6 janvier 2017 - Actualité

"La question scolaire est indissociable à nos yeux de celle de la justice sociale"

Le Premier ministre, Bernard Cazeneuve et Najat Vallaud-Belkacem étaient en Auvergne, le 6 janvier 2017, où ils se sont rendus, dans une école primaire à Clermont-Ferrand, puis à l’École supérieure du professorat et de l’éducation située à Chamalières. Le Premier ministre a souligné les actions du Gouvernement en faveur d'une éducation où tous les élèves ont les mêmes chances de réussite.
 
 Dès son arrivée en terre d'Auvergne, à Clermont-Ferrand, c'est à l'école primaire Philippe-Arbos des Hauts-de-Chanturgue, que s'est rendu Bernard Cazeneuve, accompagné de Najat Vallaud-Belkacem, pour observer une classe bénéficiant du dispositif "plus de maîtres que de classes".
 
Ce dispositif repose sur l'affectation dans une école ou au sein d’un groupe scolaire d'un maître supplémentaire dans les territoires où les populations scolaires sont les plus fragiles. Il table sur de nouvelles organisations pédagogiques, au sein même de la classe pour mieux remédier aux difficultés d’apprentissage. Une mesure dont s'est félicité le Premier ministre : "j’ai pu apprécier ce matin en me rendant dans une classe de CM1, l’efficacité de cette mesure qui permet de répondre à la diversité des besoins des élèves et de suivre plus méticuleusement qu’auparavant ceux qui dans les classes peuvent être confrontés à des difficultés plus grandes  et qui méritent une attention plus soutenue." Un dispositif qui sera généralisé en 2017, a annoncé Najat Vallaud-Belkacem.
 
École primaire : "Ici, nous avons vu que chacun avait les mêmes chances d'accéder à la connaissance"

Pour une école égalitaire

Combattre, en effet, "l'inégalité d'éducation",  a rappelé Bernard Cazeneuve, citant Jules Ferry, est la mission assignée à l'école pour faire disparaître "la plus redoutable des inégalités qui vient de la naissance."  Pour le Premier ministre, "l’école laïque, gratuite et obligatoire a constitué la plus grande avancée de la République parce que son ambition a été précisément de permettre à chaque enfant de notre pays de s’élever au sein de la société selon son travail, selon son mérite et non en fonction d’une origine ou selon la condition sociale de son milieu."
 
Toutefois, constate le Premier ministre, "l'idéal d'une école méritocratique n'a jamais été atteint ni à l'époque de Jule Ferry ni aujourd'hui." La barrière des inégalités sociales reste un frein et "nos élèves n'ont pas les mêmes chances de réussite scolaire selon qu'ils sont issus des classes moyennes et supérieures ou qu'ils sont d'origine plus modeste."
 
"La question scolaire est indissociable à nos yeux de celle de la justice sociale" et "la première des missions de  l'école c'est d'honorer la justice de la puissance publique", a affirmé Bernard Cazeneuve. Il a rappelé que le Gouvernement a pour ambition "de transmettre des savoirs pour former des citoyens libres au sein d’une société que nous devons souhaiter chaque jour plus juste et plus unie autour des valeurs de la République. […] C’est elle qui justifie que le Gouvernement fasse de l'école l’une de ses premières priorités pour ne pas dire la première."

Priorité républicaine

"Depuis quatre ans, cette priorité donnée à l'éducation et à la jeunesse, s'est traduite de façon très concrète pour les élèves et la communauté éducative". Tous les rouages du système éducatif ont été mis en mouvement pour permettre la réussite de tous les élèves en donnant "plus de moyens à l'école de la République pour lui permettre de mieux exercer ses missions", a déclaré Bernard Cazeneuve.
 
Pour promouvoir une école plus juste, le Premier ministre a rappelé les moyens renforcés octroyés au primaire, tout comme les mesures en faveur de la scolarisation des enfants de moins de trois ans, les mesures en faveur de l'acquisition des connaissances fondamentales ou encore le dispositif  "Plus de de maîtres que de classes", dont il a pu mesurer les résultats encourageants à l'école primaire Philippe-Arbos des Hauts-de-Chanturgue.

Dans cette même école, Bernard Cazeneuve a également pu constater le bienfondé du travail en réseau : "le bénéfice de la coopération entre les enseignants du primaire, ceux du collège dans le cadre du nouveau cycle de consolidation qui a pour tâche d’assurer la transition entre les classes de CM1, de CM2 et de 6e."
 
Cette visite a aussi été l'occasion de constater sur le terrain les résultats de la réforme du collège. Ainsi, "au total, les enseignements pratiques, interdisciplinaires, l’accompagnement personnalisé, le travail en petits groupes représenteront 20% du temps des enseignants", a indiqué le Premier ministre qui a constaté qu'avec cette réforme "les établissements comme les équipes pédagogiques et  éducatives disposent aujourd'hui de davantage d'autonomie pour mieux répondre aux besoins de leurs élèves."
 
Le Premier ministre a également rappelé l'existence d'un programme pilote de haut niveau pour développer le lycée professionnel : cinq académies entament un "programme recherche/action de très haut niveau, associant chercheurs, lycéens professionnels pour penser chaque métier à l'aune du numérique et des infinies possibilités" ; sans oublier la synergie mise en place entre les différents acteurs pour faciliter l'insertion professionnels des jeunes issus de cette filière au sein des campus des métiers et des qualifications : régions, académies, enseignement supérieur et acteurs économiques, tous y contribuent.
 

Une formation de qualité des acteurs de l'école


L'École supérieure du professorat et de l’éducation, à Chamalières, était la seconde étape de la visite du Premier ministre. Dans ce lieu de formation des enseignants et des personnels éducatifs, le Premier ministre s'est adressé aux "serviteurs de la République" : "vous êtes les garants de cette continuité, de ce fil que ne se coupe pas, de ces valeurs qui se transmettent, qui se perpétuent et vous avez comme devoir, vous-mêmes, comme vos prédécesseurs pendant plusieurs décennies et plusieurs siècles, de former des citoyens libres."
 
Les Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) qui ont succédé aux Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), sont des unités de formation intégrées aux universités pour former des enseignants du primaire et du secondaire et des conseillers principaux d'éducation.  "Si nous sommes aujourd'hui dans une école supérieure du professorat et de l'éducation, c'est pour marquer qu'il est essentiel d'assurer une formation de qualité aux enseignants et aux personnels éducatifs", a déclaré Bernard Cazeneuve.  "Dans les dix prochaines années", a-t-il déclaré, "ces écoles supérieures devraient contribuer à la formation de plus de 300 000 nouveaux enseignants."

Les enseignants seront formés tout au long de leur carrière. En effet, pour le Premier ministre, "ces écoles supérieures constituent une avancée majeure pour notre système éducatif mais nous voulons aller plus loin en renforçant aussi la formation continue de nos enseignants ; il faut en effet leur permettre d’actualiser sans cesse leurs connaissances et d’améliorer leur pratique professionnelle au service de la réussite de chaque élève. L’objectif est de créer un véritable continuum de formation."
 
Visite dans une classe de CP bénéficiant du dispositif "plus de maîtres que de classes"
Visite dans une classe de CP bénéficiant du dispositif "plus de maîtres que de classes" - ©Benoit Granier/Matignon
Visite dans une classe de CP bénéficiant du dispositif "plus de maîtres que de classes"
Visite dans une classe de CP bénéficiant du dispositif "plus de maîtres que de classes" - ©Benoit Granier/Matignon
Visite dans une classe de CM2 de l'école primaire Philippe-Arbos
Visite dans une classe de CM2 de l'école primaire Philippe-Arbos - ©Benoit Granier/Matignon
Visite dans une classe de CM2 de l'école primaire Philippe-Arbos
Visite dans une classe de CM2 de l'école primaire Philippe-Arbos - ©Benoit Granier/Matignon
Visite dans une classe de CM2 de l'école primaire Philippe-Arbos
Visite dans une classe de CM2 de l'école primaire Philippe-Arbos - ©Benoit Granier/Matignon
Visite dans une classe de CM2 de l'école primaire Philippe-Arbos
Visite dans une classe de CM2 de l'école primaire Philippe-Arbos - ©Benoit Granier/Matignon
Table ronde avec les personnels éducatifs autour des dispositifs de réussite éducative
Table ronde avec les personnels éducatifs autour des dispositifs de réussite éducative - ©Benoit Granier/Matignon
Visite de l’École Supérieure du Professorat et de l’Éducation (ESPÉ) Clermont Auvergne
Visite de l’École Supérieure du Professorat et de l’Éducation (ESPÉ) Clermont Auvergne - ©Benoit Granier/Matignon
Visite de l’École Supérieure du Professorat et de l’Éducation (ESPÉ) Clermont Auvergne
Visite de l’École Supérieure du Professorat et de l’Éducation (ESPÉ) Clermont Auvergne - ©Benoit Granier/Matignon
Visite de l’École Supérieure du Professorat et de l’Éducation (ESPÉ) Clermont Auvergne
Visite de l’École Supérieure du Professorat et de l’Éducation (ESPÉ) Clermont Auvergne - ©Benoit Granier/Matignon
Bernard Cazeneuve s’est rendu, vendredi 6 janvier, à Clermont-Ferrand, accompagné de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale. Ensemble, ils ont visité une école primaire de la ville et pu observer une classe de CP bénéficiant du dispositif "plus de maîtres que de classes" ainsi qu'une classe de CM2, avant de se rendre à l’École supérieure du professorat et de l’éducation (Espé) Clermont-Auvergne.
 

Éloge du "temps long"

Comme le Premier ministre l'a souligné, s'adressant aux futurs enseignants en formation, "songez que les élèves que vous formerez au cours de votre carrière, exerceront […] une activité professionnelle au 22e siècle."
 

"Toutes ces réformes sont déjà mises en œuvre sur le terrain, dans les établissements scolaires ; elles changent en profondeur la vie des élèves, de leur famille aussi bien que de la communauté éducative et particulièrement là où peuvent se concentrer des difficultés importantes", a déclaré Bernard Cazeneuve pour qui "chaque jour compte pour essayer de bien faire et pour […] achever le travail de refondation de l'école que nous avons engagé."
 
Pour Bernard Cazeneuve, "si nous voulons que l’école continue à donner à chacun sa chance dans un pays où demeurent des inégalités, il faut que les gouvernements de la France au cours des années qui viennent, continuent à faire de l’école la priorité nationale, à l’instar de ce que nous avons fait au cours des dernières années. Il est impératif que l’on donne aux réformes le temps de se déployer."

Bernard Cazeneuve a également rappelé "l'enjeu de la grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République, lancée à la suite des attentats qui ont frappé notre pays. Un parcours citoyen a été mis en place  tout au long de la scolarité des élèves afin de leur transmettre les valeurs de la République et de les former à l’exercice de la citoyenneté." Dans une école républicaine qui "accueille tout le monde" sans distinction sociale ni d'origine, ce qui fait la force "de l’école dans la République, c’est d’exiger que dès lors qu’on en franchit la porte, on laisse à la porte de l’école tous ses préjugés mais que l’école puisse ouvrir ses portes à tous ceux qui dans la République ont envie de comprendre, de connaître et d’apprendre pour être des citoyens libres."

Le Premier ministre a souligné avec force que dans, "le combat que nous  menons pour la liberté, pour la fraternité, pour la solidarité, pour la tolérance, pour le respect de l’autre, […] il  est indispensable que l’école demeure le creuset au sein duquel les citoyens forment leur esprit et aiguisent leur capacité critique."