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Un nouveau plan national pour la protection des zones humides

05.février2010
Vue du parc national de la Camargue. Photo : Hemis.fr/Leroy Dominique
Vue du parc national de la Camargue. Photo : Hemis.fr/Leroy Dominique

Dans le cadre du Grenelle de l'environnement, Chantal Jouanno a présenté, le 1er février, un plan national d’action pour la sauvegarde des zones humides. Doté d'un budget global de 20 millions sur 3 ans, le plan se décline en 29 mesures.

Aujourd'hui, les zones humides sont parmi les milieux naturels les plus menacés et les plus dégradés : près de 67 % des zones humides métropolitaines ont disparu depuis le début du XXe siècle dont la moitié en 30 ans, sur la période 1960-1990.

Les zones humides contribuent à la création d’importants réservoirs de biodiversité, à l'amélioration de la qualité des eaux superficielles, à la diminution des risques d’inondation en cas de fortes pluies et à l’alimentation des cours d’eau en période de basses eaux. Leur altération entraîne des répercussions notables sur l'environnement.

Les dégradations touchent principalement les prairies humides, les tourbières, les landes humides et les annexes alluviales et sont le plus souvent dues aux activités humaines (assèchement, fragmentation et mitage, perturbation des interconnexions hydrauliques, pollutions chimiques et organiques...).

Un plan d'actions en 29 mesures et 3 objectifs

Pour assurer la protection et la conservation de ces milieux fragilisés, le plan national prévoit, dès cette année, la mise en œuvre de 29 actions, avec notamment :

  • la création d’un parc national de zones humides ;
  • le lancement d'un appel à projets, doté de 10 millions d’euros, pour l’acquisition et la gestion de zones humides participant à la lutte contre les inondations ;
  • la proposition de 10 nouveaux sites Ramsar (voir le zoom sur) en 2010 ;
  • le lancement d’une mission d’inspection, d’ici à la fin du mois de juillet, pour améliorer les dispositifs d’aide de l’agriculture dans les zones humides ;
  • l’ouverture d’un portail internet.



Parallèlement, la secrétaire d'Etat a fixé trois objectifs, parmi lesquels :

  • le développement des bonnes pratiques pour les zones humides ;
  • l'élaboration d'outils performants pour assurer une gestion optimale entre les impératifs de production agricole et de préservation de la biodiversité (cartographie, manuel d’aide à l’identification des zones humides d’intérêt environnemental particulier, outils de formation...) ;
  • la poursuite de la mise en œuvre de la convention internationale de Ramsar sur les zones humides.

Un budget à la hauteur des enjeux

En plus des aides agricoles consacrées à la gestion durable des prairies humides par les agriculteurs, le plan d’actions est doté d’un budget global de 20 millions d’euros sur trois ans dont 10 millions d’euros consacrés à l’acquisition et à la gestion de zones humides participant à la réduction du risque inondation.

La mise en oeuvre du plan sera suivie et évaluée fin 2012 par le groupe national pour les zones humides. Des groupes techniques plus restreints pourront être créés en tant que de besoin pour la mise en oeuvre des différentes actions.

La protection des zones humides au cœur du Grenelle de l'environnement

Pour la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, le plan d'action "a vocation à coordonner la mise en oeuvre des multiples lois, directives et autres stratégies qui réglementent les zones humides. Je pense notamment aux directives-cadres sur l'eau, sur les énergies renouvelables, aux oiseaux ou encore aux habitats faune flore". Il vise "les dispositifs de préservation des zones humides tels que contenus dans la politique agricole commune autant qu’il s’articule avec la politique de prévention des inondations. Enfin il intègre la stratégie pour la création d'aires protégées, et bientôt la trame verte et bleue", a-t-elle précisé.

La protection des zones humides est aussi inscrite dans les priorités du Grenelle de l'environnement qui prévoit l’acquisition dans les cinq ans à venir de 20 000 hectares particulièrement menacés. De fait, les zones humides sont également concernées par les actions de restauration et de protection des milieux aquatiques (trame bleue) d’une part, de la biodiversité (trame verte) d’autre part.

“Prendre soin des zones humides, une réponse au changement climatique”, tel est le message de la Journée mondiale des zones humides du 2 février 2010. Célébrée chaque année, cette journée mondiale commémore la signature, le 2 février 1971, de la Convention sur les zones humides dans la ville iranienne de Ramsar, au bord de la mer Caspienne.

Entrée en vigueur en 1975, la convention regroupe aujourd’hui 158 pays. La France y a adhéré en 1986, suite à la protection de la Camargue. Depuis 1986, 35 autres sites ont été labellisés "Ramsar", dont 12 pour la seule année 2008, parmi lesquels la réserve nationale des Terres australes et antarctiques françaises, le lagon de Moorea (Polynésie française), les salins d’Hyères, ou encore, l'estuaire du fleuve Sinnamary (Guyane). Aujourd'hui, la superficie totale des zones humides protégées est évaluée à plus de 3 millions d’hectares en métropole et outre-mer.