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Un premier sommet du G20 se tient ce week-end à Washington

14.novembre2008

Les dirigeants des grands pays industrialisés et économies émergentes (G20) se réunissent pour la première fois les 14 et 15 novembre à Washington pour élaborer une stratégie concertée face à la crise financière, alors que les menaces sur l'économie mondiale se précisent.

Le sommet du G20, groupement né en 1999 après les crises asiatique et russe, regroupera le G8 (Allemagne, France, Etats-Unis, Japon, Canada, Italie, Royaume-Uni et Russie), l'Union européenne et 11 pays émergents (Argentine, Australie, Arabie Saoudite, Afrique du Sud, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique, Turquie). La France a cédé à l'Espagne l'un des deux sièges dont elle dispose en tant que présidente en exercice de l'UE et a invité les Pays-Bas.

Le Fonds monétaire international (FMI) et le Forum de stabilité financière (FSF) ont envoyé aujourd'hui une lettre au G20 pour se mettre à leur disposition afin de créer un mécanisme de prévention précoce des crises financières.

La lettre du FMI et du FSF au G20

Dans cette lettre adressée aux gouvernements et banques centrales du G20, ces deux organismes indiquent qu'ils vont coopérer pour avoir la capacité de sonner l'alarme en amont des crises financières. "Le FMI et le FSF vont s'exercer à donner une alerte précoce", indiquent les deux organisations.

Le FSF réunit les ministères des Finances, banques centrales et autorités de régulation financière de douze pays, ainsi que des institutions internationales, dont le FMI et la Banque mondiale, la Banque des règlements internationaux (BRI) ou l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).
Le FMI regroupe pour sa part 185 Etats membres, dont il évalue dans des rapports annuels la santé de l'économie, les plus importants faisant également l'objet d'un rapport détaillé sur leur système financier.

"Le FMI évalue les risques macrofinanciers et les vulnérabilités systémiques. Le FSF évalue les vulnérabilités du système financier, puisant dans les analyses de ses corps membres, dont le FMI. Là où ce sera nécessaire, le FMI et le FSF pourraient publier des rapports communs d'évaluation et d'atténuation des risques", selon la lettre.

Vers la création d'une structure pour superviser les plus grandes banques

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé le 14 novembre des informations de presse selon lesquelles le G20 réfléchirait à la création d'un "collège de superviseurs" pour surveiller les 30 plus grandes banques du monde et repérer toute prise de risque excessive.

Le sommet UE-Russie à la veille du G20 : convergences de vues entre l'UE et la Russie

A l'occasion d'un sommet UE-Russie à Nice, dans la matinée du 14 novembre, le président français, Nicolas Sarkozy, s'est réjoui de la proximité des propositions européennes et russes sur la réforme de la finance internationale au menu du sommet du G20.

"Je crois pouvoir dire là aussi que les propositions russes, techniques, financières, économiques, sont de grande qualité et qu'elles se rapprochent beaucoup des propositions européennes", s'est félicité Nicolas Sarkozy en rendant compte des travaux du sommet.

"Je le redis une nouvelle fois, ça ne doit pas être un sommet pour rien (...) la crise financière est d'une très grande gravité. Les mesures que nous avons prises ont permis de stabiliser les choses, on n'en est pas encore sorti mais il faut changer les choses, il faut les changer durablement, structurellement", a poursuivi le président en exercice de l'Union européenne.

Le chef de l'Etat russe a lui aussi estimé que Moscou et l'UE allaient défendre à Washington des "positions pratiquement identiques" sur les réformes de l'architecture financière internationale.

Il a également rejoint le président Nicolas Sarkozy sur la nécessité d'organiser un deuxième sommet au mois de février, une fois le président élu américain, Barack Obama, installé à la Maison Blanche.