dernière modification le 27 juillet 2016

Cellules d'urgence médico-psychologique (CUMP)

Les chocs psychologiques issus d’une attaque terroriste ou d’un drame accidentel nécessitent une prise en charge spécifique et la réparation des conséquences traumatiques qui en découlent. Les attentats comme tous les drames vécus par les victimes et leurs proches occasionnent, en effet, des blessures physiques et des blessures psychiques individuelles ou collectives, immédiates ou différées, aiguës ou chroniques.

Ces blessures psychiques nécessitent des soins d’urgence au même titre que les blessés physiques.

L’intervention rapide de médecins psychiatres, de psychologues et d’infirmiers préalablement formés et intégrés aux unités d’aide médicale urgente doit garantir une prise en charge immédiate et post-immédiate satisfaisante des victimes et permettre d’éviter l’installation des troubles de stress post-traumatique. Dans les vingt-quatre premières heures de l’événement, la présence du thérapeute, est indispensable pour aider la victime à penser de nouveaux repères. Dans une situation de type « catastrophe », le décès d’une ou plusieurs personnes peut précipiter les témoins et particulièrement les proches dans l’effroi et rendre cet événement potentiellement traumatique.

La prise en charge médico-psychologique urgente des victimes des événements psycho-traumatisants (catastrophes, attentats) est assurée en France par les Cellules d’Urgence Médico-Psychologique (CUMP). Instituées par les circulaires du 28 mai 1997 et du 20 mai 2003, les CUMP ont été intégrées au Code de la Santé Publique par le décret du 7 janvier 2013, et leur fonctionnement a été ultérieurement précisé par les arrêtés du 24 février 2014. Enfin, l’instruction Interministérielle relative à la prise en charge des victimes d’actes de terrorisme (actualisant celle du 12 novembre 2015) a complété le dispositif réglementaire en précisant les modalités de coordination.

Le décret n° 2013-15 du 7 janvier 2013 relatif à la préparation et aux réponses aux situations sanitaires exceptionnelles inscrit l’urgence médico-psychologique dans le code la santé publique et permet de répondre aux objectifs suivants :
 
  • Consolider le dispositif existant des cellules d’urgence Médico-Psychologique (CUMP) ;
  • Mieux positionner l’urgence médico-psychologique dans l’offre de soins sous la responsabilité de l’ARS et rattacher cette activité à l’aide médicale urgente ;
  • Normaliser le fonctionnement des CUMP et assurer la protection des professionnels de santé volontaires ;
  • Coordonner l’activité des CUMP ;
  • Clarifier le financement du dispositif ;
  • Redynamiser l’animation territoriale et nationale.
Les agences régionales de santé (ARS) organisent le dispositif de l’urgence médico-psychologique et s’assurent qu’il couvre l’ensemble du territoire régional.

Ce dispositif repose sur des professionnels de santé volontaires (psychiatres, psychologues, infirmiers) qui sont sollicités en tant que de besoin pour une urgence médico-psychologique. Afin de consolider ce dispositif basé sur le volontariat, l’ARS détermine les établissements de santé sièges de SAMU, dotés de personnels financés dans le cadre d’une mission d’intérêt général dédiée :

- La CUMP dite « régionale », constituée dans l’établissement de santé siège de SAMU situé dans le chef-lieu de la région ;

- La CUMP dite « renforcée », constituée dans les établissements de santé sièges de SAMU désignés par l’ARS sur la base des critères suivants :
  • L’évaluation des risques liés à la densité de la population et à la présence, dans les départements de la région, d’un ou de plusieurs sites présentant des dangers spécifiques, notamment technologiques, ou d’une agglomération prioritaire au sens du plan gouvernemental NRBC ;
  • L’activité de l’urgence médico-psychologique au sein de la région.
À la phase immédiate, la CUMP met en place le poste d’urgence médico-psychologique (PUMP) à proximité du poste médical avancé (PMA), où elle prodigue des soins psychologiques aux victimes et à toutes personnes impliquées, y compris les sauveteurs le cas échéant. La CUMP assure une fonction de tri : orientation vers une structure hospitalière des décompensations psychiatriques ou dissociations sévères persistantes.

De plus, elle prépare des soins post-immédiats (par le biais notamment de la diffusion d’une note d’information aux victimes). Les CUMP interviennent également pour des soins post-immédiats si nécessaire, avec préparation des relais thérapeutiques ultérieurs.
 

Cadre législatif


Source
Direction générale de la santé
Département des urgences sanitaires
14, avenue Duquesne
75007 Paris
http://social-sante.gouv.fr/