Le 29 octobre, à l'occasion de la 10e Journée mondiale de lutte contre les AVC, le ministère des Affaires sociales et de la Santé lance une campagne d'information rappelant l'enjeu de santé publique de cette pathologie grave. L'AVC est une urgence nécessitant une prise en charge dès les premiers signes. Le Plan de lutte 2010-2014 prévoit la mise en place d'une chaîne d'urgence et le développement d'unités neuro-vasculaires susceptibles de prendre en charge le patient, 24 heures sur 24, dès la phase aiguë de l'attaque.
(Mise à jour. Première parution : 15 novembre 2011)
Un AVC toutes les quatre minutes. C'est la fréquence des accidents vasculaires cérébraux (AVC) en France. Sur un an, l'AVC touche en moyenne 140 000 personnes. C'est la troisième cause de mortalité chez l'homme et la première chez la femme. C'est la première cause de handicap acquis chez l'adulte. Statistiquement, les plus de 65 ans sont les plus exposés avec 75 % de cas. Mais les moins de 65 ans sont également concernés (25 %) tout comme les moins de 45 ans (5 %)1. Parmi les cas potentiels, il faut ajouter les personnes à risques (fumeurs, sédentaires, obèses…). De plus, le vieillissement de la population française fait de la lutte contre les AVC un véritable enjeu de santé publique2. La prise en charge spécifique des AVC existe depuis 2000 et s'est renforcée avec le Plan 2010-2014.
À l'occasion de la 10e Journée mondiale de lutte contre les AVC, le 29 octobre, le ministère de la Santé lance une campagne nationale d'information et de sensibilisation (écouter le spot radio ci-dessous)) rappelant l'enjeu de santé publique que représente cette pathologie grave à l’origine de nombreuses situations de handicap.
Une urgence traitée par le Centre 15 du Samu
Les AVC ont pour origine une mauvaise circulation du sang due à des dépôts de cholestérol sur les parois internes des artères ou vaisseaux sanguins du cerveau. L'irrigation sanguine est affectée ainsi que l'état de santé global de la personne. Plus grave, une artère peut se boucher (80 % des cas) ou se rompre (20 %) : c'est l'accident vasculaire cérébral3.
L'AVC peut être immédiat mais des signes avant-coureurs - perte de force, engourdissement d'un membre supérieur, du visage, troubles de la parole, de la vision… - peuvent survenir quelques heures ou quelques jours avant l'attaque proprement dite. Ces symptômes atténués et transitoires appelés "Accidents ischémiques transitoires" (AIT) ne doivent pas être sous-estimés. Dans tous les cas, il s'agit d'une urgence. Une course contre la montre est engagée : pas une seule minute ne doit être perdue car l'AVC est un processus de dégradation dynamique : 2 millions de neurones par minute. "En cas d'infarctus cérébral, il faut déboucher l'artère dans les premières 4,5 heures. Si on intervient dans la première heure, nous aurons un bien meilleur résultat", explique un médecin neurovasculaire à l'hôpital Lariboisière de Paris. Pour cela, un seul réflexe : appeler le 15 !
Aujourd'hui seulement 50 % des patients ayant une suspicion d'AVC ont recours au Centre 15, alors que ce service est le mieux à même d'orienter les personnes de façon efficace, précise le Plan de lutte contre les AVC 2010-2014. Pour les pouvoirs publics, la prise en charge en urgence des AVC à la phase aiguë constitue l'une des clés pour faire face à leurs conséquences (décès et handicaps lourds). L'objectif est de parvenir à plus de 80 % de cas d'AVC traités par le dispositif de régulation de la permanence de soins (Centre 15).
Un plateau technique de prise en charge 24 heures sur 24
Au sein de l'UNV, le patient bénéficie d'une prise en charge globale, 24 heures sur 24, dès la phase aiguë de l'attaque. L'unité d'intervention et de soins regroupe sur un même plateau technique "l'ensemble des compétences médicales et paramédicales nécessaires à la mise en oeuvre précoce du traitement et du projet de rééducation adaptés à chaque patient", précise la circulaire 20074 relative à la mise en place des UNV. Elle réunit des médecins et des personnels paramédicaux de plusieurs spécialités (kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie, psychologie, assistance sociale…) expérimentés et formés à la prise en charge spécifique des AVC.
En 2009, les UNV étaient au nombre de 78. Elles sont passées à 87 en 2010. Aujourd'hui, "115 UNV [sont] actives en France", précise le ministère de la Santé.
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Source : étude 2008 de la Société française neuro-vasculaire (SFNV). ↩
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Également un enjeu financier avec 8,4 milliards d'euros par an. ↩
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On parle d'"AVC ischémique" quand l'artère irriguant le cerveau se bouche et d'"AVC hémorragique" quand elle se rompt. Dans le premier cas, le sang et l’oxygène ne parviennent plus à une partie du cerveau qui se détruit rapidement (2 millions de neurones par minute). Dans le second cas, un épanchement de sang a lieu dans le cerveau. ↩
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Circulaire DHOS/O4/2007/108 du 22 mars 2007 relative à la place des unités neuro-vasculaires dans la prise en charge des patients présentant un AVC. " ↩
