Du 20 au 22 juin, les 193 pays signataires de la Convention de Rio de Janeiro de 1992 se retrouvent à Rio, vingt ans après, pour la Conférence des Nations unies sur le développement durable. Face à l'enjeu planétaire du développement durable, la France se mobilise avec, à ses côtés, les collectivités locales et les représentants de la société civile.
Vingt ans après la conférence des Nations unies sur le développement durable de 1992, Rio de Janeiro est de nouveau l’épicentre des rencontres entre les acteurs mondiaux de la lutte pour le développement durable avec le nouveau sommet de la Terre symboliquement baptisé "Rio+20"(1). Du 20 au 22 juin, Les 193 États membres des Nations unies se réunissent pour dresser le bilan de vingt ans de gestion collective de développement durable à l’échelle de la planète. Mais par-delà le bilan, le sommet Rio+20 a pour objectif de dégager les moyens politiques et juridiques pour promouvoir un modèle économique de croissance fondé sur le développement durable – "l’économie verte". Il vise également à agir contre le changement climatique et ses conséquences, contre la perte de la biodiversité, et pour permettre un choix énergétique compatible avec l’exploitation des ressources fossiles.
Une croissance verte pourvoyeuse d’emplois, comme l’a souligné Nicole Bricq(2) : "plusieurs rapports, dont celui de l’Organisation internationale du travail, ont souligné le potentiel de création d’emplois de qualité. La France montrera l’exemple, notamment par les emplois d’avenir qu’elle souhaite créer sur son sol, engendrés notamment par la transition écologique dans un pays développé […] c’est la feuille de route fixée par le président de la République", a-t-elle rappelé tout en marquant l’étroite relation entre les impératifs environnementaux et sociaux. "La France s’implique pour apporter une dimension sociale aux engagements qui seront pris à Rio", inscrivant son action dans "la préparation des suites données aux objectifs du Millénaire pour le développement, qui arrivent à échéance en 2015." Mais si l’action en faveur du développement durable s’appuie sur une démarche globale, cohérente et de long terme de l’ensemble des pays, celle-ci tire également son efficacité de l’action conjuguée des acteurs politiques et de la société civile.
Une organisation mondiale de l'environnement
Rio+20 innove en organisant plusieurs journées dédiées aux acteurs non-étatiques. Ouvert le 13 juin avec la dernière étape des négociateurs des 193 États qui se quitteront le 15, Rio+20 donne la parole aux représentants de la société (citoyens, ONG, entreprises, collectivités locales, universitaires, syndicats, etc.), du 16 au 19 juin, avant la réunion officielle des chefs d’État, du 20 au 22 juin.
Parmi les points inscrits à l'agenda de Rio+20, le renforcement de la gouvernance mondiale en matière de développement durable fait partie des objectifs forts énoncés par la France. L'enjeu est de permettre, à côté du BIT et de l'OMC, l'émergence d'une organisation mondiale de l'environnement "oeuvrant, dans le cadre des Nations unies, à un programme d'action universel pour une économie verte et solidaire", a déclaré Nicole Bricq pour qui cette agence spécialisée pourrait résulter de la transformation du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Avec le regroupement de l'ensemble des conventions et des ressources juridiques existantes, l'enjeu est de donner une plus grande efficacité à l'action multilatérale des États et des acteurs de la société civile. Le siège de cette agence pourrait être basé à Nairobi (Kenya).
• Comité Rio+20 : représente la position de l’État français. Il est copiloté par les ministères de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie et des Affaires étrangères. Il rassemble les représentants de l’État, les élus, les entreprises, les organisations syndicales et les associations.
• Collectif Rio+20 : porte-voix de la société civile. Il regroupe une cinquantaine d’organisations de solidarité internationale, environnementales, syndicales, d’économie sociale et solidaire, des think tank.
• Club de France Rio+20 : fédère des réseaux de collectivités locales, entreprises, organismes professionnels, écoles et établissements publics.
La Stratégie nationale de développement durable (SNDD) est une architecture commune à tous les acteurs - publics et privés - pour structurer les projets de développement durable autour de choix stratégiques et d’indicateurs élaborés en commun.
La SNDD s'articule autour de neuf défis stratégiques :
• Consommation et production durables
• Société de la connaissance
• Gouvernance
• Changement climatique et énergies
• Transport et mobilité durables
• Conservation et gestion durable de la biodiversité et des ressources naturelles
• Santé publique, prévention et gestion des risques
• Démographie, immigration, inclusion sociale
• Défis internationaux en matière de développement durable et de pauvreté dans le monde.
?En savoir plus sur la SNDD sur le site du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie.
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Trois grandes conférences des Nations unies sur le développement durable ont précédé Rio+20 : Stockholm (Suède) en 1972, Rio de Janeiro (Brésil) en 1992, Johannesburg (Afrique du Sud) en 2002 ↩
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Lors de son discours au forum de lancement de la Conférence Rio+20, organisé par le Club France Rio+20, le 8 juin 2012 à La Villette. ↩
