Manuel Valls et Stéphane Le Foll à l'événement organisé par les Jeunes agriculteurs "Les terres de Jim"
8 septembre 2014 - Actualité

"La France est un pays agricole. C'est d'abord son histoire et son identité. C'est aussi son avenir"

Manuel Valls était, samedi 6 septembre, à Saint-Jean-d’Illac (Gironde) dans le cadre d'un évènement organisé par Jeunes agriculteurs, "les terres de Jim". Accompagné de Stéphane Le Foll, il a rappelé, dans un discours plusieurs fois applaudi, l'attachement de la France à son agriculture.
 

"Le rôle de l'État et des pouvoirs publics c'est de soutenir le secteur agricole, d'être aux côtés des agriculteurs"


"Je suis venu pour vous encourager", a déclaré le Premier ministre devant les jeunes agriculteurs rassemblés à Saint-Jean-d'Illac. "La France a besoin de tous ses agriculteurs, de toutes ses agricultures. C'est pourquoi la politique de l'installation et de la transmission en agriculture doit être une priorité", a-t-il expliqué. "A l'occasion de la dernière réforme de la politique agricole commune, la France s'est battue pour convaincre ses partenaires européens du maintien de la PAC et de son budget. Et vous le savez, les retours européens dont bénéficiera la France seront donc globalement stabilisés", a rappelé Manuel Valls. La France a également obtenu la mise en place d'outils nouveaux en faveur de l'installation des jeunes agriculteurs.
 
Ma politique, mon choix, c'est de débloquer ce pays. Ce pays regorge d'énergies incroyables, et il n'est pas possible qu'autant de réglementations entravent ces énergies.

Le Premier ministre a profité de sa présence à cet événement pour annoncer l'accord de la Commission européenne obtenu en août sur le schéma proposé par la France : les agriculteurs associés, dans toutes formes sociétaires, y compris les exploitations agricoles à responsabilité limitée entre époux, pourront se transformer en groupements agricoles d'exploitation en commun (GAEC). Ils bénéficieront ainsi des aides comme les agriculteurs à titre individuel.

"L'agriculture est un secteur d'avenir. Le rôle des pouvoirs publics est donc de créer un environnement fiscal, juridique et réglementaire adapté", a assuré le Premier ministre. Il a ainsi évoqué le chantier de la simplification des réglementations et des procédures, qui ne concerne pas uniquement les entreprises agricoles, mais qui les concerne particulièrement. "C'est un enjeu pour la compétitivité des entreprises, pour réduire les coûts. C'est aussi un enjeu d'équité entre les entreprises françaises et européennes. Les engagements pris par le Gouvernement lors des États généraux de l'agriculture seront tenus", a-t-il assuré.
 

"On peut être un agriculteur performant tout en respectant l'environnement"


Le Premier ministre a affirmé qu'il voulait "tordre le cou aux clichés qui, trop souvent encore, entourent le monde agricole". Et il a dit vouloir "faire attention à ce discours que l'on entend parfois à considérer l'agriculteur comme un pollueur".

"Non", a-t-il insisté, "vous êtes au coeur de la nature et nous devons compter sur vous pour préserver l'environnement". "Il faut s'appuyer sur la recherche et l'innovation pour promouvoir l'agroécologie, ce qui ne signifie pas un retour en arrière mais plus d'innovation", a expliqué Manuel Valls. Le Premier ministre a reconnu que la France doit renforcer ses industries d’agrofournitures et de matériel agricole pour proposer aux agriculteurs des matériels et des savoir-faire nouveaux. Ils permettront d'utiliser moins de produits phytosanitaires, moins d'eau, moins d'engrais.

Donnant un signal fort, Manuel Valls a d'ailleurs promis d’œuvrer pour une révision de la directive nitrates à Bruxelles alors que la France vient à nouveau d'être condamnée pour manquement dans sa lutte contre cette pollution. Ségolène Royal et Stéphane Le Foll seront chargés de suivre le dossier. "J'insiste sur le fait que ce dossier doit être conduit par les deux [ministres] et qu'il doit bénéficier d'une expression commune, celle du Gouvernement". Deux sujets principaux doivent être objets de vigilance : la sauvegarde de l'élevage extensif et l'obtention d'un calendrier réaliste.

"Par la suite, nous travaillerons à une adaptation de cette directive nitrates dont l'approche normative a clairement montré ses limites", a-t-il assuré.

Sur un autre sujet, le Premier ministre a aussi prévenu que "la préservation du modèle alimentaire européen et de nos intérêts stratégiques agricoles seront des lignes rouges" dans le cadre des négociations sur le traité transatlantique de libre-échange.
 
Discours de Manuel Valls à l’évènement organisé par les Jeunes Agriculteurs "les terres de Jim"