Après la remise officielle du rapport de la concertation sur la refondation de l’école, Vincent Peillon a présenté, le 11 octobre, devant le Conseil supérieur de l'éducation, une première série d'arbitrages. Il a également précisé le calendrier des prochaines consultations avec les partenaires de l’école.
Lors d'une conférence de presse tenue le 11 octobre 2012 à l'issue de la rencontre avec les membres du Conseil supérieur de l'éducation (CSE), Vincent Peillon a réaffirmé que la priorité de son ministère serait l'école primaire. Cette priorité se déclinera selon les annonces phares faites, le 9 octobre, par le président de la République : la semaine de 4 jours et demi dans le primaire, l'accueil des tout-petits à la maternelle, l'aide aux devoirs à l'école, la création des écoles de formation des enseignants et le développement du numérique.
Les rythmes scolaires
Le ministre a confirmé la mise en œuvre de la semaine de 4 jours et demi en précisant qu'il souhaitait que la demi-journée supplémentaire ait lieu le mercredi. Les collectivités locales auront néanmoins le choix d'en décider autrement.
A la prochaine rentrée scolaire, le grand chantier sera également l'organisation du temps scolaire et du temps éducatif. Le ministre a réaffirmé sa volonté d'organiser au mieux le temps périscolaire, précisant qu'"aucun enfant ne sera laissé dehors avant 16h30". Autres aménagements : un accompagnement et un suivi des élèves permettront de faire en sorte que les devoirs se fassent avant tout à l'école.
Les nouvelles orientations pédagogiques
Mais la refondation de l'école primaire se fera aussi et surtout avec le déploiement de moyens à travers, notamment, le principe de "plus de maîtres que de classes". Concernant la maternelle, l'accueil des tout-petits sera effectif dans les territoires en difficulté.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de rétablir la formation initiale des enseignants avec la création des Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE). Il a rappelé que les futurs enseignants bénéficieront d'une entrée progressive dans le métier en ayant un nombre d'heures de cours adapté.
À la demande du ministre, trois personnalités qualifiées1 travailleront sur la question de l'enseignement de la morale laïque. La remise d'un rapport, prévue pour la fin mars, permettra d'évaluer le champ de cet enseignement, sa progression et son évaluation.
Un mois de consultation pour l'élaboration de la loi de programmation
Précisant le calendrier de la loi d'orientation et de programmation de l'école, le ministre a annoncé que le projet de loi serait présenté en Conseil des ministres le 12 ou le 19 décembre. Les débats législatifs devraient avoir lieu à partir de janvier 2013.
En amont, le ministre de l'Education nationale a annoncé l'ouverture de plus d'un mois de concertation. "Il faut plus d'un mois de consultation parce que c'est une loi de programmation", a-t-il souligné.
Dès la semaine prochaine, il recevra les organisations représentatives des personnels de l'Education nationale pour leur présenter l'agenda de la rentrée 2013 et écouter leurs points de vue afin de finaliser les propositions de la refondation. Il recevra également, dans un deuxième temps, les associations d'élus, les collectivités locales, les associations de parents d'élèves, les mouvements d'éducation populaire et les représentants des lycéens et des étudiants.
C'est à l'issue de ces discussions que "nous mettrons en œuvre le travail interministériel nécessaire à l'élaboration de la loi la semaine qui suivra", a-t-il conclu. Pour le ministre, la loi de programmation a l'avantage de sanctuariser et de programmer pour plusieurs années les moyens financiers accordés à l'Education nationale, qui sera la priorité du quinquennat.
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Alain Bergounioux, secrétaire national de l'éducation au Parti socialiste, Laurence Loeffel, professeur de philosophie de l'éducation à l'université de Lille-3 et auteur de recherches sur la morale laïque, et Rémy Schwartz, président de la 7e sous-section du contentieux du Conseil d'Etat. ↩

