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Une Politique agricole commune sécurisée et équitable

22.février2008

A la veille de l’ouverture du Salon de l’agriculture, Michel Barnier s’est exprimé sur l’avenir de la Pac dans les colonnes des "Echos". Il plaide pour une politique plus équitable qui permette de mieux prévenir les crises. Les agriculteurs devront être associés à la réflexion sur la réforme de la Pac prévue pour 2013.

Les exploitants agricoles ne doivent pas se voir imposer la réforme. Le ministre a donc lancé "une centaine de débats dans les départements". Leurs thèmes : quelles sont les missions de la Pac ? Pourquoi faut-il une agriculture forte ? Quels sont les enjeux de sécurité alimentaire et de préservation des territoires ?

Pour Michel Barnier, la préférence communautaire n'est pas "un gros mot". Elle est au service d'un modèle "diversifié, traçable, sécurisé et exigeant sur le plan environnemental, qui n'est pas celui d'immenses exploitations de produits aseptisés. C'est aussi le refus de laisser entrer des produits ne respectant pas les normes qu'on impose à nos propres producteurs".

Une réelle marge de manœuvre dans l'usage des aides

Le premier progrès serait, pour Michel Barnier, d'anticiper les crises et de créer des outils pour stabiliser les marchés, des outils différents selon le risque à couvrir. Il prône aussi la mise en place "d'un fonds pour faire face aux accidents sanitaires".

Le Gouvernement souhaite donc pouvoir réduire certaines aides, là où les prix ont fortement augmenté, pour créer ces outils de gestion de crise. Des objectifs réalisables, au vu du budget dont dispose la France jusqu'en 2013 : dix milliards d'euros.

Plus d'équité

Pour plus d'équité, les aides pourraient être renforcées pour certaines filières : "Je pense à l'élevage ovin, aux fruits et légumes, aux cultures bio et au lait", a notamment signalé Michel Barnier.

Sa conviction est que la Pac, un secteur qui dégage pour la France un excédent de 9 milliards d'euros, doit être adaptée et préservée. "Ce n'est pas le moment de détricoter la seule politique économique européenne qui marche bien", a-t-il souligné.