Avec l’installation du Conseil national de l’industrie (CNI), le 5 février dernier, le Gouvernement a précisé la ligne de la stratégie de filières, soit une démarche collective des acteurs incarnant une politique industrielle solidaire.
Installé le 5 février par Arnaud Montebourg, le Conseil national de l’industrie réunit sous la présidence du Premier ministre les industriels et les organisations syndicales autour de l’Etat. Il jouera un rôle central dans la mise en mouvement des entreprises et grands groupes composant les filières. Il déterminera notamment les actions spécifiques renforçant chaque industrie dans la compétition mondiale.
Conformément à la stratégie de redressement productif de la France, Il s’agit de créer de nouvelles dynamiques de filières, c’est-à-dire de faire émerger de nouvelles solidarités partenariales entre les grands groupes et les PME. Ce sont les "contrats de filières" qui formaliseront ce travail commun. Depuis décembre 2012, le ministre du Redressement productif a commencé un tour des comités de filières industrielles : filière nucléaire, filière aéronautique, ferroviaire et chimique.
Les modalités des contrats de filières
Chaque filière industrielle doit se doter d’une ambition propre, et prévoir des actions pour la réaliser.
L’Etat attend des entreprises qu’elles s’organisent collectivement pour se donner les moyens de créer des emplois, d’adapter et de développer les compétences des salariés, d’innover et d’investir en France, d’exporter vers les marchés les plus prometteurs. Cette politique de filière forte incarne concrètement le "donnant-donnant" qui est l’une des clés du redressement productif.
En contrepartie, le contrat de filière comporte aussi des engagements de l’Etat, qui peuvent prendre la forme d’accompagnement particulier des entreprises, d’ouverture d’un chantier d’évolution des textes législatifs ou réglementaires, de soutien financier à un projet collectif structurant de la filière…
Aux entreprises qui feront le choix de cette solidarité de filière, l’État apportera tout son soutien en ciblant ses interventions pour accompagner leur développement et pour améliorer leur compétitivité.
Arnaud Montebourg et Delphine Batho, ont présidé, mardi 29 janvier 2013, le comité stratégique de la filière nucléaire, sur le site de l'usine Valinox à Montbard en Côte-d'Or.
A cette occasion, un contrat de filière a été annoncé avec les objectifs suivants : inciter les jeunes à se tourner vers ces métiers, soutenir l’innovation, accompagner la transition énergétique, renforcer la cohésion de la filière pour conquérir des marchés à l’export.
Les décisions :
▪ structurer l’équipe de France du nucléaire : une structure permettant aux acteurs de se fédérer sera créée afin de mettre en valeur la filière nucléaire en France et de la promouvoir notamment à l’international ;
▪ créer un "fonds de modernisation des entreprises nucléaires", doté de 133 millions d’euros dont 50 millions venant de la BPI (Banque publique d'investissement), à travers le Fonds stratégique d’investissement ;
▪ innover, notamment en matière de démantèlement ;
▪ renforcer les conditions de recours à la sous-traitance.