Un indicateur de performance sociale pour les grandes écoles et les universités
Valérie Pécresse est intervenue, le 8 juin, à l’Ecole centrale de Paris. A cette occasion, elle s’est prononcée en faveur de la création d’un indicateur de performance sociale applicable à tous les établissements d’enseignement supérieur afin d’accompagner et de valoriser les efforts de mixité sociale.
La direction de l’Ecole centrale a fait de l’ouverture sociale une priorité, faisant passer la part de boursiers dans ses effectifs de 11 % en 2007 à 17 % en 2009. Comme l'a souligné Valérie Pécresse, "l’Ecole centrale n’est pas un cas isolé" : la proportion de boursiers dans les écoles d’ingénieurs a augmenté de 59 % entre 2007 et 2009. Et les boursiers représentent désormais 23 % des admis en première année.
"Des actions comparables s’engagent aujourd’hui dans toutes les grandes écoles", a déclaré la ministre : "elles doivent être soutenues, systématisées et reconnues." Pour accompagner et valoriser cet engagement, elle a annoncé la création d’un indicateur de performance sociale "applicable à tous les établissements d’enseignement supérieur, universités et grandes écoles". Un nouvel outil de pilotage qui permettra :
- de prendre en compte l’accueil et la réussite des étudiants boursiers ;
- de fixer des objectifs pluriannuels et de mesurer les progrès réalisés et ceux restant à accomplir ;
- d’évaluer, plus généralement, les résultats de la politique menée en faveur de l’égalité des chances dans l’accès à l’enseignement supérieur.
Ce nouvel indicateur "tiendra compte des caractéristiques de chaque école et de chaque université". Il sera pris en compte dans le volet "performance" du contrat d’établissement et permettra de conduire une vraie politique d’ouverture sociale.
Le président de la République a fixé en décembre 2008 l’objectif de 30 % de boursiers dans les grandes écoles. Une première étape décisive a déjà été franchie dans ce sens, grâce à l'augmentation du nombre de boursiers admis en Classes préparatoires aux grandes écoles (CGPE), qui sont le principal vivier des grandes écoles : l’objectif de 30 % de boursiers en première année de CPGE publiques a été atteint dès 2009.
"En finir avec une logique d'orientation irréversible dès la terminale"
"Chaque étudiant doit pouvoir emprunter sa propre voie de réussite et réaliser les ambitions qu’il se découvrirait une fois ses études supérieures commencées", a souligné Valérie Pécresse. Pour elle, "il faut en finir avec cette logique d’orientation irréversible, qui transforme les choix accomplis au sortir de la terminale en destin". Depuis trois ans, le Gouvernement mène des actions pour rapprocher les grandes écoles et les universités, mais aussi construire des passerelles entre les licences, les IUT et les BTS.
Valérie Pécresse a annoncé récemment une réforme des BTS, qui permettra notamment aux étudiants qui choisissent ces filières de poursuivre des études. Elle souhaite réformer dans ce sens l'ensemble des filières courtes (BTS, IUT). Le développement de l'apprentissage dans tous les cursus permet aussi de favoriser la réussite et l'adaptation des élèves.
"Centrale Paris est l’exemple même d’une de nos plus grandes écoles se saisissant de la question de l’ouverture sociale par tous les moyens à sa disposition, sans pour autant renoncer un seul instant à son exigence d’excellence", a souligné Valérie Pécresse, qui a cité les dispositifs utilisés par la grande école :
• accueil des étudiants venus de l’université, grâce à une convention avec l’université Paris XI qui permet aux étudiants de licence d’accéder au cursus d’ingénieur et, en retour, aux élèves ingénieurs attirés par la recherche et envisageant une poursuite d’études en doctorat de s’inscrire en master Centrale ;
• renforcement de la part de jeunes filles dans ses effectifs, grâce à l'organisation de conférences dans les lycées, ou encore de forums destinés aux lycéennes organisés, par exemple, en Seine-Saint-denis. Dernière initiative en date : le prochain lancement d’un site internet interactif dédié aux jeunes filles, "mademoisellefaitcentrale.com", où des élèves et des professionnelles témoigneront de leur parcours ;
• implication très forte dans le dispositif gouvernemental des "Cordées de la réussite", afin d’accueillir des jeunes venus de tous les milieux et de tous les territoires.
Centrale prévoit aussi un accompagnement spécifique pour les quelque 300 boursiers qu’elle accueille : dispense de frais de scolarité, réduction de 40 % des frais d’hébergement, versement de 60 000 euros à des étudiants en situation difficile et cautionnement de prêts bancaires à hauteur de 190 000 euros pour une quarantaine d’élèves. Elle propose une pédagogie adaptée aux élèves-ingénieurs qui le souhaitent grâce à l’apprentissage : à la rentrée 2010, tous les élèves-ingénieurs issus de CPGE ou titulaires d’une licence pourront effectuer leur scolarité par cette voie, avec un calendrier et une pédagogie adaptés.



