Photo : Innover avec les startups pour renforcer le service public
14 novembre 2014

Innover avec les startups pour renforcer le service public

La première édition des "Rencontres des Futurs Publics", une série d’événements qui créent des espaces de dialogue et de coopération entre décideurs publics et du secteur privé autour du thème de l’innovation, s’est tenue le 14 novembre dernier.
 
Organisée dans le cadre de la Semaine de l’innovation publique, elle avait pour thème "Administrations et start-up : vers une nouvelle alliance ?". L’objectif ? Réfléchir ensemble à la manière dont les grandes organisations publiques et privées peuvent innover en s’inspirant des méthodes des startups et en travaillant avec elles. Plus de souplesse, de collaboration, de tests sur les projets, de prise en compte du point de vue de l’utilisateur… Un chemin qui peut, dans certains cas, améliorer la qualité du service produit par la puissance publique.
 

Souplesse, audace et reality checks

 
Beth Noveck, en charge de la démarche Open Government de Barack Obama pendant plusieurs années, était l’invitée d’honneur de cette rencontre, au cours de laquelle sont intervenus six "innovateurs" publics et privés.
 
La nécessité de faire évoluer les modes de fonctionnement des organisations et administrations a été fréquemment mise en avant : dans cette tâche, la collaboration avec les startups se révèle souvent efficace. L’autonomie des équipes et leur taille réduite est une évolution clé pour faire naître la souplesse des processus de décision.
 
Un projet utile se doit d’être audacieux. Raphaël Krivine, directeur digital d’Axa Banque, avoue avoir "plus souvent demandé pardon que l’autorisation de faire quelque chose", mais en justifiant sa démarche a posteriori par les résultats. Nicolas Chapuis, directeur des services d’information du Ministère des Affaires étrangères et du Développement international, a ainsi obtenu une grande liberté d’action après s’être engagé sur le respect d’un budget et d’un calendrier précis pour développer Diplomatie, le premier réseau social professionnel dans l’administration.
 
Tester très régulièrement le projet auprès des utilisateurs finaux pendant le développement est aussi un facteur d’efficacité. Cela permet de "lutter contre le tunnel de la conception" (les 6 à 18 mois où "il ne se passe rien" si le projet est conçu sans être testé), comme l’a souligné Bernard Haurie, directeur innovation du Groupe La Poste de 2012 à 2014.
 

Des obstacles difficiles à surmonter

 
Eric Conti, directeur innovation et recherche de la SNCF, a quant à lui souligner la nécessité de prioriser des chantiers en nombre limité et de créer du lien en développant des pôles d’innovation ou clusters internes, car "innover ne se fait pas "chacun dans son coin".
 
Marie Ekeland, directrice de France Digitale, qui contribue à faire de la France un territoire propice au développement des startups, a souligné qu’une startup spécialisée dans le travail avec l’administration est extrêmement rare. En effet, pour les administrations, les startups apparaissent par nature trop peu solides et susceptibles de faire défaut avant que le projet ait été mené à bien. Logiquement, les achats de l’État doivent miser sur de choix sûrs et favorisent peu l’innovation.
 
Cette première Rencontre a donc permis à des innovateurs publics et privés de témoigner des changements possibles pour mieux innover dans une administration ou une grande organisation. Surtout, elle a permis de montrer par l’exemple qu’en matière de marchés publics, de prestations sociales ou de réseau social professionnel, l’innovation peut être utilisée pour renforcer la qualité du service public.