Sécurité routière : "ne laissons pas une personne qui a bu reprendre le volant..."
Jean-Louis Borloo, Dominique Bussereau, et Michèle Merli, déléguée interministérielle à la sécurité routière ont présenté, le 9 décembre, une nouvelle campagne de prévention grand public pour combattre le fléau de l’alcool au volant. L'objectif est d'inciter les Français à changer en profondeur leur comportement tant pour eux-mêmes que pour leurs proches.
Depuis 2006, l’alcool est la première cause de mortalité sur les routes, devant la vitesse. Pour la seule année 2008, on dénombre 6 256 accidents corporels, dont 878 mortels, impliquant un conducteur avec un taux d’alcool positif. Dans 90 % des accidents mortels liés à l’alcool, les conducteurs impliqués ayant une alcoolémie positive présentent un taux supérieur à 0,8 g/l de sang. Dans un cas sur deux, il est supérieur à 1,5 g/l de sang.
Pour Jean-Louis Borloo et Dominique Bussereau, "l’alcool au volant est la première cause de mortalité sur les routes. Il ne faut pas laisser une personne reprendre le volant si vous pensez qu’elle court un danger, ou qu’elle en fait courir à d’autres. Aujourd’hui, il faut trouver le courage et les mots pour l’empêcher de le faire. Ces morts, ces vies brisées sont parfaitement évitables, et c’est à chacun de nous de les empêcher. La sécurité au volant, c’est l’affaire de tous".
Une campagne ciblée sur la responsabilité collective
A partir du 11 décembre, la sécurité routière diffusera une campagne de communication. Elle s'appuiera sur un film TV de trente secondes, des spots radio et un site web interactif qui alerteront sur les dangers liés à l'alcool. L'axe de la campagne est d'appeler à la responsabilité collective sur les accidents de la route liés à l'alcool.
Trois spots radio déclinent aussi ce concept de "mots qui sauvent" : une jeune femme propose à une amie de rester dormir chez elle, un hôte appelle un taxi pour un de ses invités et, dans le troisième, un des convives ramène une personne qui a trop bu.
Un module internet diffusé sur le site[www.securite-routiere.gouv.fr](http:// www.securite-routiere.gouv.fr) recensera les principales informations destinées à convaincre un ami de ne pas reprendre la route après avoir bu. Cinq rubriques rappellent :
- les conséquences physiques de l'alcool sur la conduite ;
- les conseils amicaux et les solutions alternatives ;
- les sanctions juridiques et pénales ;
- les chiffres de l'accidentalité ;
- l'assimilation de l'alcool par l'organisme.
Le personnage de "Sam, celui qui conduit, c'est celui qui ne boit pas" sera plus que jamais mobilisé en cette période de fin d'année pour inciter les Français à désigner un conducteur sobre qui leur permettra de rentrer à leur domicile en toute sécurité.
Enfin, 500 000 éthylotests accompagnés de dépliants informatifs sur les risques de l'alcool seront distribués aux péages autoroutiers, le week-end du 18-19 décembre et autour de Noël les 24, 26 et 27 décembre 2009. Parmi les péages concernés, vers l’est et le sud-est : les Eprunes (A5), Fleury-en-Bière (A6), Vienne (A7), La Barque (A8), Cluses (A40) et Saint-Quentin-Fallavier (A43) et vers l’ouest et le sud-ouest : Saint-Arnoult-en-Yvelines (A11).
Chaque semaine, 19 jeunes âgés de 18 à 24 ans meurent sur les routes de France. Parmi eux, près de 8 perdent la vie dans un accident lié à un abus d’alcool.
Les fins de semaine (vendredi, samedi, dimanche) sont particulièrement meurtrières : elles représentent 56 % des décès des jeunes de 18 à 24 ans, dont 63 % ont lieu la nuit.
La consommation de cannabis ne fait que renforcer les risques : l’alcool associé au cannabis multiplie par 14 le risque pour un conducteur d’être responsable d’un accident mortel.







