Manuel Valls et Jean-Paul Delevoye, président du CESE
8 juillet 2014 - Actualité

Grande Conférence sociale : les annonces de Manuel Valls

Clôturant la Grande Conférence sociale pour l'emploi, Manuel Valls a présenté les priorités du Gouvernement pour l'année à venir, au premier rang desquelles l'emploi, notamment des jeunes et des seniors, mais aussi l'apprentissage et le pouvoir d'achat des ménages.
 
 
Dans un monde qui bouge si vite, rien ne serait plus dramatique pour notre pays que l’immobilisme. Car l’immobilisme, c’est le déclin. Et moi, comme vous tous, je le refuse.
Manuel Valls

Le Premier ministre a clôturé mardi 8 juillet la 3e Grande Conférence sociale, "un moment fort dans un processus de travail permanent entre partenaires sociaux, collectivités et Gouvernement". "Accélérateur du dialogue social, (...) elle est utile aux Français, aux salariés, aux entreprises", a-t-il expliqué lors de son discours, précisant qu'un "refus prolongé du dialogue serait une posture incompréhensible. La situation de notre pays exige de tous un sens élevé des responsabilités".
 
Grande conférence sociale : l'essentiel du discours de Manuel Valls
 


Pour l'emploi des jeunes

 
Pour les entreprises, les jeunes ne sont pas une charge mais un investissement, tout simplement parce qu’ils sont l’avenir de ces entreprises, comme ils sont l’avenir du pays !
Manuel Valls

L'emploi, c'est la première priorité, a rappelé Manuel Valls, en particulier l'emploi des jeunes. Ainsi pour la première fois, la question de l’éducation et de l’insertion professionnelle des jeunes a fait l’objet d’une table-ronde lors de la Conférence sociale.

Le Premier ministre a présenté le parcours individuel d’information, d’orientation et de découverte du monde économique et professionnel, qui doit permettre un meilleur accompagnement des jeunes dans l’orientation et qui sera expérimenté dès la classe de 5e, en y associant les acteurs économiques et les partenaires sociaux.

Afin de favoriser l’esprit d’initiative et l’envie d’entreprendre dès l’école, l’État développera par réseau d’établissements des pôles de recueil d’offres de "périodes de formation en milieu professionnel" et de stages, et en appelle à l’investissement des professionnels pour réussir. La lutte contre le décrochage scolaire reste également une priorité avec, notamment, le droit au retour en formation pour les 16-25 ans prévu par la loi sur la refondation de l'école, mais aussi le service civique pour les jeunes décrocheurs qui sera doublé en développant l'implication des missions locales.

Pour les jeunes en grande difficulté, l’État mobilisera les fonds européens à hauteur de 160 millions d’euros sur deux ans :
 
  • avec un accompagnement spécifique supplémentaire de 65 000 jeunes par Pôle emploi ;
  • avec la mobilisation du dispositif Civis, renforcé pour 68 000 autres, dans les régions où le taux de chômage des jeunes dépasse 25%.
 
La garantie jeunes
Manuel Valls a annoncé l'objectif de 50 000 allocataires du dispositif dès 2015 pour aller vers 100 000 en 2017. Ce dispositif d'accompagnement renforcé vers l’emploi des 18-25 ans précaires, avec une allocation d'environ 450 euros mensuels, est actuellement expérimenté dans 10 départements.


Pour l'apprentissage : un plan de relance


Photo de Manuel Valls, déclaration sur les apprentis

"L’évolution récente est préoccupante : les entrées en apprentissage reculent, et il y a aujourd’hui moins d’apprentis qu’il y a un an", a constaté le Premier ministre, rappelant l'objectif de 500 000 apprentis en 2017, fixé par le président de la République.

Pour l'atteindre, Manuel Valls a annoncé que 200 millions d'euros supplémentaires seront dégagés et votés dès la semaine prochaine :
 
  • en premier lieu, pour étendre le potentiel des employeurs d’apprentis et inciter des chefs d’entreprise à recruter pour la première fois un apprenti, une aide de 1000 euros par apprenti sera mise en place dans les secteurs professionnels où un accord de branche aura été conclu. C’est une incitation forte pour les chefs d’entreprise, qui s’ajoutera aux aides existantes dans les TPE ; c’est une incitation forte à parvenir à un accord ;
     
  • en seond lieu, ces crédits permettront de dégager des moyens supplémentaires pour le développement quantitatif mais aussi qualitatif de l’apprentissage, en stabilisant la répartition de la taxe d’apprentissage pour conforter le rôle des régions et donner plus de marges aux entreprises et aux branches. Naturellement, ces dernières devront s’engager sur de véritables contrats de progrès : augmentation du nombre d’apprentis, mais aussi valorisation et formation des maîtres d’apprentissage, accompagnement des CFA pour trouver des employeurs, prévention des ruptures, mixité des recrutements, embauches de jeunes issus des zones urbaines sensibles, etc.

A cette mobilisation exceptionnelle s'ajouteront 100 millions d’euros issus des fonds européens dédiés, dans les deux ans qui viennent, à l’insertion des jeunes, en particulier les apprentis. Des appels à projets permettront d’aider les jeunes face aux problèmes très concrets qu’ils rencontrent : permis de conduire, hébergement, financements des premiers équipements ; 80 millions d’euros qui financeront de nouvelles formations et l’augmentation des capacités d’hébergement dans le cadre du programme d’investissements d’avenir.
 

Pour l'emploi des seniors


Parce qu'achever un parcours professionnel est parfois aussi compliqué que de le débuter, et que le chômage des plus de 50 ans a augmenté de 10%, Manuel Valls a annoncé qu'un plan d'action spécifique sera mis en oeuvre par le ministre du Travail.

Plus précisément :
 
  • Pôle emploi étendra son accompagnement renforcé, pour qu’il concerne 270 000 demandeurs d’emploi particulièrement éloignés de l’emploi, soit 80 000 de plus qu’aujourd’hui ;
  • Les contrats d’insertion dans l’emploi, pour l’embauche dans le secteur marchand, seront concentrés sur les seniors, les chômeurs de très longue durée et les personnes handicapées. Le président de la République a indiqué que 80 000 de ces CIE seront déployés en 2015.
     

Pour la croissance et le pouvoir d'achat


Photo de Manuel Valls, déclaration sur la baisse d'impôts

Le Premier ministre a annoncé qu'Arnaud Montebourg présentera une loi croissance et pouvoir d'achat qui devra permettre de retrouver de la croissance économique, une croissance durable et créatrice d'emplois.

Un observatoire des rémunérations sera créé au sein du Commissariat général à la stratégie et à la prospective afin de regrouper les études et les statistiques sur les rémunérations qui manquent aujourd’hui et ainsi de nourrir les travaux de la commission nationale de la négociation collective, dont l’action concernant les branches avec un minimum conventionnel encore inférieur au Smic sera poursuivie.

Mais au-delà de la question des rémunérations, celle du pouvoir d'achat est essentielle. Afin de relancer le pouvoir d'achat des ménages, le Premier ministre a rappelé le mouvement de baisse des impôts dans les lois financières adoptées par le Parlement :
 
  • dès cette année, 3,7 millions de ménages verront leur impôt sur le revenu baisser jusqu’à 700 euros ;
  • à partir du 1er janvier 2015, un allégement de cotisations salariales augmentera directement le salaire net de 5 millions de salariés et de plus de 2 millions de fonctionnaires.

Manuel Valls a annoncé que ces mesures seront prolongées et pérennisées et que la loi de finances pour 2015 organisera une baisse de l’impôt sur le revenu des ménages des classes moyennes.