commercial est aujourd’hui de 40 % par rapport à 2011.

La dynamique est positive : le déficit du premier semestre 2015 est en baisse de 20 % par rapport au semestre précédent. C'est le meilleur chiffre depuis 2009.

Les exportations françaises redémarrent nettement : + 5,3% sur les sept premiers mois de 2015, après, déjà, une légère augmentation en 2014. Le redressement de la balance commerciale ne tient pas au seul effet de la baisse du coût du pétrole mais s’appuie également sur les gains de compétitivité de l’industrie française.

L’excédent sur les échanges de services et le négoce international contrebalance aujourd’hui à plus de 80% le déficit des échanges de biens.

Un redressement vis-à-vis de nos principaux partenaires

Depuis 2012, la part de marché de la France dans le monde se stabilise, à 3,1% sur les biens et à 3,5% sur les biens et services (respectivement 1er trimestre 2015 et année 2014, données Direction générale du Trésor).

Au niveau de l’Union européenne, le déficit s’est réduit de 15% en 2014, en baisse de 5,4 Md € :
 
  • Le déficit avec l’Allemagne s’est réduit de 10% en 2014, de 20% depuis 2012 (de 18 à 14,4 Md €). Il retrouve son plus faible niveau depuis 2006. Cela tient à une forte baisse des importations en provenance d’Allemagne depuis 2 ans, ainsi qu’à une reprise à la hausse des exportations vers l’Allemagne depuis 2013, en particulier des équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique ainsi que celle des matériels de transport ;
  • Le déficit avec l’Italie, lui, s’est réduit pour la première fois depuis 2002, de près de 10% par rapport à 2013 (-5,9 Md € en 2013, -5,4 Md € en 2014). Cette amélioration se confirme au premier trimestre 2015, avec une réduction de 50% par rapport au premier trimestre 2014 (de -1,5 Md € à -0,7 Md €), tenant à parts égales de la hausse de nos exportations et de la baisse de nos importations ;
  • La France est redevenue excédentaire vis-à-vis de l’Espagne pour la première fois depuis 2011, à +0,9 Md €, grâce à des exportations en forte hausse et des importations en baisse ;
  • L’excédent avec le Royaume-Uni a progressé de 25%, de 8,7 à 10,8 Md € : c’est l’excédent bilatéral le plus élevé enregistré par la France.
Au niveau mondial, le déficit vis-à-vis des 49 pays cibles de la stratégie du commerce extérieur recule de 12% en 2014 :
 
  • Le déficit vis-à-vis des Etats-Unis se réduit de 27%, à 4,2 Md € ;
  • Le solde avec le Canada revient presque à l’équilibre, à -48 M € contre -351 M € en 2013 ;
  • L’excédent avec les Emirats Arabes Unis a progressé de 9,8%, à 3 Md € (premier client de la zone Proche et Moyen-Orient) ;
  • La Corée du Sud est devenu le 5ème excédent bilatéral de la France, 3 ans après la signature de l’accord de libre-échange avec ce pays ;
  • L’excédent vis-à-vis de l’Afrique a été multiplié par plus de 2.
 
Zoom sur l’Iran
Partenaire traditionnel de l'Iran, la France a vu ses échanges avec ce pays chuter de 4 Md € en 2004 à 500 M€ en 2013. Du 20 au 22 septembre 2015, Stéphane Le Foll et Matthias Fekl ont conduit une délégation française de 150 chefs d’entreprises en Iran, à savoir la plus grande délégation européenne depuis l’accord signé sur le nucléaire iranien. Ils ont inauguré un bureau Business France, marquant la volonté de soutien de la France aux entreprises et la volonté stratégique de s'inscrire dans le temps long. Le Service économique de Téhéran sera pour sa part renforcé au début du mois d’octobre. La Coface est en train de préparer l’éventuelle réouverture de son activité d’assurance-crédit, qui pourrait intervenir dans la foulée de la levée effective des sanctions (1er semestre 2016).


Un nouveau dynamisme des exportateurs

Depuis 2012, le nombre d’exportateurs, est reparti à la hausse, pour atteindre le nombre de 121 000 en 2014. Ces 3 années consécutives de hausse font suite à une décennie de baisse quasi-ininterrompue depuis le début des années 2000. Il a maintenant retrouvé son niveau d’avant-crise.

En 2014, tant le nombre de gros que de petits exportateurs augmente : + 0,6 % pour les moins de 20 salariés et + 0,8 % pour les plus de 250 salariés par rapport à 2013. En 2014, les exportations de PME ont progressé de 2,1%.

Les exportateurs s’orientent bien vers les marchés à potentiel : +3% d’exportateurs vers les Etats-Unis, +1,2% d’exportateurs vers l’Asie.

Un redressement sur l’essentiel des produits

En 2014, l’aéronautique (+2,5%), les produits chimiques, parfums et cosmétiques (+2,5%) ainsi que l’automobile (+1,6%) sont parmi les secteurs ayant le plus contribué à la croissance des exportations.

Au premier semestre 2015, la plupart des secteurs ont vu leurs exportations progresser. Les exports d’automobiles sont dynamiques, à +11%, notamment à destination de l’Europe. Les céréales affichent de bons résultats : +12%. Dans l’aéronautique et dans le secteur militaire, plusieurs grands contrats portent les exportations. La pharmacie affiche à nouveau un excédent proche de sa moyenne de long-terme, avec un quasi-doublement sur le semestre, de 1,2 Md € à 2,2 Md €.

Faits remarquables :

L’excédent du secteur aéronautique et spatial a progressé de 17% de 2012 à 2014, porté par des exportations en hausse de 22%. Airbus a notamment livré au total 629 appareils au total en 2014. L’entreprise a par ailleurs enregistré 1456 commandes d’avions (comptabilisées dans le chiffre d’affaires lors de la livraison). Arianespace s’est pour sa part placée au 1er rang mondial avec une part de marché de plus de 50 %.

Le tourisme connaît une année 2015 exceptionnelle : le chiffre d’affaires du secteur sur 2015 est attendu en hausse de +4 à +4,5%.
 
Commerce extérieur et emploi
Les ventes que la France réalise à l’étranger sont déterminantes dans la bataille qu’elle mène pour l’emploi, de même que les investissements étrangers qu’elle attire sur son sol. Les exportations de biens et services représentent ainsi près de 30% de la richesse nationale tandis qu’un quart des salariés travaille dans une entreprise exportatrice. Et le potentiel en matière d’emplois est considérable, certains économistes estimant qu’1 Md € d’exportations supplémentaires entrainent la création de 10 000 emplois. Plus de 20 000 entreprises étrangères sont par ailleurs implantées en France, représentant près de 2 millions d’emplois. Près d’1 salarié sur 9 travaille dans une filiale de groupes étrangers, et 1 salarié sur 5 dans l’industrie manufacturière. C’est plus qu’en Allemagne, en Espagne ou en Finlande. Puissance commerciale et attractivité sont indissociablement liées : ces entreprises étrangères représentent 33% des exportations françaises.
 
Commerce extérieur et régions
Plusieurs régions françaises contribuent à rendre notre balance commerciale excédentaire : Midi-Pyrénées, la Champagne-Ardenne, la Franche-Comté, la Lorraine, mais aussi la Bourgogne, le Limousin ou Poitou-Charentes vendent plus au monde qu’elles ne lui achètent. D’autres régions, dont l’Aquitaine, Rhône-Alpes, la Bretagne, la Basse-Normandie, la Picardie, l’Alsace, le Centre, l’Auvergne, sont proches de l’équilibre, voire légèrement excédentaires (en 2014). Plusieurs régions contribuent fortement aux exportations françaises : l’Ile-de-France (77,1 Md €), Rhône-Alpes (46,1 Md €) et Midi-Pyrénées (45,1 Md €) bien sûr, mais aussi le Nord-Pas-de-Calais (32,7 Md €), la Haute-Normandie (27,0 Md €), PACA (22,7 Md €), l’Alsace (30,0 Md €) et la Lorraine (16,6 Md € en 2014), les Pays-de-Loire (17,6 Md €),… Plusieurs régions ont vu leurs exportations en dynamique en 2014 : le Nord-Pas-de-Calais (+0,9%), l’Alsace et Rhône-Alpes (+1,2 %), Midi-Pyrénées (+2,1%), PACA (+2,9%), Champagne-Ardenne (+5,4%), la Basse-Normandie (+7,4%), la Franche-Comté (+7,6%), la Corse (+18%) …
 
L’exemple de la Lorraine
La Lorraine est la 4ème région exportatrice française, avec un excédent commercial de 2 Md € en 2014. Particulièrement tournée vers l’Allemagne, elle dégage avec elle un excédent commercial (460 M€ en 2013). Il en va de même avec son autre voisin, le Luxembourg (384 M€ en 2013), ainsi qu’avec le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, la Turquie, la Belgique, la Suisse, les Pays-Bas, la Roumanie, … La Lorraine est la première région exportatrice de produits de fonderie. Elle est la seconde pour la pâte à papier, le papier et le carton (les Vosges sont le 1er département français exportateur dans ce secteur, à 13,1%). Elle est également seconde pour les produits sidérurgiques et de première transformation de l'acier, et pour les produits en caoutchouc. Elle est 3ème pour les automobiles, 4ème pour les machines agricoles et forestières. De grands constructeurs automobiles sont installés en Lorraine comme PSA, Daimler (SMART et Evobus) et Renault. L’industrie métallurgique, énergétique et chimique, avec ArcelorMittal, ThyssenKrupp, Saint-Gobain, EDF, TOTAL et ARKEMA, y est fortement présente. Des partenariats publics-privés permettent l’accueil de grands investissements : Pierre et Vacances (Center Parcs), Pavatex, et Safran ont fait le choix de la Lorraine.